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Les travailleurs frontaliers français en Belgique

Date de diffusion : 21 févr. 2009

Le niveau de chômage élevé dans la région de Dunkerque conduit des ouvriers français à rechercher un emploi en Flandre où l'on manque de main d'œuvre. Les salaires sont élevés mais la langue et les problèmes administratifs et fiscaux créent des difficultés.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Lycée général et technologique - Lycée professionnel

    Frontières et migrations

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
21 juin 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001429

Contexte historique

Par Claude Robinot

Les échanges de main d'œuvre entre le Nord de la France et la Belgique ne sont pas une nouveauté. Dès le milieu du XIXe siècle, Belges et Français sont venus chercher du travail d'un côté ou de l'autre de la frontière dans les mines ou le textile. Les flux ont toujours été déséquilibrés, les Belges sont presque un demi-million installés en France de 1880 à 1914. Un siècle plus tard, la situation est bien différente. La crise des industries traditionnelles et la montée du chômage à partir des années 80, poussent les Français du Nord-Pas de Calais de l'autre côté de la frontière. En 2012, la région a un taux de chômage de 12,8 % alors qu'il n'est que de 10 % en Wallonie et seulement de 5 % en Flandre occidentale. Environ 26 000 personnes ont le statut de travailleurs frontaliers. Le mouvement n'est pas prêt de cesser puisque 7000 établissements belges prévoient de recruter un peu plus de 18 000 postes en 2012, majoritairement localisés en Flandre frontalière. Les emplois proposés sont dans l'industrie manufacturière, l'agroalimentaire et l'agriculture. Dans ce dernier cas, il s'agit de travail saisonnier. Les services ne sont pas en reste puisqu'on demande aussi des employés de commerce et du personnel hospitalier. L'éventail des emplois est assez large pour proposer des postes qualifiés et non qualifiés. Pour compléter le profil de ces travailleurs mobiles, les hommes sont majoritaires à 77 %, probablement à cause de la nature industrielle des emplois. Une exception, en Flandre maritime, la saison touristique offre des emplois féminins peu qualifiés dans les services. Pour les échanges avec la Flandre, le problème linguistique n'est un handicap que dans le cas des postes qualifiés ou de cadre, pour les autres ils ne nécessitent pas une grande maîtrise du néerlandais.

Les frontaliers bénéficient d'un statut particulier qui a été défini des 1964. Pour s'en prévaloir il faut répondre à des critères géographiques précis : habiter et travailler dans une zone de 20 km de part et d'autre de la frontière. Autrement dit, habiter dans une commune limitrophe française et travailler dans une entreprise belge à moins de 20 km de la frontière. Cette condition géographique implique des migrations quotidiennes domicile-travail. Les frontaliers sont des « navetteurs ». La convention signée avec la Belgique leur octroie un statut fiscal particulier. Pour les assurances sociales, ils relèvent de la Belgique, mais pour les impôts sur le revenu, ils dépendent de la France.

Cette dernière disposition présente un avantage non négligeable car les salaires sont plus élevés en Belgique et l'impôt sur le revenu moins important en France. On comprend donc les protestations de frontaliers devant la suppression de ce régime fiscal prévu en 2012. Une période transitoire a été accordée aux bénéficiaires, jusqu'en 2033. La disparition de cet avantage n'annule pas pour autant l'attractivité des zones frontalières belges qui ont toujours besoin de main d'œuvre et offrent des salaires supérieurs à ceux versés en France.

Éclairage média

Par Claude Robinot

Il s'agit d'un reportage du 19/20 de l'édition régionale de France 3 qui précède le journal national. Le reportage tourné à l'intention des téléspectateurs du Nord-Pas-de-Calais aborde le sujet de l'emploi dans une région fortement touchée par le chômage. Il s'agit de présenter les avantages offerts par la proximité de la frontière. Le journaliste a choisi un exemple particulier, celui des migrations entre le Dunkerquois et la Flandre. Le différentiel de taux de chômage est assez important et les salaires assez attractifs pour attirer de nombreux candidats. Le reportage suggère que ce n'est pas le cas. Le premier obstacle est celui de la langue. Il semble être très facilement surmonté dans le cas de l'entreprise Heger de Dixmude qui fabrique des outils diamantés (l'usine a depuis fermé en 2013). Il s'agit d'emplois industriels qui ne demandent qu'une connaissance rudimentaire du néerlandais, pour des ouvriers qualifiés, ce handicap est surmontable. Pour les emplois tertiaires, l'enjeu est différent, la pratique linguistique est nécessaire quand il y a contact avec le public. Ce n'est pas toujours le cas dans une région touristique, l'hôtellerie et la restauration offrent des emplois à temps partiel sans qualification où le bilinguisme n'est pas exigé. Bien sûr, le problème ne se pose pas en Wallonie francophone qui propose aussi des emplois aux frontaliers. L'autre partie du reportage se déroule dans les locaux de Pôle emploi à Dunkerque où on informe des chômeurs des possibilités d'embauche en Belgique. Le commentaire et les interviews ne le disent pas, mais c'est sous-entendu, ce n'est pas aussi simple que cela pour un chômeur non qualifié et peu diplômé de tenter l'expérience. Il faut être mobile, accepter de s'adapter à un nouveau système, surmonter les problèmes administratifs comme le choix d'une mutuelle qui dans le pays voisin gère la sécurité sociale. Il y a aussi les incertitudes sur le régime fiscal. En 2012, 26 000 travailleurs français, qui tous ne sont pas frontaliers, ont tenté l'expérience belge.

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