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L'annonce d'un plan social chez Michelin à Clermont-Ferrand

Date de diffusion : 19 avr. 1984

Michelin, qui emploie de nombreux habitants de Clermont-Ferrand depuis 1889, annonce, le 19 avril 1984, des suppressions d'emplois.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000938

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Depuis sa fondation en 1889 par les frères André et Edouard Michelin, la firme pneumatique Michelin n'a cessé d'imprimer fortement son empreinte sur Clermont-Ferrand. C'est en particulier dans ses usines clermontoises que Michelin a mis au point plusieurs inventions décisives, telles que le pneu vélo démontable en 1891, le pneu pour auto en 1895 ou le pneu radial en 1946. Surtout, Michelin a joué un rôle majeur, voire hégémonique, dans la vie économique de la ville. Si à l'origine 52 personnes travaillaient dans l'usine située près de la place des Carmes, la firme emploie quelque 18 000 ouvriers dès 1925. En 1979, on compte même à Clermont-Ferrand 30 000 "Bibs" - du nom du Bibendum, bonhomme dessiné apparu en 1898 et devenu l'emblème de l'entreprise.

Très paternaliste, la famille Michelin, qui n'a cessé de diriger l'entreprise, a également profondément marqué le paysage urbain et la vie sociale de Clermont-Ferrand. Elle a en effet fait édifier des cités ouvrières ainsi que de nombreux équipements scolaires, sanitaires ou sportifs. C'est par exemple Michelin qui a créé l'équipe de rugby l'Association sportive Montferrandaise. Toutefois, bien que devenue multinationale et arrivée au premier rang mondial de l'industrie pneumatique dans les années 1980, l'entreprise est atteinte par la crise. Michelin adopte alors une série de plans sociaux à partir du début des années 1980 qui font fondre ses effectifs à Clermont-Ferrand: de 30 000 en 1979 ils chutent à 23 000 dès 1985 et à 14 000 en 2005.

Cependant, en dépit de ces très importantes suppressions d'emplois et d'une diversification des activités économiques clermontoises, Michelin reste le premier employeur de la ville. En outre, Clermont-Ferrand demeure le centre névralgique et administratif de Michelin, numéro un mondial des pneumatiques et employant 127 000 personnes dans 19 pays: il y a toujours son siège social, sa principale usine, ses laboratoires de recherche et son centre d'essais. Le destin de Clermont-Ferrand est donc encore étroitement lié à celui de Michelin.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet, réalisé à l'occasion de l'annonce d'un plan social de Michelin, en profite pour revenir brièvement dans un premier temps sur l'histoire de l'entreprise à Clermont-Ferrand avant d'évoquer les suppressions d'emplois. Cependant, si le journaliste mentionne bien quelques-unes des grandes dates de Michelin, aucune image d'archive n'est proposée hormis un plan fixe sur une photographie d'employés à l'entrée d'une usine. Le reportage s'appuie en fait essentiellement sur des images d'illustration filmées à l'époque de sa réalisation, et plus particulièrement sur des plans des usines Michelin de Clermont-Ferrand ou d'employés qui en sortent ou s'y rendent en bus: ils permettent de mettre en valeur l'empreinte de Michelin dans le paysage clermontois.

De même, afin de symboliser le fort lien qui unit l'entreprise à la ville, le sujet réunit à deux reprises dans le même plan une usine Michelin et la cathédrale de Clermont-Ferrand. Cette dernière, présentée une première fois par un zoom, apparaît ainsi comme l'emblème de la ville. Les plans successifs de suppressions d'emplois sont, eux, évoqués par le biais de deux artifices: la vue d'un slogan du Parti communiste inscrit sur un mur, et celle d'un panneau de signalisation routière "Stop" censé symboliser l'espoir des Clermontois que ce plan social soit le dernier.

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