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Attentat de Westminster à Londres

Date de diffusion : 22 mars 2017

Le 22 mars 2017, un attentat frappe le quartier de Westminster à Londres : une voiture fonce sur la foule sur le pont de Westminster avant de s’encastrer dans une grille devant le Parlement britannique. Le terroriste sort ensuite de sa voiture pour poignarder un policier avant d’être abattu.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001930

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Depuis les attentats de juillet 2005 (voir Attentats islamistes à Londres le 7 juillet 2005), Londres et le Royaume-Uni étaient épargnés par le terrorisme islamiste, tandis que plusieurs métropoles européennes étaient frappées par des attaques commises au nom de l’organisation État islamique en 2015 et 2016, dont Paris, Bruxelles, Nice et Berlin.

Le 22 mars 2017, Londres est cependant touchée à son tour par le terrorisme islamiste. Ce jour-là à 14 h 40 Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l’islam, lance sa voiture dans la foule sur le trottoir du pont de Westminster, fauchant une vingtaine de passants. Il continue ensuite sa course avant de s’encastrer dans une grille devant le Parlement britannique. Sorti de son véhicule, il se rue sur un policier en faction et le poignarde mortellement avant d’être abattu par un autre policier.

Cette attaque terroriste perpétrée au cœur même de Londres, qui a visé le symbole de la démocratie britannique, le Parlement, et son quartier le plus touristique, fait cinq morts. Elle est revendiquée par l’État islamique, bien que la police britannique déclare ne pas avoir « trouvé de preuve d’une association » de l’assaillant avec l’organisation. Le mode opératoire, un véhicule-bélier lancé à pleine vitesse sur une foule, rappelle celui utilisé à plusieurs reprises par des terroristes se réclamant de l’État islamique. Un camion-bélier a ainsi été utilisé pour conduire des attaques à Nice le 14 juillet 2016 (voir Attentat à Nice le 14 juillet 2016) et à Berlin le 19 décembre 2016 (voir Attentat terroriste contre un marché de Noël à Berlin). Une voiture-bélier sera par la suite encore employée lors d’attaques terroristes à Stockholm, le 7 avril 2017 et à Barcelone le 19 août 2017 (voir Attaque terroriste à Barcelone). Le recours croissant à ce mode opératoire permet à des individus radicalisés de se passer de l’appui logistique d’une organisation structurée.

Le soir de l’attaque de Westminster, la première ministre Theresa May dénonce une attaque « écœurante et perverse », visant « un endroit où les gens de toutes nationalités, religions et cultures se retrouvent pour rendre hommage aux valeurs de liberté, de démocratie et de libre expression ».

Dans les semaines suivantes, le Royaume-Uni est de nouveau frappé par des attentats terroristes islamistes. Le 22 mai 2017, à la sortie d’un concert de la chanteuse pop américaine Ariana Grande à Manchester, un engin explosif actionné par un kamikaze tue 22 personnes (voir Attentat à Manchester à la sortie d’un concert). Puis le 3 juin suivant, une nouvelle fois à Londres, trois assaillants foncent avec une camionnette dans la foule sur le London Bridge avant de poignarder plusieurs personnes à Borough Market, faisant en tout huit morts.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Le 22 mars 2017, le journal télévisé de vingt heures de France 2 s’ouvre sur un reportage consacré à l’attentat survenu à Londres quelques heures auparavant dans le quartier emblématique de Westminster.

Il propose un récit factuel détaillé et chronologique de l’attaque, réalisé « à chaud ». Purement descriptif, il vise uniquement à décrire le déroulement de l’attentat, sans apporter d’éclairage contextuel.

Les étapes de l’attaque terroriste sont ainsi relatées par le journaliste Claude Sempère à l’aide d’images d’origines très variées : des vidéos amateurs montrant les victimes, des images filmées depuis un hélicoptère des secours, différentes images factuelles des lieux de l’attentat et des images prises au sein de la Chambre des Communes. Plusieurs photographies sont également commentées. Et une brève séquence composée d’images de synthèse reconstitue l’attentat lui-même.

Dans un premier temps, le commentaire n’évoque que « l’auteur de l’attaque », sans le nommer. Mais à la fin du sujet, l’identité supposée du terroriste est livrée : « l’assaillant serait un citoyen britannique âgé de 41 ans, Trevor Brooks, un prédicateur islamiste emprisonné par le passé en Hongrie et qui serait revenu en 2015 en Grande-Bretagne ». Cette information, même livrée au conditionnel, est pourtant fausse : le prêcheur islamiste Abu Izzadeen, précédemment appelé Trevor Richard Brooks, ne peut avoir commis l’attaque puisqu’au même moment il purge une peine de prison pour avoir précisément enfreint la loi britannique sur le terrorisme. Le sujet de France 2 le cite donc à tort, ayant repris une information donnée par la chaîne de télévision britannique Channel 4. On peut expliquer cette erreur par le manque de temps de réalisation du sujet, l’attentat ne datant de quelques heures, ainsi que par le manque d’informations alors disponibles. Ce n’est que le lendemain que la véritable identité du terroriste, Khalid Masood, Britannique de 52 ans, sera révélée par les autorités britanniques.

Le journal télévisé de France 2 du 22 mars 2017 accorde une place particulière à cet attentat : outre le reportage d’ouverture, plusieurs sujets et plateaux y sont consacrés. Un reportage porte notamment sur des lycéens français de Concarneau venus en séjour à Londres et victimes de l’attaque sur le pont de Westminster. Dans les journaux télévisés des chaînes de télévision française, cet attentat a constitué le premier sujet d’actualité internationale traité au cours du mois de mars 2017, avec 69 sujets (voir Ina STAT, n° 46, juillet 2017). Le poids du terrorisme dans l’actualité de cette époque paraît d’ailleurs écrasant : après avoir évoqué l’attentat de Londres, le journal télévisé de France 2 évoque la commémoration du premier anniversaire des attentats qui avaient ensanglanté Bruxelles le 22 mars 2016.

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