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Victoire du Front national aux élections européennes

Date de diffusion : 26 mai 2014

Le Front national fête sa victoire aux élections européennes du 25 mai 2014. Marine Le Pen la célèbre dans un club parisien. Les militants du FN d’Hénin-Beaumont fêtent aussi le résultat autour de leur maire Steeve Briois.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
10 juin 2016
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001815

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le 25 mai 2014, le Front national remporte les élections européennes. Pour la première fois de l’histoire de la République en France, un parti d’extrême droite arrive en tête d’un scrutin national.

Fondé par Jean-Marie Le Pen en 1972 et dirigé par sa fille Marine à partir de 2011, le FN obtient ce résultat historique douze ans après un premier succès qui avait pris l’allure d’un séisme politique : le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle avec 16,95 % des voix (voir ce document). Le FN avait ensuite continué sa progression. Sa présidente Marine Le Pen avait recueilli 17,90 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle du 22 avril 2012. Puis le FN avait réuni 13,6 % des voix aux élections législatives de juin 2012 et conquis onze mairies aux municipales de mars 2014 (voir ce document).

Cette progression du FN est donc confirmée aux élections européennes de mai 2014. Avec 24,86 % des suffrages exprimés, le parti d’extrême droite quadruple en effet son score des élections européennes de 2009, ce qui lui offre 24 sièges au Parlement européen. C’est dans la circonscription du Nord-Ouest qu’il obtient son score le plus élevé : la liste conduite par Marine Le Pen y obtient 33,62 % des voix contre 18,75 % pour celle de l’UMP et 11,78 % seulement pour la liste du Parti socialiste et du Parti radical. Le FN confirme également son implantation dans l’Est où il recueille 28,96 % des voix et dans le Sud-Est où il réunit 28,18 % des voix. Le parti d’extrême droite profite d’abord de la profondeur de la crise économique et sociale mais également du rejet massif du Parti socialiste au pouvoir depuis 2012. Il exploite aussi la défiance croissante à l’égard de l’Union européenne et de ses institutions. Le résultat du FN est également le fruit de la stratégie menée par Marine Le Pen visant à « dédiaboliser » le parti et à le transformer en force politique capable de gagner des scrutins.

Les élections européennes de 2014 constituent en revanche une déroute pour le Parti socialiste : avec seulement 13,98 % des voix, il n’obtient que 13 élus au Parlement européen. Il s’agit de son plus mauvais score à un scrutin européen depuis le premier organisé en 1979. Le PS est grande partie victime de son incapacité à faire baisser le chômage et du désaveu général de l’opinion à l’égard de la politique menée depuis 2012.

De son côté, la principale force de droite, l’Union pour un mouvement populaire, arrive certes en deuxième position derrière le FN, mais avec 20,81 % des suffrages exprimés et 20 élus, son résultat est décevant. L’UMP subit même un net recul par rapport au précédent scrutin européen de 2009 où alliée aux centristes elle avait recueilli 27,88 % des voix. Elle paie sans doute autant les divisions de ses dirigeants (voir ce document) que son incapacité à convaincre de ses propositions économiques et sociales.

Les centristes, regroupés sous la bannière de L’Alternative, qui rassemble les partis pro-européens de l’UDI et du MoDem, remportent quant à eux 9,94 % des voix et 7 sièges. Ils devancent Europe Écologie Les Verts qui ne remporte que 8,95 % des voix et 6 sièges. C’est une déception pour la formation écologiste qui avait obtenu un résultat historique en 2009 avec 16,3 % des voix et 14 sièges.

Ces élections européennes du 25 mai 2014 ont par ailleurs été une nouvelle fois marquées par une abstention élevée : 57,57 % des électeurs ne se sont ainsi pas rendus aux urnes.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé le 26 mai 2014 dans le 19/20 de France 3, ce sujet revient sur les élections européennes qui se sont déroulées la veille. Il ne cherche pas à en présenter les résultats détaillés mais traite seulement de son principal enseignement : la victoire du Front national, premier succès d’un parti d’extrême droite en France à une élection nationale. Dans son lancement plateau, la présentatrice Carole Gaessler insiste particulièrement sur la dimension historique de ce résultat. Elle évoque ainsi successivement un « triomphe », « du jamais vu », un « paysage politique français (…) secoué » et « une étape importante » de l’histoire du FN. Les deux infographies qu’elle commente mettent elles aussi en valeur le score obtenu par le parti présidé par Marine Le Pen.

Le reportage qui suit le lancement plateau est donc entièrement consacré au FN. Il donne à voir la célébration de la victoire de la formation d’extrême droite en trois lieux différents : à la sortie du siège du parti à Nanterre, dans le club parisien « L’Élysée Lounge », où est organisée la soirée de la liste FN d’Ile-de-France conduite par Aymeric Chauprade, et enfin à l’hôtel de ville d’Hénin-Beaumont, ville dirigée depuis mars 2014 par un maire FN, Steeve Briois.

Le sujet propose des images classiques des reportages électoraux consacrés aux vainqueurs d’une élection. Il donne ainsi à voir et à entendre des militants du FN. À Paris comme à Hénin-Beaumont, ils célèbrent la victoire de leur parti : ils applaudissent, scandent le nom de leurs dirigeants (« Marine » et « Aymeric »), chantent « On a a gagné » tels des supporters de football, trinquent à la victoire en buvant du champagne. Ils ont également recours aux symboles nationaux pour fêter leur succès : ils brandissent le drapeau tricolore et chantent La Marseillaise. De fait, le FN a toujours revendiqué son attachement à ses deux symboles nationaux créés sous la Révolution française. Les autres partis politiques les ont même progressivement délaissés comme s’ils estimaient que l’extrême droite s’était approprié le drapeau et La Marseillaise.

Ce ne sont cependant pas les militants du FN qui sont au cœur du reportage. Ce ne sont pas non plus les dirigeants du parti d’extrême droite, même si Steeve Briois, maire FN d’Hénin-Beaumont et nouvel élu au Parlement européen, est interrogé. Le reportage est avant tout centré sur Marine Le Pen. La présidente du FN apparaît souvent à l’écran et est interviewée à deux reprises. Elle est d’abord filmée à la sortie du siège de son parti au milieu d’une cohue de journalistes, cameramen et photographes. Elle est également suivie dans le club « L’Élysée Lounge », toujours entourée par de nombreux journalistes et cameramen. Puis, à la fin du sujet, on la voit prononcer son discours de victoire.

Cette omniprésence de Marine Le Pen dans le sujet vise à montrer que la victoire du FN aux élections européennes est avant tout la sienne, bien qu’elle ne soit que tête de liste dans la circonscription Nord-Ouest. De fait, les candidats du FN se présentaient sur des listes baptisées « Bleu marine » en référence à la présidente du parti. Cela témoigne de la personnalisation du FN. Ce parti d’extrême droite a toujours été centré sur la figure de son chef, d’abord Jean-Marie Le Pen de 1972 à 2011, puis sa fille Marine. Cette personnalisation est également perceptible dans les références implicites ou explicites à l’élection présidentielle de 2017 à laquelle Marine Le Pen va participer. Le choix du club, "L’Élysée Lounge", rue des Saussaies, est ainsi un « clin d’œil facétieux » au Palais de l’Élysée tout proche. Les militants eux-mêmes ne semblent voir dans le succès aux européennes qu’un tremplin pour l’Élysée. Ils scandent « Marine présidente » et l’un des militants interrogés à "L’Élysée Lounge" s’exclame : « Rendez-vous en 2017 ».

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