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La Polynésie française menacée par la montée des océans

Date de diffusion : 15 juin 2012

La Polynésie française est menacée par la montée des océans provoquée par le réchauffement climatique. Des écoliers sont sensibilisés à cette question. À Tahiti, le ministre de l'Environnement de la Polynésie française Jacky Bryant décrit les zones menacées par la montée des eaux. Des scientifiques du Centre Ifremer du Pacifique étudient les réactions du réchauffement sur les huîtres perlières.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
25 nov. 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001469

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le réchauffement climatique est un phénomène indéniable selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ces experts jugent en effet très probable que l'élévation de la température sur la planète de 0,85 °C depuis 1950 est le fait de l'accumulation des gaz à effet de serre. Ils estiment en outre que la température terrestre va continuer à augmenter au cours du XXIe siècle.

Le réchauffement climatique a d'importantes conséquences. Il est d'abord à l'origine de la multiplication d'épisodes météorologiques exceptionnels : sécheresses, ouragans et inondations. Surtout, il provoque la fonte généralisée des glaces dans le monde. La glace arctique se réduit ainsi de 2,7 % par décennie d'après le premier volet du cinquième rapport du GIEC publié en 2013. Sa fonte est même de plus en plus rapide l'été : elle a perdu, en surface, entre 9,4 % et 13,6 % depuis 1979. En outre, la diminution des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique s'accélère. Les glaciers de montagne ont quant à eux perdu en moyenne 275 milliards de tonnes de glace par an entre 1993 et 2009.

L'accélération de la fonte des glaces entraîne celle de l'élévation du niveau moyen des océans. Ces derniers ont déjà vu leur niveau augmenter de 19 centimètres en moyenne entre 1901 et 2010. Mais selon les experts du GIEC, il devrait s'élever de 26 à 82 centimètres lors de la période 2081-2100 par rapport à la période 1986-2005. Les simulations les plus pessimistes évoquent même une élévation moyenne de 98 centimètres.

La hausse du niveau des océans risque d'accroître d'abord l'érosion côtière. Surtout, elle expose les littoraux à la menace d'inondations et de submersions marines. Or, 60 % de la population mondiale vit à moins de 20 kilomètres d'une côte. 30 des 50 plus grandes villes de la planète sont situées sur un littoral. Certains pays se trouvent plus spécialement menacés par l'élévation du niveau des océans. Les deux-tiers du territoire du Bangladesh sont ainsi situés à moins de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer. La montée des eaux risque donc d'accroître encore le nombre des réfugiés climatiques dans le monde. Déjà, entre 2008 et 2012, quelque 144 millions de personnes ont dû être déplacées à cause de phénomènes météorologiques exceptionnels d'après l'Organisation internationale pour les migrations.

Îles et atolls de l'océan Pacifique sont eux aussi très vulnérables aux changements climatiques. Ils subissent de plus en plus souvent des catastrophes naturelles. Ils voient également leur milieu marin se dégrader progressivement, à commencer par leurs récifs coralliens. L'élévation du niveau des océans les menace tout particulièrement. C'est par exemple le cas des Maldives. Près de la moitié des 300 000 habitants de cet archipel aux 1 200 îles et aux 26 atolls vit en effet à moins de 100 mètres du rivage. La hausse du niveau de la mer fait donc craindre un engloutissement de ce petit État insulaire.

La Polynésie française, constituée de 118 îles situées dans l'océan Pacifique Sud, dont 67 habitées en tout par 268 000 personnes, se trouve également très exposée à la montée des mers. Selon un colloque organisé à Tahiti en 2011 sur l'aménagement du littoral dans une perspective d'adaptation au changement climatique, certaines de ses îles sont même menacées de disparition. C'est le cas de l'archipel des Tuamotu, dont les atolls peuplés d'environ 15 000 habitants sont à un ou deux mètres au-dessus du niveau de l'océan Pacifique. En outre, 84 des 118 îles de la Polynésie française ont une altitude qui ne dépasse pas 3 mètres. Pourtant, même des îles hautes et montagneuses se trouvent menacées. Ainsi, Tahiti et Moorea ont beau posséder un relief élevé, leurs habitants et équipements, dont l'aéroport international de Papeete, sont très majoritairement établis sur le littoral. Ils seraient par conséquent eux aussi inondés si la montée du niveau des océans se poursuivait.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans la dernière partie du journal télévisé de 20 heures de France 2 le 15 juin 2012, ce reportage a été réalisé afin d'illustrer de manière concrète les enjeux du développement durable, à cinq jours de l'ouverture du cinquième Sommet de la Terre. Baptisé « Rio+20 », ce sommet doit réunir 191 pays sous l'égide de l'Organisation des Nations unies, à Rio de Janeiro, vingt ans après celui qui avait déjà été organisé dans la ville brésilienne.

Ce reportage a la particularité de ne pas avoir été réalisé par des journalistes de la rédaction de France 2. C'est en effet une équipe de Têtemba Productions, Jenny Briffa, journaliste reporter d'images et rédactrice, et Gweltaz Kergoat, opérateur de prise de son et monteur, qui l'ont tourné à Tahiti, en Polynésie française. Fondateurs de cette société installée à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, ils réalisent en effet des reportages et des sujets magazines pour les chaînes de télévision métropolitaines dans la zone Asie-Pacifique et notamment dans les îles de l'océan Pacifique. Têtemba Productions réalise en particulier des reportages pour les journaux télévisés de 13 heures et de 20 heures de France 2. La chaîne de télévision publique française lui fait appel afin d'illustrer certains questions sans avoir à dépêcher d'envoyés spéciaux sur place.

Dans le cas présent, le reportage des journalistes de Têtemba Productions est consacré aux répercussions de la montée des eaux à Tahiti, la plus peuplée des îles de la Polynésie française avec 183 000 habitants. Ils l'ont donc tourné sur place. Un plateau extérieur de Jenny Briffa sur une plage tahitienne devant les vagues de l'océan Pacifique clôt du reste le sujet. Ce reportage constitue le « grand format » de l'édition du journal télévisé de 20 heures de France 2 du 15 juin 2012 : muni d'un titre (« La menace de l'océan »), il s'apparente davantage à un sujet magazine de courte durée qu'à un reportage réalisé dans l'urgence pour traiter d'une actualité immédiate.

Il se veut par ailleurs très concret. Il vise en effet à aborder de la manière la plus claire possible les répercussions de la montée des océans sur les îles polynésiennes. Ce reportage se compose ainsi de trois séquences qui traitent différents aspects de la question : la sensibilisation de la jeunesse à ce problème, la menace sur les infrastructures et les habitations, les conséquences du réchauffement climatique sur l'évolution des huîtres perlières. Chaque séquence adopte par ailleurs un point de vue différent. La première présente celui d'un écologiste qui lutte notamment pour la défense du corail. La deuxième séquence embrasse le point de vue institutionnel du ministre de l'Environnement de la Polynésie française Jacky Bryant. Enfin, la troisième séquence opte pour un regard scientifique sur la question du réchauffement climatique : elle présente une expérimentation conduite sur les huîtres perlières par le laboratoire Écosystème Perlicole au Centre Ifremer du Pacifique, installé à Tahiti.

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