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La crise financière mondiale et ses effets sur l'emploi

Date de diffusion : 26 oct. 2008

La crise financière mondiale qui éclate en septembre 2009 provoque une hausse conséquente du chômage et remet en question l'hégémonie de la doctrine libérale.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
09 oct. 2009
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001277

Contexte historique

Par Julie Le Gac

La crise financière mondiale, qui éclate à l'automne 2008, lourde de conséquences sur l'économie réelle, constitue une sérieuse remise en cause d'une doctrine libérale hégémonique.

A l'origine, la crise est très localisée : elle naît sur le petit marché des subprimes, ces crédits hypothécaires américains particulièrement risqués. Les banquiers américains ont octroyé des crédits immobiliers à des ménages aux revenus modestes peu solvables en fondant leur capacité d'emprunt sur la valeur du bien immobilier acheté. La baisse du prix de l'immobilier a entraîné la faillite du système : les ménages n'ont plus été en mesure de rembourser leurs emprunts et les établissements de crédit qui les avaient accordés se sont effondrés. La crise se diffuse ensuite à l'ensemble du système financier par le biais de la titrisation, une technique née dans les années 1970 consistant à transformer des prêts bancaires en obligations. Tous les acteurs financiers qui ont investi, par le biais de la titrisation dans les marchés du crédit, comme les banques, les assureurs, les fonds de pension, les fonds communs de placement sont alors touchés par la crise des subprimes. Ainsi, Lehman Brothers, la 5ème banque d'affaires des États Unis fait brutalement faillite le 15 septembre 2008, tandis que la banque Merill Lynch est rachetée par Bank of America pour 50 milliards de dollars. Le 16 septembre, le gouvernement américain et la Réserve fédérale achètent 79,9% du capital de la première compagnie d'assurances dans le monde, American International Group (AIG) pour 85 milliards de dollars. La fragilité du système financier mondial est alors renforcée par le sentiment de défiance qui frappe les marchés interbancaires. Dans une économie mondialisée, cette crise née aux États Unis frappe également l'Europe et dans une moindre mesure l'Asie. De grandes banques comme Fortis aux Pays Bas ou Dexia en France et en Belgique sont particulièrement touchées. Les dirigeants s'efforcent alors de limiter les effets de la crise en soutenant financièrement les banques. Le secrétaire d'Etat américain au trésor Henry Paulson annonce le 19 septembre que l'Etat rachètera les actifs dits toxiques à hauteur de 1 000 milliards, tandis que le gouvernement français attribue 360 milliards d'euros au soutien des banques françaises.

Malgré ces mesures, la crise a des conséquences sur l'économie réelle. En effet, le renchérissement du crédit constitue un frein puissant aux investissements et à la consommation, et par conséquent à la croissance. L'instabilité du système bancaire pèse sur le moral des agents économiques qui adoptent une attitude attentiste. Dès lors, l'économie mondiale entre en récession. En France, cette décroissance se traduit par une forte hausse du chômage. Le nombre de chômeurs dépasse le seuil des 2 millions en octobre 2008 et selon les experts, entre 650 et 700 000 emplois seront détruits en 2009 en France, et ce, malgré les signes de reprise économique entrevus à l'été 2009.

Sous l'effet de la crise, les conflits sociaux se radicalisent. Ainsi, les salariés protestent contre la fermeture ou la délocalisation de leur usine, non seulement par des manifestations, mais également par une violence croissante. Les séquestrations de dirigeants se multiplient comme c'est le cas pour les dirigeants de Caterpillar en mars 2009 ou pour le président de Sony France. En avril 2009, les salariés de Continental, en protestation contre la fermeture de leur usine, saccagent la sous-préfecture de Compiègne. Cette violence traduit le désespoir de salariés démunis qui ont perdu confiance en l'honnêteté de leurs dirigeants et exprime également une certaines défiance à l'égard des institutions publiques.

De manière plus générale, la crise économique montre les limites du système capitaliste fondé sur l'orthodoxie libérale : le principe d'auto-régulation des marchés par une "main invisible" se révèle être un mythe, et il importe dès lors de renforcer les mécanismes de contrôle des marchés.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce reportage met en lumière les conséquences concrètes de la crise financière sur l'emploi. La présentation successive et rapide de plusieurs exemples choisis dans l'ensemble de l'hexagone (Renault au Havre, Molex près de Toulouse, la Camif à Niort) souligne la multiplication des cas de licenciements et la généralisation de la précarisation du travail. En donnant la parole à des salariés grévistes ou manifestants, ce document témoigne du désarroi des travailleurs, choqués et inquiets par la perte de leur emploi, voire mus par un véritable sentiment d'injustice, car s'estimant les victimes des erreurs et risques pris par les grands établissements de la finance. Dans le même temps, les images traditionnelles de manifestations telles que les cortèges parsemés des drapeaux rouges des organisations syndicales, les monceaux de pneus brûlant à la porte des usines illustrent la détermination des salariés, résolus à se battre pour protéger leur emploi et dès lors leurs moyens de subsistance.

Dans un second temps, quelques jours avant les annonces du président Sarkozy, ce reportage se consacre à l'examen des possibilités offertes au gouvernement pour limiter la hausse du chômage. Il démontre le caractère limité de la marge de manœuvre gouvernementale, en insistant en particulier sur la faiblesse des liquidités étatiques. Il s'achève dès lors sur une note inquiète et pessimiste.

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