vidéo -  Shoah

« Shoah » - Extrait 5 - Le processus de la mise à mort à Treblinka

Date de diffusion : 1985
Disponible jusqu'au 26 janv. 2025

Franz Suchomel : le chant de Treblinka. La gare. La rampe. La marche par le « boyau » vers les chambres à gaz - Abraham Bomba : la coupe des cheveux des femmes à l’intérieur de la chambre à gaz.

Niveaux et disciplines

Pour approfondir

Ressources pédagogiques utilisant ce média

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Shoah
Réalisation :
Lanzmann Claude
Production :
@ 1985 -  Les Films Aleph
Page publiée le :
27 janv. 2022
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004433

Description collection

Plan par plan

Le plan par plan est issu du livret pédagogique « Shoah » de Claude Lanzmann. Le cinéma, la mémoire, l’histoire, par Jean-François Forges.

Les indications de pages, correspondantes aux différents plans, renvoient à l'édition de Shoah en « Folio » (1997), le texte de référence se trouvant soit en haut de page (H), soit au milieu de page (M), soit en bas de page (B).

Dans l'indication des mouvements de caméra, le terme de travelling avant ou arrière désigne à la fois les déplacements de la caméra et les zooms optiques (changement de dimension du plan en modifiant la focale de l'objectif sans bouger la caméra).

Il n'a été retenu pour désigner la dimension des plans que les termes, en ordre croissant, de plan d'ensemble, plan moyen, plan rapproché et gros plan.

  • Plan 1, page 153

Plan d’ensemble du car vidéo. Travelling avant. Mouvements de l’antenne sur le toit. Une voiture passe devant le car. On entend la voix de Suchomel chanter une chanson de Treblinka sur les commandos qui partent au travail braves et joyeux.

  • Plan 2, page 153B et 154H

Plan moyen dans la voiture, avec les techniciens comme aux plans 3 ou 5 de l’extrait 2. Chant de Suchomel.

  • Plan 3, page 154B

Image vidéo. Gros plan de Suchomel pendant son deuxième chant le pas ferme, regard sur le monde.

  • Plan 4, page 155H

Image cinéma. Plan d’ensemble de la rivière Bug. Brume. Bruit de train. Panoramique à gauche. Pylônes. Le pont ferroviaire, déjà vu à la fin de l’extrait 1, plan 32, apparaît dans le champ. Passage d’un train à vapeur sur le pont et de ses nombreux wagons. Fumée, reflets dans la rivière.

  • Plan 5, page 155H

Plan moyen de trains filmés entre deux voies, un train arrêté à droite, l’autre, à gauche, roulant et s’enfonçant dans l’écran.

  • Plan 6, pages 155M et 155B

Image vidéo. Plan moyen. Lanzmann à gauche en amorce et Suchomel. À la fin du plan, Lanzmann se lève avec le bâton à la main et montre sur la carte : J’aimerais que vous décriviez très précisément.

  • Plan 7, page 156H

Plan d’ensemble d’un train à Malkinia, roulant vers la droite. Panneau indicateur du nom de la gare. Enfant avec cartable dans le dos, marchant sur le quai.

  • Plan 8, page 156H

Plan d’ensemble. Gare et train. Travelling avant sur l’écriteau « Treblinka » qui apparaît peu à peu à travers les branchages des arbres.

  • Plan 9, page 156M

Plan général du village de Treblinka. Troupeau d’oies. Panoramique sur la gauche : maisons, baraques, voies ferrées, wagons, gare. Cris des oies et cris d’autres oiseaux.

  • Plan 10, pages 156M et 156B

Plan d’ensemble de la rampe de Treblinka. Travelling avant puis panoramique à gauche vers le monument commémoratif, sur la colline. Suchomel explique : Les autres wagons demeuraient en attente, avec les gens, à la gare de Treblinka.

  • Plan 11, pages 156B, 157 et 158M

Image vidéo. Plan rapproché de la carte de Treblinka que Suchomel montre, avec le bâton. Panoramique sur Suchomel, retour à la carte. On voit bras, main et cigarette de Lanzmann en amorce. Pour encore quatre fois la caméra fait le parcours de Suchomel à la carte où ce dernier montre, avec le bâton, les lieux dont il parle.

  • Plan 12, page 158B

Image cinéma. Plan moyen de l’intérieur du car vidéo avec les deux techniciens : En hiver, il peut faire très froid à Treblinka.

  • Plan 13, page 159

Image vidéo. Plan moyen de Suchomel. Puis panoramique à gauche qui fait entrer Lanzmann dans le champ. Lanzmann a un geste de lassitude en soulevant ses lunettes. Puis, tourné vers la caméra, il évalue la largeur du boyau conduisant à la chambre à gaz par rapport à la pièce dans laquelle il se trouve. Panoramique ensuite sur Suchomel qui, seul dans le champ en plan moyen, montre la carte avec le bâton. Panoramique sur la carte, retour à Suchomel et à nouveau panoramique sur la carte : Ici, ici, ici….

  • Plan 14, page 160H

Image cinéma. Plan d’ensemble de Treblinka. Panoramique à droite, vu de haut (sommet du monument commémoratif : position du plan 9 de l’extrait 2). Reflets du soleil. Suchomel décrit le boyau  : On ne pouvait voir au travers.

  • Plan 15, page 160M

Plan d’ensemble sur Treblinka. Travelling avant en montant vers le monument commémoratif, à la place de la chambre à gaz.

  • Plan 16, page 160M

Image vidéo. Plan rapproché sur la carte. Panoramique à gauche sur Suchomel Lanzmann : Le boyau était appelé le chemin du ciel, non ?.

  • Plan 17, pages 160B et 161M

Plan moyen de Lanzmann et Suchomel. Panoramique à droite vers la carte, retour à Suchomel, panoramique encore vers la carte et panoramique à gauche pour retrouver ensemble Lanzmann et Suchomel dans le champ. De toute façon, c’était la mort dit Lanzmann. Suchomel approuve et boit du café ou du thé dans une tasse.

  • Plan 18, pages 161M, 162, 163H

Plan d’ensemble dans le salon de coiffure. Panoramique à droite : coiffeurs et clients, clients en attente. Il n’y a que des hommes. Pas de femmes, pas d’enfants. Jeux très complexes des miroirs. On voit jusqu’à cinq reflets d’un même personnage. Bomba apparaît filmé dans un miroir, coupant les cheveux d’un homme. Panoramique à droite sur l’image réelle de Bomba. Retour au reflet dans lequel on voit d’autres coiffeurs et des hommes qui attendent. Bomba porte une chemise jaune avec une broderie sur la pochette gauche évoquant une forme étoilée. Travelling avant dans la complexité des images réelles et virtuelles.

  • Plan 19, page 163H

Plan moyen d’un autre coiffeur dans un miroir. Pendant combien de jours avez vous travaillé à l’intérieur de la chambre à gaz ?

  • Plan 20, page 163H

Plan moyen du même coiffeur en image réelle.

  • Plan 21, pages 163M, 164 et 165H

Plan rapproché. Bomba de trois quarts dos. Il se retourne. Images réelles et virtuelles. La scène est rendue encore plus complexe à lire par le fait que plusieurs personnages portent une chemise à carreaux bleue, coiffeurs ou hommes qui attendent.

Nous, les coiffeurs, commencions à couper les cheveux. Travelling arrière jusqu’à un plan d’ensemble ou apparaît l’image virtuelle de Bomba.

  • Plan 22, page 165M

Plan d’ensemble des autres coiffeurs. Reflet de Bomba dans le champ.

  • Plan 23, pages 165M à 169

Plan de 09 minutes 30 secondes.

Plan moyen de Bomba de face, image réelle et virtuelle dans le miroir. Le client coiffé par Bomba tourne le dos au miroir. On voit, au fond du salon, dont les rideaux sont tirés, un homme qui entre.

Et ensuite, on fermait les portes ? Travelling avant sur Bomba en image réelle, plan rapproché. Panoramique sur le reflet de profil de Bomba dans le miroir, retour sur le visage de Bomba de face. Nouveau travelling avant sur le visage de Bomba : Gros plan.

Un de mes amis, il était là avec moi… : travelling arrière : cinq personnages entrent dans le champ avec Bomba.

Continuez, Abe, vous le devez travelling avant plaçant à nouveau le visage de Bomba en gros plan, isolé des autres personnages. Il s’essuie le visage, se tourne à gauche, puis à droite, tourne le dos, se tourne encore, s’essuie les yeux, la bouche. Il s’écarte un peu à gauche. Panoramique de la caméra, à gauche. Puis Bomba revient à sa première place. Il parle enfin, en anglais, puis en yiddish et à nouveau en anglais. Bon, Continuez. Il s’essuie encore le visage, reprend la coupe de cheveux. Gros plan de Bomba de profil, de face, puis à nouveau de profil.

Résumé des séquences

1 [16.13]  Franz Suchomel

Le chant de Treblinka. La gare. La rampe. La marche par le «boyau» vers les chambres à gaz.

Suchomel chante à deux reprises le chant de Treblinka. Il explique avec précision l’arrivée des trains à la gare de Treblinka, le rôle des commandos bleus, des commandos rouges, des gardes ukrainiens et lettons. Comment était-il possible de gazer 18000 personnes en un jour ? Les   hommes étaient   tués les premiers. Les femmes attendaient, nues, par des froids de moins 10 degrés, moins 20 degrés. La description du « boyau ». Treblinka n'était pas grand, cinq cents mètres dans sa plus grande extension. La chambre à gaz était sur une colline. On battait les hommes. On ne battait pas les femmes.  « Pourquoi tant d’humanité ? » demande Lanzmann ? « A l’entrée des chambres à gaz, oui, c’est sûr», on les battait.

2 [18.11]  Abraham Bomba

La coupe des cheveux des femmes à l’intérieur de la chambre à gaz.

Bomba était à Treblinka depuis un mois quand, un matin, vers 10 heures, il est choisi avec d'autres coiffeurs pour être conduit à la chambre à gaz par un chemin camouflé de palissades, de barbelés, des branchages : « le chemin du ciel ». Pendant une dizaine de jours, il a dû couper les cheveux des femmes, avant que la coupe n'ait lieu dans la baraque de déshabillage elle-même. il est dans la chambre à gaz où on a installé des bancs. Soudain arrivent les femmes nues et les enfants.Bomba montre comment il devait couper les cheveux.  Lanzmann lui demande à deux reprises ce qu'il a ressenti quand il a vu arriver les femmes et les enfants pour la première fois. C’était très dur de ressentir quoi que ce soit [...]. Vos sentiments disparaissaient, vous étiez morts aux sentiments, mort à tout. Un jour arrivent des femmes de sa ville, Czestochowa. Quelques-unes étaient des amies proches : Abe, que fais-tu ici ? Que va-t-on nous faire ? Que pouvions-nous dire ? Puis Bomba ne peut plus parler quand il évoque l’arrivée de la femme et de la sœur d’un de ses amis, coiffeur avec lui, dans la chambre à gaz. Continuez Abe. Vous le devez. Il le faut. [...] Je sais que c’est très dur, je le sais, pardonnez-moi. Bomba se résout enfin à  décrire l’attitude de son ami.  Il faisait pour les deux femmes le maximum, rester avec elles, une seconde, une minute de plus, les étreignant, les embrassant. Car il savait qu’il ne les reverrait jamais.

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