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La Croix de la Libération distingue les pionniers de la Résistance

Date de diffusion : 18 févr. 2013 | Date d'évènement : 16 nov. 1940

Créée le 16 novembre 1940, la Croix de la Libération récompense ceux qui se sont signalés dans la Résistance, notamment par leur engagement précoce. 1038 Compagnons de la Libération ont été distingués. Deux d’entre- eux, Claude-Raoul Duval et Daniel Cordier, témoignent de leur engagement.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
16 nov. 1940
Production :
INA
Page publiée le :
29 oct. 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000003436

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

L’automne 1940 est une période difficile pour la France libre, qui subit une série importante de revers. Les ralliements sont faibles, l’opération de Dakar visant à rallier l’AOF a échoué, la campagne du Gabon se solde par des combats fratricides, Londres n’a pas rompu ses relations diplomatiques avec Vichy. Pour renforcer sa légitimité, affirmer ses prérogatives régaliennes de chef de Français libres et tenter de favoriser de nouveaux ralliements, le général de Gaulle, qui estime ne pas avoir le droit de décerner la légion d’honneur, décide d’instituer une décoration nouvelle destinée à récompenser les « personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de la libération de la France et de son Empire ». Il explique ses motivations au commandant Thierry d’Argenlieu, lui déclarant en octobre 1940 : « notre entreprise est hérissée de difficultés. Les Français seront lents à nous rallier. Le risque leur fait peur. Ils ont besoin d’être encouragés, stimulés. Je suis décidé à créer un insigne nouveau face à l’imprévisible conjoncture ».

L’ordre de la Libération est créé en novembre 1940 à Brazzaville, alors que la campagne du Gabon vient de se terminer par la victoire des FFL sur les forces vichystes. Rédacteur des statuts, le juriste René Cassin propose que ses membres portent le titre de « Compagnon de la Libération », plus laïque que celui, un temps envisagé, de « Croisés de la Libération ». L’Ordre ne comporte qu’un seul grade et ne connaît donc pas de hiérarchie. La médaille est un écu de bronze qui porte, à l’avers, un glaive surchargé d’une croix de Lorraine et, au revers, la devise « Patriam servando victorial Tulit » (« en servant la patrie il a apporté la victoire »). Son ruban mêle le noir du deuil au vert de l’espérance. Les Compagnons sont nommés par décret du chef des Français libres. Si tout un chacun, sans distinction aucune, français ou étranger, peut recevoir ce titre, les critères sont très stricts. Il s’agit bien de n’accepter que des candidats aux parcours hors du commun, qui sont choisis au terme d’un long processus de nomination.

Attribuée seulement jusqu’en 1946 (avec deux exceptions en 1958 pour Churchill et en 1960 pour Georges VI, à titre posthume) la croix de la Libération n’a été conférée qu’à 1038 personnes (dont six femmes), 18 unités militaires françaises libres et 5 communes (Nantes, Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l’île de Sein).

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Réalisé en 2013, soit 73 ans après sa création, alors que 23 Compagnons seulement, sur les 1038 qui se sont vus décerner le titre, sont encore vivants, ce reportage du journaliste Daniel Wolfrom diffusé au journal télévisé insiste sur le caractère tout à fait extraordinaire de cette décoration, qui distingue une sorte d’élite de la Résistance, érigée en véritable « chevalerie exceptionnelle » pour reprendre une formule du général de Gaulle. De fait, la grande majorité des Compagnons (75 % d’entre eux) sont des résistants de la première heure, qui se sont engagés dès 1940. Les deux témoins interrogés, Raoul Duval et Daniel Cordier, illustrent parfaitement cela puisque tous deux, refusant l’armistice et désirant continuer le combat, ont rejoint Londres dès la fin juin 1940 pour s’engager dans les Français libres. Daniel Cordier deviendra en 1942 le secrétaire de Jean Moulin.

Mais la façon dont a été attribuée cette distinction démontre que les Français libres ont été nettement avantagés sur les résistants de l’intérieur, ces derniers ne représentant qu’un quart environ des titulaires. Cela crée donc une forme de hiérarchie entre les deux résistances, celle de l’extérieur et celle de l’intérieur. Les 1038 Compagnons ne reflètent dans ces conditions pas exactement la Résistance dans toute sa diversité. L’Ordre ne comprend ainsi que 6 femmes ou encore 5 communistes. De plus, alors qu’ils ont pourtant joué un rôle essentiel au sein des Forces françaises libres, seul 15 Africains (dont 10 tirailleurs) ont reçu la croix de la Libération. En novembre 2019, il ne reste plus que quatre Compagnons encore en vie, parmi lesquels Daniel Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin, âgé de 100 ans.

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