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Jean Daligault, prêtre, peintre et résistant

Date de diffusion : 13 mars 2002

Évocation de Jean Daligault, sa déportation et son œuvre.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
10 sept. 2015
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001730

Contexte historique

Par Anne Doustaly

Né en 1899 à Caen, Jean Daligault est prêtre dans un village normand, atypique, déjà artiste peintre et sculpteur lorsque la guerre éclate. En 1940, avec des amis, il rejoint l'Armée volontaire, un des premiers réseaux de résistance. Il est arrêté en août 1941, déporté à Dachau, puis dans le camp d'internement allemand de Trèves, sous la classification de Nacht und Nebel (Nuit et Brouillard, ou NN), c'est-à-dire personne représentant « un danger pour la sécurité de l'armée allemande » (saboteurs, résistants, opposants ou réfractaires à la politique ou aux méthodes du Troisième Reich, à faire disparaître en secret, sans donner aucune information sur leur sort), comme les autres déportés de son réseau. Il y réalise la part majeure de son œuvre en utilisant tous les supports à sa disposition : planches de lit, lambeaux de papiers journaux... Il emploie comme couleurs des fragments de plâtre, de rouille, de moisissures, ou autres matériaux grattés sur les murs de sa cellule, peignant ses geôliers, des scènes de captivité et sa déchéance physique par des autoportraits. Renvoyé à Dachau en 1945, il est abattu d'une balle dans la nuque à la veille de la libération du camp. Son œuvre a échappé au bombardement allié et fut retrouvée dans la maison de l'aumônier de la prison. Une salle lui est consacrée au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, dans l'enceinte de la citadelle de Besançon. D'autres pièces sont exposées au Mémorial de Caen.

Éclairage média

Par Anne Doustaly

Ce reportage, diffusé au journal du soir de France 3 Normandie, présente le livre que Christian Dorrière, professeur de Lettres, poète et éditeur a consacré à Jean Daligault après quinze ans de recherches. Plus de cinquante ans après la fin de la guerre, l'abbé Daligault et son œuvre sortent de l'oubli grâce à cet ouvrage, L'Abbé Jean Daligault : un peintre dans les camps de la mort (Le Cerf, 2001). Dans les années d'après-guerre, ce parcours de résistant normand avait été occulté car la réception de son œuvre pouvait susciter des inquiétudes : le prisonnier avait-il reçu un traitement de faveur pour ainsi peindre et exprimer son art ? Son œuvre ne risquait-elle pas de relativiser l'horreur des camps de concentration ? L'auteur du livre montre comment l'artiste a, non seulement créé les conditions matérielles de son travail, par la récupération des matériaux nécessaires, mais aussi comment il a même obtenu le concours de ses geôliers, fournisseurs des instruments de leur propres portraits. Le témoignage d'Yvonne Guégan, fille du pharmacien du village où il vivait, et artiste elle-même, montre un artiste soucieux de progresser dans son art et de bousculer son classicisme. La captivité et les épreuves, les modifications de son propre visage, ont fait évoluer l'artiste vers des formes moins académiques et plus de liberté.

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