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Afrique du sud : résultats des élections multiraciales

Date de diffusion : 03 mai 1994 | Date d'évènement : 02 mai 1994

Dans la nuit du 2 mai 1994, à Johannesburg, Nelson Mandela et les partisans de l’ANC fêtent dans la liesse la victoire de leur parti aux premières élections multiraciales d’Afrique du Sud. Nelson Mandela, le futur président de la République, prononce un discours.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
02 mai 1994
Page publiée le :
23 juil. 2021
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004243

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

En Afrique du Sud, de 1948 à 1991, l’apartheid était en vigueur. Par ce système de ségrégation raciale, la minorité blanche avait établi sa domination sur la majorité noire, victime de nombreuses discriminations. Une ségrégation spatiale était notamment instituée, contraignant les populations non-blanches à vivre dans des zones particulières : les bantoustans, des régions spéciales, et des townships, des ghettos dans les principales villes sud-africaines.

Ce régime de l’apartheid disparaît progressivement à partir de 1991. Élu président de la République d’Afrique du Sud en 1989, Frederik De Klerk œuvre en effet pour l’abolir. Il commence par légaliser les mouvements nationalistes noirs, dont l’ANC (African National Congress), et par libérer des prisonniers politiques, à commencer par le plus emblématique d’entre eux : Nelson Mandela. Ainsi, le 11 février 1990, après vingt années de détention, le leader historique de l’ANC est libéré. Cette libération ouvre un processus de négociations entre Frederik De Klerk et Nelson Mandela, qui aboutit à une fin pacifique de l’apartheid, définitivement aboli le 30 juin 1991. Puis, le 17 mars 1992, les électeurs blancs, consultés par référendum, approuvent à 68,73 % la poursuite du processus de réformes constitutionnelles engagé par le président sud-africain.

Cette large validation de la fin du régime de l’apartheid par l’électorat blanc permet d’organiser les premières élections multiraciales au suffrage universel du 26 au 29 avril 1994 : sur un total de 22,7 millions d’électeurs, plus de 16 millions de Noirs votent pour la première fois de leur vie. Avec 62,65 % des voix, remportant la majorité dans 7 des 9 provinces du pays, l’ANC conquiert 252 des 400 sièges de la nouvelle Assemblée nationale. Réunissant de son côté 20,39 % des voix, le Parti national du président sortant, Frederik De Klerk, parvient à contenir la poussée de l’ANC et à obtenir 82 sièges.

À l’issue de ces élections, le chef historique de l’ANC, Nelson Mandela, est élu, le 9 mai 1994, par les députés à la présidence de la République : il devient le premier président noir d’Afrique du Sud. Le lendemain de son élection, il prononce son discours d’investiture, à Pretoria, devant de nombreuses délégations étrangères et entouré de ses deux nouveaux vice-présidents : Thabo Mbeki et Frederik De Klerk. Nelson Mandela célèbre alors l’émergence d’ une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde, loin des déchirements qui l’avaient agitée pendant plus de quarante ans d’apartheid et qui l’avait exclue de la communauté mondiale parce qu’elle était devenue la base universelle de l’idéologie et de la pratique pernicieuse du racisme et de l’oppression raciale. Le nouveau président sud-africain fait la promesse de libérer tout le peuple sud-africain de l’état permanent d’esclavage à la pauvreté, à la privation, à la souffrance, à la discrimination liée au sexe ou à toute autre discrimination, ainsi que de construire une paix durable, juste et totale.


Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé le 3 mai 1994 dans le journal télévisé de 13 heures de France 2, ce reportage a été tourné la nuit précédente à Johannesburg par la grand reporter Martine Laroche-Joubert. Il rend compte de la liesse des partisans de l’ANC et du président emblématique de ce parti, Nelson Mandela, à l’annonce des résultats quasiment définitifs des élections organisées du 26 au 29 avril 1994. Même si ces résultats ne sont alors pas encore officiels, ils ne font maintenant plus aucun doute comme le précise le présentateur de France 2, Daniel Bilalian. Toutefois, si les estimations données le 2 mai 1994 vont s’avérer correctes pour l’ANC, qui remporte le scrutin avec 62,65 % des voix, celles pour le Parti national de Frederik De Klerk et le Parti Inkatha de la liberté de Mangosuthu Buthelezi vont s’avérer légèrement différentes des résultats électoraux officiels : le premier remporte finalement 20,39 % des suffrages et non 23 % comme annoncé par Daniel Bilalian, et le second 10,54 % des voix au lieu de 7,5 %.

Bien que les résultats des premières élections multiraciales organisées en Afrique du Sud ne soient pas encore entièrement connus, les partisans de l’ANC de Nelson Mandela ont décidé de célébrer leur victoire dans la soirée du 2 mai. C’est à cette célébration qu’est entièrement consacré le reportage de France 2. Il présente des scènes classiques de liesse collective : dans les rues de Johannesburg, devant l’hôtel Carlton où l’ANC avait convié ses invités, des supporters du parti de Nelson Mandela dansent, sautent de joie, s’embrassent et chantent. Ces scènes de célébration ne sont pourtant pas aussi classiques qu’elles le semblent. Si la nuit est magique, selon le mot de Martine Laroche-Joubert, c’est parce que la victoire de l’ANC paraît inaugurer une nouvelle époque, marquée par la réconciliation et la fraternité entre Sud-Africains. Le reportage de France 2 donne ainsi à voir plusieurs plans de Noirs et de Blancs mêlés dans la foule, célébrant ensemble la victoire de l’ANC, dansant ensemble et agitant le nouveau drapeau de l’Afrique du Sud. 45 ans d’apartheid, plus de 3 siècles de domination blanche balayés cette nuit dans la ferveur de la fraternité, affirme Martine Laroche-Joubert.

Le reportage de France 2 met également en avant la figure iconique de Nelson Mandela. Il s’ouvre sur des images éminemment symboliques du président de l’ANC : Nelson Mandela, tout sourire, entame un toyi-toyi, danse traditionnelle sud-africaine, sur une tribune dans les salons de l’hôtel Carlton de Johannesburg, devant des supporters eux aussi radieux, dansant et chantant. Comme le dit joliment Martine Laroche-Joubert, Nelson Mandela était sorti de prison le poing levé. Il devient président sur un pas de danse. Le leader de l’ANC, assuré d’accéder quelques jours plus tard à la présidence de la République d’Afrique du Sud en raison de la large victoire de son parti, apparaît d’ailleurs omniprésent dans le sujet de France 2 : outre la séquence d’ouverture, le reportage propose un extrait de son discours de victoire. Plusieurs photographies de l’ancien prisonnier de Robben Island sont également brandies par des supporters en liesse.

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