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La fin des activités de l’Aquarius, navire de sauvetage de migrants en Méditerranée

Date de diffusion : 07 déc. 2018

Les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières annoncent la fin des activités de sauvetage de L’Aquarius, navire humanitaire venu en aide à 30 000 migrants en mer Méditerranée, faute de pavillon. Michael Neuman, de Médecins sans frontières, et Sophie Beau, de SOS Méditerranée, sont interviewés.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Lycée général et technologique

    Géopolitique de la mer

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001957

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

À compter de 2014, de très nombreux migrants affluent en Europe, fuyant les guerres, les persécutions et la misère. Ils empruntent souvent la route de la mer Méditerranée en partant de la Libye (voir Naufrage d'une embarcation de migrants en Méditerranée). Ce voyage s’avère extrêmement périlleux : de nombreuses embarcations de fortune surchargées font naufrage. Des milliers de migrants périssent ainsi noyés dans les eaux de la Méditerranée. D’après l’Organisation internationale pour les migrations, quelque 16 862 migrants sont ainsi morts en tentant la traversée de la mer Méditerranée entre le 1er janvier 2014 et le 30 juillet 2018.

Face à l’inaction de l’Union européenne devant cette crise migratoire sans précédent, des organisations non gouvernementales (ONG) mettent elles-mêmes en place des opérations de sauvetage en mer. C’est le cas de SOS Méditerranée, association créée en 2015. Elle affrète un navire, l'Aquarius, en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF) à partir de mai 2016. Financé principalement par des dons de particuliers, ce navire débute ses opérations de sauvetage des migrants naufragés au large de la Libye en février 2016. L'Aquarius porte ainsi assistance à quelque 30 000 migrants en détresse en mer Méditerranée entre février 2016 et décembre 2018, au cours de 177 opérations d’aide et de 64 opérations de transbordement.

Ce navire devient le symbole de la crise politique autour de l’accueil des migrants en Europe et de l’inaction des États membres de l’Union européenne. Avec d’autres navires humanitaires affrétés par des ONG pour venir en aide aux migrants naufragés, l'Aquarius suscite l’opposition de plusieurs gouvernements européens et même de Frontex, l’agence européenne chargée du contrôle et de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. SOS Méditerranée et MSF se voient accusés d’être complices des passeurs et de provoquer la croissance de l’exode migratoire. Les oppositions les plus vives à l’action de l'Aquarius viennent du gouvernement italien institué en juin 2018 (voir Italie : victoire des forces antisystème aux élections législatives en 2018). Désireux de mettre fin à l’afflux massif de migrants que connaît l’Italie depuis 2015, le ministre de l’Intérieur et vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, leader de la Ligue, parti d’extrême droite, décide en juin 2018 la fermeture des ports italiens à tous les navires humanitaires. Il annonce ainsi le 10 juin 2018 que l'Aquarius ne sera pas autorisé à débarquer dans un port italien les migrants secourus au large des côtes libyennes. Ce refus déclenche une crise diplomatique européenne, le navire humanitaire errant pendant une semaine en Méditerranée à la recherche d’un port de débarquement pour les 629 migrants recueillis. Finalement, après les refus italien et maltais, l'Aquarius est accueilli par le nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez : il accoste à Valence le 17 juin 2018.

Par la suite, le navire voit ses opérations de sauvetage compliquées par de fortes tensions avec les gardes-côtes libyens. L'Aquarius est privé de pavillon par Gibraltar puis par le Panama, sous la pression du gouvernement italien. Aussi, le 6 décembre 2018, SOS Méditerranée et MSF décident-ils d’abandonner ce navire immobilisé pour des raisons politiques et judiciaires, qui a permis de sauver 30 000 vies en près de trois ans de sauvetage. SOS Méditerranée déplore « dix-huit mois de criminalisation, de décrédibilisation et de diffamation contre les ONG de recherche et de sauvetage », ayant eu pour résultat d’« encore davantage fragiliser les capacités de sauvetage en mer ».

L'Aquarius est cependant remplacé en 2019 par un autre navire humanitaire, l’Ocean Viking, toujours affrété par SOS Méditerranée et MSF. Battant pavillon norvégien, il appareille le 4 août 2019 du port de Marseille et mène sa première mission de sauvetage cinq jours près, venant en aide à 160 migrants au large de la Libye.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet, diffusé dans le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 7 décembre 2018, est consacré à l’arrêt des activités de l’Aquarius. La veille, les ONG Médecins sans frontières et SOS Méditerranée ont en effet annoncé qu’elles abandonnaient ce navire humanitaire, faute de pavillon.

Le sujet de France 2 est majoritairement composé d’images d’archives. Certaines, filmées dans les derniers mois de 2018, donnent à voir l’Aquarius immobilisé dans le port de Marseille après le refus de Gibraltar puis du Panama de lui accorder un pavillon. D’autres images d’archives montrent une opération de sauvetage de migrants en mer Méditerranée, à une date indéterminée, entre 2016 et 2018 : des migrants secourus après avoir fait naufrage se trouvent à bord de canots de sauvetage puis sont transférés sur l’Aquarius. Ces différentes images d’archives ne sont pas décrites en tant que telles ; elles ne servent qu’à illustrer le commentaire de la journaliste Lilya Melkonian dont l’objectif est principalement d’expliquer l’arrêt des activités de l’Aquarius. Les explications sur celui-ci paraissent d’ailleurs succinctes : le commentaire se contente d’évoquer des « pressions du gouvernement italien » et l’interdiction pour le navire de sauvetage, en juin 2018, de débarquer des migrants dans un port italien, sans expliquer la politique anti-migrants conduite par Matteo Salvini, leader de la Ligue, devenu ministre de l’Intérieur en juin 2018. Le reportage ne dit également mot de la réticence de la plupart des dirigeants politiques européens à soutenir l’action de sauvetage des migrants, ni des critiques qui sont adressées à SOS Méditerranée.

Le sujet de France 2 donne également la parole à des représentants des deux ONG coopérant au sauvetage des migrants, sans que leurs fonctions exactes ne soient précisées. Michael Neuman est interrogé comme représentant de Médecins sans frontières : il est directeur d’études au MSF Crash, Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires créé par Médecin sans frontières en 1989. Quant à Sophie Beau, elle intervient en tant que co-fondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée.

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