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La signature de l’armistice entre la France et l’Allemagne le 22 juin 1940 à Rethondes [muet]

Date de diffusion : 22 juin 1940 | Date d'évènement : 22 juin 1940

A Rethondes, dans le même wagon que celui qui a servi le 11 novembre 1918, les délégations françaises et allemandes signent les conditions d’un armistice pour mettre fin aux combats qui ont débuté le 10 mai 1940.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
22 juin 1940
Production :
INA
Page publiée le :
29 oct. 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000003440

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

L’attitude à adopter face à l’offensive victorieuse de la Wehrmacht déclenchée le 10 mai 1940 divise le gouvernement français qui quitte Paris le 10 juin pour se réfugier à Tours puis à Bordeaux. Le colonel de Gaulle, sous-secrétaire d’Etat à la Guerre, propose d’organiser un « réduit breton ». Le projet le plus réaliste reste celui que défend Paul Reynaud : continuer la guerre depuis l’Afrique du Nord, grâce à une marine intacte et aux ressources de l’empire. Le généralissime Weygand, qui juge la situation militaire désespérée, refuse de donner à l’armée un ordre de capitulation et milite pour le choix d’un armistice. Il est soutenu par Pétain, vice-président du Conseil, qui refuse de quitter le territoire français.

La démission de Reynaud le 16 juin et son remplacement par Pétain marque la victoire des partisans de l’armistice. Le 17 juin, Pétain annonce aux Français sa volonté de « cesser le combat » et d’ouvrir des discussions avec les Allemands. Hitler se montre favorable à cette proposition car il souhaite que la France sorte le plus vite possible du conflit, pour pouvoir ensuite mobiliser toutes ses forces contre la Grande-Bretagne.

Les délégations allemandes et françaises dirigées respectivement par le général Keitel et le général Huntziger se rencontrent dans la clairière de Rethondes, le 21 juin 1940, à l’endroit même où avait été signé l’armistice du 11 novembre 1918. Les discussions durent toute la journée du 22 juin, Huntziger informant par téléphone le gouvernement français à Bordeaux des conditions imposées par l’Allemagne. En dépit des protestations françaises sur certaines clauses, les Allemands refusent toute concession. A la suite d’un ultimatum lancé par Keitel, Huntziger reçoit l’ordre depuis Bordeaux de signer l’armistice.

Ce choix de l’armistice est lourd de conséquences car il engage le gouvernement à en faire respecter les conditions, contrairement à une capitulation qui n’aurait concerné que l’armée. Les conditions du traité sont très dures pour la France, qui doit entretenir les troupes d’occupation, voit son territoire divisé de façon très inégale en une zone occupée au nord et une zone dite libre au sud, son armée limitée à 100 000 hommes. Surtout, le traité d’armistice pose le principe d’une collaboration avec le vainqueur dès lors que l’administration française en zone occupée doit coopérer loyalement avec l’administration militaire allemande.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Du côté allemand, la demande d’armistice effectuée par le gouvernement français représente la revanche du « coup de poignard » de l’armistice du 11 novembre 1918 et du « diktat » de Versailles. Dès qu’il a reçu la proposition française d’ouvrir des discussions, le 17 juin 1940, Hitler a préparé minutieusement la cérémonie pour lui donner une dimension particulière et montrer au monde entier l’éclat de sa victoire.

Lorsque la délégation française quitte Bordeaux pour se rendre à Paris, ses membres sont persuadés que la rencontre avec la délégation allemande aura lieu dans la capitale. Ce n’est qu’au dernier moment qu’ils apprennent devoir se rendre à Rethondes, dans la clairière où avait été signé l’armistice du 11 novembre. Hitler a même fait ressortir le wagon qui avait servi à cette signature du musée où il était exposé. Il est placé au cœur de la clairière, comme 21 ans plus tôt, pour recevoir les délégations allemandes et françaises. Le cérémonial qui entoure l’arrivée des délégations est soigneusement filmé par la propagande allemande.

Les images permettent à la fois d’illustrer la victoire totale du Reich et l’humiliation de la France, comme un renversement de 1918. Hitler en personne arrive à la tête de la délégation allemande, même s’il ne participera pas ensuite aux discussions. Les images permettent de montrer la satisfaction totale du chancelier allemand à la suite de sa victoire. Les monuments qui symbolisaient dans la clairière la défaite allemande lors du premier conflit mondial, notamment celui démontrant l’aigle impérial terrassé par la France, sont détruits ou recouverts par des drapeaux à croix gammée.

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