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Une délégation de la Coupole d’Helfaut visite le camp de Dora

Date de diffusion : 08 oct. 2013

Une délégation de la Coupole d’Helfaut, bunker construit par les Allemands dans le Pas-de-Calais pour envoyer des V2 en direction de Londres, se rend  sur le site où étaient fabriquées les fusées, dans les carrières de Dora, qui dépendaient du camp de Buchenwald. La visite des galeries souterraines permet de comprendre les conditions inhumaines du travail forcé à Dora, où l’espérance de vie pour les travailleurs ne dépassait pas six mois.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
18 oct. 2018
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001913

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Depuis les débuts de la guerre, les savants allemands travaillaient sur la mise au point d’armes nouvelles, des bombes volantes et des fusées de longue portée, capables d’atteindre la Grande-Bretagne depuis le continent. Alors que les défaites du Reich s’accumulent à partir de 1942, Hitler pense encore pouvoir changer le cours du conflit grâce à ces armes nouvelles, également présentées comme des « armes de représailles » (Vergeltungswaffen) qui vengeraient les bombardements alliés sur les villes allemandes.

Les V1 ou « bombes volantes » sont des petits avions à réaction sans pilote dotés d’une ogive explosive et qui peuvent être tirés depuis une rampe de lancement. Le premier tir expérimental est réalisé en décembre 1942 depuis le centre secret de Peenemünde. En 1943, 96 sites de lancements sont construits par l’organisation Todt pour lancer des V1, essentiellement dans la région du Pas-de-Calais. Le 13 juin 1944, le premier V1 frappe Londres. En un mois, 2452 fusées sont lancées contre l’Angleterre. Si près des deux tiers des engins s’écrasent avant d’atteindre leur cible ou sont interceptés par des chasseurs de la RAF, environ 800 V1 s’abattent sur Londres en juin 1944.

Plus dangereux encore sont les V2, missiles balistiques propulsés par un moteur de fusée. Le premier tir réussi a lieu en octobre 1942 mais la production à grande échelle ne débute qu’en mai 1944.  La coupole d’Helfaut est conçue à partir d’octobre 1943 dans une ancienne carrière de craie pour servir de base de lancement aux V2. Les intenses bombardements alliés empêchent toutefois les Allemands de terminer les travaux et le complexe n’est jamais entré en service. Des tirs de V2 n’en sont pas moins effectués depuis d’autres bases. Le premier V2 qui frappe Londres explose le 8 septembre 1944.

La volonté des Nazis de produire des V1 et V2 sur une échelle industrielle entraîne une mobilisation de l’ensemble de la main-d’œuvre disponible, y compris celle des travailleurs forcés et des détenus des camps de concentration. Créé en août 1943 comme une dépendance du camp de Buchenwald, le camp de Dora est spécifiquement destiné à la fabrication de missiles V2. Les travaux d’assemblage des fusées sont effectués dans un lieu souterrain avec un vaste réseau de tunnels afin d’échapper aux bombardements alliés.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Lieu d’assemblage des fusées d’un côté, lieu de lancement de l’autre, les sites de Dora et de la Coupole d’Helfaut constituaient les deux bouts de la chaîne de la production à grande échelle des V2 à la fin de la guerre, ce qui explique les liens très forts les unissant, comme l’illustre la venue à Dora d’une délégation de la Coupole évoquée dans ce reportage.

Si les images tournées sur le site de Dora montrent qu’il ne reste plus grand-chose de l’ancien camp en surface, en revanche les galeries souterraines sont toujours visibles aujourd’hui. Elles témoignent de la stratégie de production souterraine utilisée par les Allemands pour éviter les bombardements alliés. Avec 15 kilomètres de galeries et de tunnels, Dora mérite bien le nom « d’usine souterraine » utilisé dans le reportage. Ces images laissent entrevoir également, comme le rappelle le témoignage d’un ancien déporté, le sort terrible qui était réservé aux détenus obligés de travailler dans des conditions inhumaines, en étant enfermés de jour comme de nuit. Parmi les 60 000 détenus du camp de Dora, 20 000 ont trouvé la mort, la plupart d’entre eux dans les commandos de construction, du fait de l’épuisement, des maladies et de la famine. Dora était bien un camp « d’extermination par le travail ».

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