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Le barrage des Trois-Gorges en Chine

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 10 nov. 2008

En Chine, le barrage des Trois-Gorges, qui alimente la plus puissante centrale électrique du monde, entre pleinement en service. Des touristes chinois viennent le voir. Sa construction a été un projet titanesque. Elle a provoqué l'expulsion de 1,5 million de personnes et la destruction de nombreux villages. Selon le directeur général de China Yangtze Power, le barrage réduit le nombre de crues.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Cycle 4 - Lycée général et technologique

    Enjeux planétaires contemporains : les énergies

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
25 nov. 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001453

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le souci de maîtriser l'eau conduit à de multiples aménagements hydrauliques. Les barrages permettent ainsi de stocker de très grandes quantités d'eau. Ces immenses réserves assurent un débit suffisant tout au long de l'année. Les barrages servent également à l'irrigation des terres. Enfin, ils produisent de l'énergie hydroélectrique et peuvent faciliter la navigabilité des fleuves.

Désireux d'accroître leur ressource en eau et de mieux la maîtriser, les pays émergents se sont lancés dans la construction de grands barrages à partir des années 1970. L'Égypte a été la première avec le barrage d'Assouan sur le Nil, achevé en 1970. Puis, les barrages d'Itaipu, sur le fleuve Parana, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay (1982), Atatürk sur l'Euphrate, en Turquie, (1992), ou Nam Theun 2, sur la Nam Theun, au Laos (2010), ont été achevés.

C'est la Chine qui possède le plus ambitieux programme de construction de barrages. Les autorités chinoises souhaitent en effet pouvoir répondre aux besoins énergétiques d'un pays peuplé de plus d'1,3 milliard d'habitants : elles aspirent à augmenter la part de l'hydroélectricité à 15 % de l'énergie produite d'ici à 2015, au détriment de l'électricité produite dans les centrales de charbon.

Dans ce but, la Chine a notamment édifié le plus grand barrage au monde : celui des Trois-Gorges, sur le Yangzi Jiang (ou Yangtze), troisième fleuve mondial pour son débit. Construit de 1994 à 2006, cet ouvrage présente des dimensions monumentales. Haut de 185 mètres et long de 2 309 kilomètres, il possède un réservoir de 39,3 kilomètres cubes et qui s'étend sur 663 kilomètres. Le chantier de ce barrage s'est avéré pharaonique. Il a coûté plus de 17 milliards d'euros soit 50 % de plus que le budget initial. Il a mobilisé 20 000 ouvriers, et parfois même jusqu'à 30 000 personnes. Cet ouvrage gigantesque, inauguré en 1994 par le président Jiang Zemin et le Premier ministre Li Peng, a en effet été érigé au rang de priorité nationale. Il est considéré par les autorités comme un symbole de la puissance et de la modernité de la Chine, au même titre que les aménagements réalisés pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008 et l'Exposition universelle de Shanghai en 2010 ou que le port en eau profonde de Yangshan, au large de Shanghai.

Pleinement opérationnel depuis 2008, le barrage des Trois-Gorges alimente la plus puissante centrale hydroélectrique du monde. D'une puissance de 18 200 mégawatts, supérieure aux 14 000 mégawatts d'Itaipu, elle peut produire 84,7 milliards de kilowattheures d'électricité par an grâce à ses 32 turbines de 3 300 tonnes chacune. Le barrage permet également de réguler le débit du Yangzi Jiang afin de réduire les risques d'inondation. Enfin, il favorise l'irrigation des zones cultivées.

Toutefois, les conséquences sociales et environnementales de cet ouvrage sont loin d'être négligeables. De très nombreuses personnes ont été contraintes de quitter leurs habitations : on estime qu'entre 1,5 million et 2 millions de Chinois ont été déplacés. De nombreuses localités ont ainsi été détruites avant que l'eau ne les submerge. Ces déplacés ont dû se reloger ailleurs, notamment dans 12 villes nouvelles, construites pour les héberger. L'ouvrage a également des impacts négatifs sur l'environnement. Il risque d'entraîner l'érosion des sols et une pollution des eaux. Les opposants au barrage s'inquiètent également des glissements de terrain qu'il pourrait favoriser. Ils craignent aussi l'éventuelle rupture de l'ouvrage : 75 millions de personnes seraient alors affectées.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le journal télévisé de 20 heures du 10 novembre 2008 sur France 2, ce reportage est consacré au barrage des Trois-Gorges, en Chine. C'est l'équipe de France 2 basée à Pékin qui l'a réalisé. La rédaction de la chaîne publique française dispose en effet depuis 1995 d'un bureau permanent dans la capitale chinoise. Chargé de couvrir l'actualité de la Chine et celle de tous les pays de l'Asie de l'Est, dont celles du Japon, de la Corée du Sud et de la Thaïlande, ce bureau est dirigé par un correspondant permanent de France 2.

Le présent sujet a été réalisé par le journaliste Pascal Golomer, envoyé en Chine de 2006 à 2010, et Sylvain Giaume, journaliste reporter d'images. Il se compose d'un montage de plans tournés pour l'occasion et d'images d'archives, tous filmés sur les lieux du barrage des Trois-Gorges, dans la province de Hubei. Les images d'archives insérées au sujet proviennent de deux précédents reportages réalisés pour des journaux télévisés de France 2. Elles sont datées de deux années différentes, 2005 et 2006, précisées en incrustation sur l'écran. La seconde date renvoie probablement à un sujet tourné à l'occasion de l'achèvement de la construction du barrage. Ces images d'archives visent à montrer aux téléspectateurs le chantier pharaonique de cet ouvrage monumental.

Le reportage comporte toutefois une majorité d'images factuelles réalisées par l'équipe de France 2 en novembre 2008, peu après l'entrée en pleine puissance de la production de la centrale hydroélectrique. Ainsi, un plateau en situation de Pascal Golomer a même été tourné sur le barrage lui-même. Contrairement aux images d'archives, ces images factuelles donnent à voir le barrage et la centrale hydroélectrique achevés. Les journalistes de France 2 ont également réalisé des interviews de touristes chinois et du directeur général de China Yangtze Power en novembre 2008.

Ce reportage se veut en outre exhaustif : il s'efforce de présenter le barrage des Trois-Gorges sous différents aspects. Il s'intéresse à sa construction comme à sa mise en service, à son élévation en symbole de la puissance chinoise comme à ses impacts sociaux et environnementaux. Pascal Golomer insiste tout particulièrement sur le gigantisme de cet ouvrage, qui « collectionne les superlatifs », comme l'avait déjà souligné dans son lancement plateau le présentateur du journal télévisé David Pujadas. Présent sur le barrage lui-même, le journaliste livre toute une série de données qui témoignent de sa monumentalité. Le gigantisme du barrage des Trois-Gorges transparaît également bien dans différents plans : les échafaudages sont par exemple immenses et les gerbes d'eau qui sortent du barrage apparaissent énormes.

Le sujet met par ailleurs bien en évidence le statut de symbole national qui a été conféré à ce barrage par les autorités chinoises. Celles-ci ont en effet déployé des moyens considérables et dépensé plus de 17 milliards d'euros pour en faire le plus important ouvrage de ce genre au monde. Cette réalisation est perçue comme la vitrine de la modernité de la Chine et la consécration de sa puissance. Les deux touristes chinois interrogés par l'équipe de France 2 expriment ainsi une fierté patriotique face à ce barrage qu'ils sont venus admirer et devant lequel ils posent pour des photographies. Leurs réactions apparaissent unanimement laudatives. Il en va de même, de manière certes beaucoup plus prévisible puisqu'il occupe des fonctions officielles, du directeur général de China Yangtze Power. Les répercussions négatives du barrage des Trois-Gorges sur les populations et l'environnement ne sont donc évoquées que par Pascal Golomer. Aucun des trois interviewés n'émet de critique sur l'ouvrage. On mesure ici bien tout l'impact d'une propagande omniprésente.

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