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La célébration de la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle en 2017

Date de diffusion : 08 mai 2017

Emmanuel Macron célèbre sa victoire à l’élection présidentielle, le 7 mai 2017, au Louvre : il traverse seul la cour de l’ancien palais royal au son de l’hymne européen, rappelant la marche de François Mitterrand au Panthéon en 1981. Il prononce un discours avant de faire monter son épouse Brigitte et ses proches sur scène et de chanter La Marseillaise.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001932

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, le 23 avril, le candidat du tout nouveau mouvement En Marche !, Emmanuel Macron, est arrivé en tête avec 24,01 % des suffrages exprimés (voir Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2017). Il avait devancé Marine Le Pen, candidate du Front national, qui avait réuni 21,30 % des voix. Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, la droite n’accède pas au second tour d’une élection présidentielle : son candidat François Fillon n’a obtenu que 20,01 % des voix. Pour la première fois également, les deux partis qui ont dominé la Ve République, le Parti socialiste et Les Républicains - ces derniers ayant pris la suite des différents partis gaullistes, du RPR et de l’UMP - sont éliminés dès le premier tour. Au cours de l’entre-deux-tours, Marine Le Pen tente de rattraper son retard sur Emmanuel Macron. Elle l’attaque ainsi avec une rare virulence lors du traditionnel débat télévisé organisé le 3 mai 2017 (voir Débat télévisé d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen).

Mais c’est Emmanuel Macron qui est élu président de la République le 7 mai 2017 à l’issue du second tour : il remporte 66,1 % des suffrages exprimés, soit 20 743 128 voix, contre 33,9 % pour Marine Le Pen. Il obtient ainsi le deuxième plus haut score des scrutins présidentiels organisés sous la Ve République, derrière les 82,15 % des voix réunies par Jacques Chirac en 2002 contre Jean-Marie Le Pen (voir Réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République en 2002). Emmanuel Macron est également parvenu à contenir la présidente du Front nationale sous la barre symbolique des 40 % des suffrages exprimés même si, avec 10 638 475 voix elle bat le record de l’extrême droite. L’abstention a été très élevée : 25,44 % des électeurs inscrits ne se sont pas rendus aux urnes, soit la plus forte abstention depuis l’élection présidentielle de 1969. En outre, 3 021 499 bulletins blancs (soit 6,35 % des inscrits) et 1 064 225 de bulletins nuls (soit 2,24 %) ont été comptabilisés.

Emmanuel Macron devient le huitième président de la Ve République. Âgé de trente-neuf ans, il est aussi le plus jeune des vingt-cinq présidents de la République de l’histoire de France, juste devant Louis-Napoléon Bonaparte, élu à quarante ans en 1848. Emmanuel Macron est parvenu à accomplir un exploit sans précédent sous la Ve République : accéder à la présidence de la République sans avoir jamais détenu le moindre mandat électif, fort seulement de deux années d’expérience ministérielle et épaulé par un mouvement politique très jeune.

Diplômé de l’École Nationale d’Administration en 2004, il intègre le corps des inspecteurs des finances, avant de rejoindre en 2008 la banque d’affaires Rothschild. Après l’élection de François Hollande à la présidence de la République en 2012, il réintègre la fonction publique et exerce les fonctions de secrétaire général adjoint de l’Élysée de mai 2012 à juillet 2014. Il est ensuite nommé ministre de l’Économie dans le gouvernement de Manuel Valls en août 2014. Puis après avoir lancé, en avril 2016, un nouveau mouvement politique qu’il baptise En Marche !, Emmanuel Macron démissionne de ses fonctions de ministre le 30 août 2016. Il annonce ensuite sa candidature à l’élection présidentielle le 16 novembre suivant. Il ne va dès lors cesser de voir sa cote augmenter dans les sondages, profitant notamment du retrait de François Hollande, et des affaires impliquant François Fillon (voir L’affaire Pénélope Fillon).

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le 19.20 de France 3 le 8 mai 2017, ce reportage est consacré à la célébration de la victoire d’Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle, la veille au soir. Il prend la forme d’un commentaire sur images factuelles de la soirée alternant avec des images d’archives de François Mitterrand après son élection en 1981, un extrait de la première allocution du nouvel élu et une interview du réalisateur Serge Moati.

Le sujet de France 3 traite avant tout cette soirée de victoire sous l’angle des symboles choisis par Emmanuel Macron. Sa victoire a fait l’objet d’une mise en scène minutieuse, comme l’indique la présentatrice du journal télévisé : « Emmanuel Macron a travaillé, soigné l’image. » Du reste, les images de la célébration au Louvre n’ont pas été filmées par une équipe de France 3 mais par l’équipe d’Emmanuel Macron elle-même, dirigée par Jérôme Ledoux, qui avait réalisé ses meetings et qui lui avait servi de conseiller pour le débat télévisé d'entre-deux-tours.

Le choix du Louvre pour célébrer la victoire d’Emmanuel Macron est tout sauf anodin. Désirant marquer une rupture dans la vie politique française, le nouvel élu a également souhaité se démarquer des lieux traditionnels de liesse électorale, associés à la gauche - la place de la Bastille, pour François Mitterrand en 1981 et François Hollande en 2012 - ou à la droite - la place de la Concorde pour Jacques Chirac en 1995 et Nicolas Sarkozy en 2007. Le choix de l’ancien palais royal et premier musée visité au monde, permet aussi au nouvel élu de s’inscrire dans la continuité de l’histoire de France. « Le décor est grandiose », explique la journaliste de France 3. Emmanuel Macron prononce d’ailleurs son premier discours présidentiel devant la Pyramide du Louvre, symbole de modernité au coeur de la tradition (voir Les dix ans de la Pyramide du Louvre).

Ses premiers pas ont également fait l’objet d’une chorégraphie minutieuse de la part de son équipe. Peu avant 22 h 30, le nouvel élu traverse ainsi la cour du Louvre, d’un pas lent, le visage grave, tandis que résonne L’Ode à la joie. La marche d’Emmanuel Macron seul pendant trois minutes dans la cour du Louvre s’inspire clairement de celle de François Mitterrand, au Panthéon, lors de son investiture le 21 mai 1981 (voir Investiture de François Mitterrand). « Emmanuel Macron met directement ses pas dans ceux de François Mitterrand », précise la journaliste de France 3, sur fond d’images d’archives de ces moments. Comme le souligne l’ancien conseiller de François Mitterrand, Serge Moati, il s’agit pour le nouvel élu, avec cette marche, de « devenir président ».

Le soir de son élection, Emmanuel Macron a également mis en valeur son engagement européen par différents symboles. Comme François Mitterrand l’avait fait au Panthéon en 1981, il traverse la cour du Louvre au son de L’Ode à la joie, extrait de la Neuvième Symphonie composée par Ludwig van Beethoven en 1823, devenu l’hymne officiel européen en 1985. Ses supporteurs agitent par ailleurs des drapeaux européens. Toutefois, s’il veut montrer son attachement à la construction européenne, le nouvel élu n’oublie pas non plus de mettre en scène son patriotisme. Avec ses proches, ils entonnent La Marseillaise devant des sympathisants qui brandissent de nombreux drapeaux tricolores.

À travers la mise en scène de ses premiers pas, Emmanuel Macron a ainsi voulu manifester son souhait de rompre avec la présidence « normale » de son prédécesseur François Hollande. Il a souhaité restaurer une présidence beaucoup plus solennelle, celle d’un monarque républicain « jupitérien » selon son propre mot.

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