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Affrontements entre la Géorgie et la Russie en Ossétie du Sud

Date de diffusion : 13 août 2008

La Guerre éclair qui oppose l'armée géorgienne et l'armée russe en Ossétie du Sud témoigne de la vivacité des aspirations séparatistes et de l'ancienneté de la rivalité des deux nations dans le Caucase.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
09 oct. 2009
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001274

Contexte historique

Par Julie Le Gac

La guerre éclair qui éclate en Ossétie du sud en août 2008, et qui aboutit à l'anéantissement de l'Armée géorgienne par l'Armée russe, puise ses origines dans les rivalités anciennes opposant les deux nations dans le Caucase.

Les peuples minoritaires tels que les Ossètes, les Abkhazes, et les Adjars avaient reçu en 1922 de Lénine et Staline, soucieux de briser le sentiment national géorgien, un statut d'autonomie culturelle et administrative au sein de la République géorgienne. Ce statut a permis le développement des langues et l'affirmation d'une identité culturelle de ces peuples. La fin de l'URSS, toutefois, sonne le glas de cette Géorgie multiethnique. Les petits peuples, en effet, ne restent pas insensibles à l'appel à l'indépendance lancé par Boris Eltsine et surtout sont confrontés à la politique nationaliste initiée par le premier président de la Géorgie indépendante, Zviad Gamsakhourdia. Les Ossètes et les Abkhazes s'opposent alors à cette volonté unificatrice par la sécession et la guerre. Soutenue militairement par la Russie, l'Ossétie, après un conflit meurtrier, fait sécession en 1992. L'indépendance de l'Ossétie et de l'Abkhasie, contestée par la Géorgie et ignorée par la communauté internationale est confortée par la Russie afin d'affaiblir la Géorgie. Depuis 1992, en Ossétie du Sud, chacune des deux communautés se développe séparément : chacune a sa propre conduite de gaz, sa propre arrivée d'eau, et ses propres voies de circulation. Par exemple, les villageois de l'enclave géorgienne au nord de Tshhinvali peuvent se rendre à Gori en Georgie en évitant les villages ossètes. A l'issue de la Révolution des Roses en 2003, l'arrivée au pouvoir du président Saakashvili renforce la tension entre la Géorgie et la Russie. Le président géorgien s'efforce en effet de restaurer l'autorité géorgienne sur la totalité du territoire et de s'imposer aux États-Unis comme leur meilleur allié dans le Caucase pour contrer l'influence de la Russie.

Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, l'armée géorgienne lance une offensive contre la capitale de l'Ossétie du Sud, Tschkinvali, et en particulier contre le bataillon des forces russes investies d'une mission de la paix par l'ONU. Il s'agit selon Tbilissi de répondre aux tirs de séparatistes ossètes visant les villages géorgiens de l'enclave comme Zemo-Nikozi ou Nuli. La Russie réplique dès le 8 août par le bombardement de la ville géorgienne de Gori puis le 9 août par l'envoi de la 58ème armée. Démarre alors une guerre éclair au cours de laquelle l'Armée russe anéantit l'Armée géorgienne, pourtant équipée de matériel récent et formée par l'Armée américaine. En 48 heures, l'Armée russe déploie 20 000 hommes et 2 000 chars en Géorgie. Dès lors, le 10 août, la Géorgie retire ses troupes d'Ossétie du sud et proclame unilatéralement le cessez-le-feu. Les villes géorgiennes, Gori, et le port de Poti demeurent cependant les cibles de bombardements pendant plusieurs jours. La Russie achève finalement de retirer ses troupes le 22 août 2008. Le conflit en Ossétie du Sud provoque la mort de plus d'un millier de personnes dont plus de la moitié de civils. En outre, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, 158 000 personnes sont déplacées au cours du mois d'août 2008 : 30 000 Ossètes fuient en direction de l'Ossétie du Nord, 15 000 Géorgiens sont chassés d'Ossétie du Sud et 56 000 Géorgiens fuient Gori.

Cet affrontement provoqué par la Géorgie illustre la vivacité des aspirations séparatistes dans le Caucase, une vivacité encouragée par la Russie par la distribution de passeports russes, mais aussi par le précédent constitué par la reconnaissance par les Etats-Unis et quelques pays européens de l'indépendance du Kosovo, au mépris des protestations russes. La réponse russe, une guerre punitive, disproportionnée, se veut, quant à elle, une manifestation de la puissance retrouvée de la Russie, une réaffirmation de son emprise sur le Caucase.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

5 jours après le début de l'intervention armée de la Géorgie en Ossétie du sud, ce reportage se concentre sur la guerre punitive menée par l'armée russe : la destruction de l'armée géorgienne et l'invasion de la Géorgie.

Ce document constitue un très beau reportage de guerre : les images sont rares et dramatiques. Certaines séquences évoquent directement les combats : les défilés de chars russes, les hommes en treillis arborant fièrement leurs armes, la fumée se dégageant au loin d'immeubles en flammes, ou encore ces échanges de tirs lointains sont autant d'indicateurs de la proximité des affrontements. Néanmoins, ce reportage concentre son attention sur les conséquences dramatiques des combats sur les civils. Les scènes d'exode, les colonnes de civils fuyant en charrette, en camion ou à pied les combat contrastent tragiquement avec la puissance mécanisée des chars. Les femmes interrogées crient leurs angoisses et leur désespoir, évoquent des récits et rumeurs d'exactions commises par les soldats russes. Ainsi, ce document, illustre le phénomène de totalisation de la guerre, et la place centrale des civils parmi les victimes des conflits contemporains. La dénonciation des violences de guerre perpétrées par l'armée russe, et d'une manière générale du caractère punitif de la campagne menée à l'encontre de la "petite Géorgie" selon les termes choisis par le journaliste, confère au reportage un parti pris pro-géorgien, qui puise peut être ses sources dans des réminiscences anti-soviétiques de la Guerre froide.

Enfin, ce reportage souligne les risques encourus par les journalistes pour accomplir leur mission d'information. La tension est très nettement perceptible chez les journalistes, lorsque des tirs les contraignent à arrêter leur véhicule de manière impromptue, tandis que l'imposant gilet pare-balles de l'envoyé spécial rappelle que ces reporters risquent parfois leur vie dans l'exercice de leur métier.

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