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La mixité scolaire

Date de diffusion : 04 déc. 1961 | Date d'évènement : 06 janv. 1959

La mixité scolaire, véritable révolution pédagogique s'impose progressivement dans les mentalités et la réalité de la société française. La réforme Berthoin de 1959 participe de ce mouvement.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Collection :
Date de l'évènement :
06 janv. 1959
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000798

Contexte historique

Par Julie Le Gac

Comme le rappelle Antoine Prost dans son Histoire de l'éducation en France, la mixité constitue l'une des révolutions pédagogiques les plus importantes en France. Pourtant, elle s'est effectuée "sans même qu'on y prête attention". L'instauration de la mixité dans les établissements scolaires est très progressive et demeure timide jusqu'aux années 1960. Le premier lycée mixte est le lycée Marcelin Berthelot de Saint-Maur, fondé en 1937. Ce choix répond d'ailleurs plus à des motivations économiques qu'idéologiques. Néanmoins, au cours de l'année scolaire 1958-1959, 30% seulement des écoles primaires sont mixtes.

A partir de la fin des années 1950, le gouvernement favorise la généralisation de la mixité scolaire. En 1959, notamment, le ministre de l'éducation nationale Jean Berthoin décide de ne plus construire que des lycées mixtes. Les collèges d'enseignement secondaire (CES) créés par la réforme Capelle-Fouchet de 1963 sont mixtes dès l'origine. Toutefois, comme en témoigne ce reportage, les lycées de garçons et les lycées de jeunes filles subsistent. L'évolution des mentalités est progressive. Les adversaires de la mixité craignent la distraction des élèves et en appellent au sérieux de l'apprentissage scolaire. Ses défenseurs, à l'inverse, évoquent la curiosité malsaine des élèves, exacerbée par la séparation des sexes et soutiennent que la mixité favorise un enrichissement intellectuel réciproque et la formation de personnalités équilibrées. Les jeunes filles, qui y voient un pas de plus vers l'égalité, sont par ailleurs souvent plus désireuses d'aller dans des lycées mixtes que les garçons.

Finalement, les décrets d'application de la loi Haby du 28 décembre 1976 rendent la mixité obligatoire dans l'enseignement primaire et secondaire. Aujourd'hui, les établissements non mixtes de l'enseignement privé accueillent des effectifs très réduits.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce reportage de l'ORTF est constitué par deux séries de "micro-trottoirs" réalisés à la sortie de "bons" lycées parisiens. Le choix de ces lycées n'est pas anodin. Il révèle l'image que le gouvernement veut donner de la jeunesse estudiantine : des jeunes gens issus de milieux sociaux favorisés, s'exprimant avec aisance. Il donne alors un aperçu biaisé de l'opinion des élèves sur la question de la mixité.

Dans un premier temps, le journaliste se rend à la sortie du lycée de garçons Louis le Grand dans le 5ème arrondissement de Paris, et demande aux jeunes hommes leur avis sur l'opportunité des lycées mixtes. Les réponses, certainement choisies, sont très variées, et éclairent le téléspectateur sur la diversité des opinions des jeunes gens sur la question.Une césure précède la répétition de la démarche auprès des étudiantes du lycée Victor Duruy du 7ème arrondissement de Paris. En effet, un plan consacré à des jeunes filles déambulant dans les rues parisiennes, permet au journaliste, en voix off, de résumer les opinions recueillies auprès des garçons et d'introduire l'interrogation des filles.

Il ne s'agit pas, en l'occurence, seulement d'un procédé didactique, mais d'insister sur la persistance d'un certain cloisonnement des univers des lycéens d'une part et des lycéennes d'autre part, et de soulever une question à l'importance grandissante au cours des années 1960 : l'égalité entre hommes et femmes. C'est enfin au tour des filles d'exprimer elles aussi des avis fort divers sur l'opportunité de la mixité scolaire.

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