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Etienne Achavanne, premier fusillé pour faits de résistance

Date de diffusion : 08 mai 1990 | Date d'évènement : 04 juil. 1940

Personnalité oubliée, Etienne Achavanne sort de l’anonymat à l’occasion du cinquantième anniversaire des événements de 1940. Arrêté pour s’être livré à une action de sabotage au tout premier jour de l’occupation, condamné à mort et exécuté le 4 juillet 1940, il est chronologiquement le premier fusillé pour fait de Résistance en France occupée.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
04 juil. 1940
Production :
INA
Page publiée le :
29 oct. 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000003437

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Dès les premiers jours de l’Occupation allemande, des gestes de refus se développent en zone occupée, qui témoignent de la volonté de poursuivre le combat malgré les appels du gouvernement dirigé par le maréchal Pétain à cesser la lutte. Ces actions isolées, ne répondant à aucune logique collective, constituent les premières formes de résistance en France. Mais il ne s’agit pas encore de participer à la Résistance à proprement dit, dès lors que celle-ci n’existe pas en l’absence de toute organisation.

L’une des premières actions recensées est celle de l’ouvrier agricole Etienne Achavanne. Cet ancien combattant de 1914-1918, qui n’a pas été mobilisé en 1939 parce qu’il était trop âgé (47 ans), assiste à l’arrivée des Allemands à Rouen en juin 1940. Il est réquisitionné pour travailler sur la base de Boos, qui sert d’aérodrome pour le vainqueur. Fin juin 1940, il décide de couper les fils électriques et téléphoniques reliant Rouen à la base aérienne. Cette opération isole l’aérodrome et en facilite le bombardement quelques jours plus tard par l’aviation anglaise. Dénoncé, Achavanne est arrêté et traduit devant le tribunal militaire allemand de Rouen. Les Allemands craignent que ce genre de sabotages ne se multiplie en zone occupée et que se développe le phénomène de « franc-tireurs » contre leur présence, comme en 1870-1871. Ils décident d’appliquer une justice « exemplaire » destinée à impressionner la population. Achavanne est condamné à mort et exécuté le 4 juillet 1940 au lieu-dit la « Maison hantée », à la côte de Bonsecours, près de Rouen. A l’abbé Bellamy venu l’accompagner au lieu du supplice, il confia : « je ne tiens pas à la vie. Je n’ai jamais été heureux. Je n’ai plus de famille. Le poteau d’exécution ne me fait pas peur ». Face au peloton d’exécution, il crie « vive la France ».

Si l’exemple d’Etienne Achavanne est le plus souvent cité, d’autres personnes ont été condamnées à mort et fusillées par les Allemands au cours de l’été 1940 pour des faits de sabotage identiques, notamment Pierre Roche à La Rochelle, Paul Lallier à Epinal, Marcel Brossier à Saint-Jacques-de-Lalande, Lucien Brusque et Emile Masson à Amiens.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Réalisé cinquante ans après les faits, le reportage permet d’illustrer toutes les zones d’ombres qui entourent les premières actions de résistance au cours des premiers jours de l’occupation allemande. En l’absence de sources et d’archives, les faits restent quelque peu imprécis. La date exacte de l’exécution d’Achavanne elle-même pose problème puisque le commentaire rectifie celle qui est indiquée sur la plaque commémorative, en indiquant que l’ouvrier agricole a été fusillé le 4 et non le 6 juillet 1940.

Les motivations qui ont amené Achavanne à passer à l’action demeurent également assez floues, le commentaire précisant que l’on ne sait pas exactement si Achavanne a agi seul ou non (une possible appartenance à l’Intelligence service est même évoquée, alors qu’elle n’est confirmée par aucun document). Cela illustre toutes les difficultés qui existent pour comprendre ce que l’on peut nommer « la préhistoire » de la Résistance en France, alors que les organisations comme les mouvements ou les réseaux n’existent pas encore.

Souvent présenté comme le « premier martyr de la Résistance », Etienne Achavanne constitue bien le symbole de ces pionniers de la Résistance dont les actions, même si elles sont restées isolées et relativement peu nombreuses, ont permis de faire sentir aux Allemands qu’ils étaient en territoire hostile, contrairement à ce que voulait prétendre une certaine propagande sur le fait que les Français acceptaient la présence du vainqueur, notamment du fait de son attitude « correcte ».

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