L’affiche rouge

Date de diffusion : 2020 | Date d'évènement : 1944
Disponible jusqu'au 31 août 2023

Affiche de propagande nazie, « L’affiche rouge » est devenue une icône de la Résistance française. Les membres du réseau Manouchian sont fusillés en février 1944 par les Allemands au Mont-Valérien : l’affiche est diffusée sur tout le territoire français, décrivant ces hommes comme des terroristes. Censée susciter la haine, l’affiche éleva ces hommes au rangs de héros.

La collection Histoires d'histoire est proposée par la Rmn-Grand Palais.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Histoires d'Histoire
Réalisation :
Renaud David
Date de l'évènement :
1944
Production :
@ 2020 -  RMN - Le Grand Palais
Page publiée le :
11 mars 2021
Modifiée le :
01 sept. 2022
Référence :
00000004234

Contexte historique

Par Alexandre Sumpf

Une opération de propagande d’envergure

Constitué et organisé entre la fin de l’année 1942 et février 1943, le réseau Manouchian fait partie du groupe de résistance des « Francs-tireurs et partisans – main-d’œuvre immigrée » (F.T.P.-M.O.I.). Composé de 23 communistes (dont 20 étrangers : Espagnols, Italiens, Arméniens et Juifs d’Europe centrale et de l’Est), le réseau est l’auteur de nombreux attentats et actes de sabotage contre l’occupant nazi. Le réseau Manouchian tient son nom de son dirigeant : Missak Manouchian.

Arrêtés en novembre 1943, ses membres sont jugés lors d’un procès qui se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, du 17 au 21 février 1944. Vingt-deux des vingt-trois membres du réseau sont condamnés à mort et fusillés le 21 février au fort du Mont-Valérien. Olga Bancic, la seule femme du groupe, sera décapitée le 10 mai.

Réalisée par les services de propagande allemands en France, « Des libérateurs ? La libération ! Par l’armée du crime » (aussi appelée « L’affiche rouge ») est placardée dans Paris et dans certaines grandes villes françaises au moment du procès ou le lendemain de l’exécution (le 22 février). Publiée à 15 000 exemplaires et accompagnée de nombreux tracts évoquant l’événement, elle constitue une opération d’envergure contre la Résistance.

Bibliographie

  • Jean-Emmanuel DUCOIN (dir.), Groupe Manouchian - Fusillés le 21 février 1944 - Des héros, à la vie, à la mort, hors-série de L’Humanité, Paris, février 2007.
  • Philippe GANIER-RAYMOND, L’Affiche rouge, Paris, Fayard, 1975.
  • Jacques RAVINE, La Résistance organisée des Juifs en France (1940-1944), Paris, Julliard, 1973.
  • Benoît RAYSKI, L’Affiche rouge, Paris, Denoël, 2009.

Analyse des images

L’armée du crime

L’image est organisée en trois parties. Barrant le haut et le bas de l’affiche, la question « Des libérateurs ? » et sa réponse « La libération ! Par l’armée du crime » délivrent explicitement le message que veulent faire passer ses auteurs.

Dans un triangle rouge figurent la photo, le nom, l’origine et les actions menées par dix résistants du groupe Manouchian : Grzywacz, juif polonais, 2 attentats – Elek, juif hongrois, 8 déraillements – Wasjbrot, juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements – Witchitz, juif polonais, 15 attentats – Fingerweig, juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements – Boczov, juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats – Fontanot, communiste italien, 12 attentats – Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats – Rayman, juif polonais, 13 attentats – Manouchian, Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés.

Six photos (attentats, armes ou destructions) représentent enfin la menace qu’ils constituent à travers certains des attentats qui leur sont reprochés.

Interprétation

L’ennemi de l’intérieur

« L’affiche rouge » entend d’abord présenter les membres du réseau Manouchian comme de dangereux terroristes. La couleur rouge, dominante, évoque leur appartenance politique, mais aussi le sang qu’ils ont versé. De même, la présentation des photos en médaillon au-dessus de leur « palmarès » évoque une iconographie criminelle. Qualifié de « bande », le réseau Manouchian se voit ainsi refuser toute reconnaissance politique.

L’image insiste aussi sur le fait que cette armée du crime est constituée d’étrangers. Hirsutes, agressifs et patibulaires, ces hommes sont en plus des « juifs », des « rouges », des étrangers. Alors que les actes de résistance se multiplient, les autorités allemandes entendent ainsi persuader les citoyens du danger que ces hommes font courir au pays. Loin de libérer la France (pour la rendre aux Français), ils menacent au contraire de la livrer au chaos et aux puissances néfastes venues de l’extérieur.

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