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Les relations économiques entre la France et l’Afrique du Sud de l’apartheid

Date de diffusion : 08 avr. 1983

Dans les années 1980, les relations économiques entre la France et l’Afrique du Sud demeurent importantes (notamment dans le domaine du nucléaire). Si Paris applique l’embargo sur les armes décrété par l’ONU, l’Afrique du Sud parvient à le contourner.

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Type de ressource :
Forme :
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Page publiée le :
23 juin 2022
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004604

Contexte historique

Par Nicolas LepoutreProfesseur agrégé d'Histoire au lycée Guy de Maupassant de Colombes )

Dans les années 1970, la position internationale de l’Afrique du Sud se dégrade fortement. L’Organisation des Nations Unies (ONU) condamne ainsi de plus en plus clairement le régime d’apartheid (convention sur la suppression et la punition du crime d’apartheid de 1973, résolutions 392 du 19 juin 1976 et 417 du 31 octobre 1977). Après le massacre de jeunes écoliers à Soweto en juin 1976, dont les images font le tour du monde, le Conseil de Sécurité des Nations Unies adopte à l’unanimité le 4 novembre 1977 sa résolution 418 qui impose à tous les États un embargo total sur la vente d’armes à l’Afrique du Sud (y compris pour les contrats en cours). 

Pour autant, les liens entre la France et l’Afrique du Sud ne sont pas rompus dans cette décennie 1970. Ainsi, même si Paris vote au Conseil de Sécurité l’embargo sur les armes en 1977, la France de Valéry Giscard d’Estaing participe en réalité à contourner les sanctions. Elle maintient également d’importants liens économiques avec le régime de Pretoria : la décision de construire deux réacteurs nucléaires à Koeberg près du Cap en est un symbole (d’autant plus que l’Afrique du Sud est accusée de mener en parallèle un programme nucléaire militaire). L’élection de François Mitterrand en 1981 marque une véritable rupture dans les relations publiques entre la France et l’Afrique du Sud. Même s’il ne remet pas en cause le contrat pour la centrale de Koeberg, Paris dénonce désormais sans ambiguïté le régime d’apartheid. Le président socialiste autorise ainsi l’ANC (le Congrès national africain, le parti clandestin de Nelson Mandela) à ouvrir un bureau à Paris. Deux ans après ce reportage, en 1985, le gouvernement français impose des sanctions économiques (embargo commercial, fin des investissements) et politiques (rappel de l’ambassadeur de France) à l’Afrique du Sud.

Éclairage média

Par Nicolas LepoutreProfesseur agrégé d'Histoire au lycée Guy de Maupassant de Colombes )

Après une référence elliptique au sujet précédent (probablement consacré au boycott sportif de l’Afrique du Sud), ce journal télévisé d’Antenne 2 se penche sur les relations économiques entre la France et l’Afrique du Sud. Le journaliste retrace l’évolution du commerce entre les deux pays en 1981 et 1982 tandis que défilent à l’écran des images du port du Cap, de plusieurs grandes installations industrielles du pays et de la centrale nucléaire de Koeberg (construite par un consortium français). 

Plusieurs indices laissent suggérer que la persistance d’importants liens économiques est déplorée par l’équipe d’Antenne 2. En effet, le présentateur souligne en début d’émission que les grands industriels sont exemptés de la vertu imposée aux sportifs amateurs (c’est-à-dire de boycotter le régime). Par ailleurs, lorsque le journaliste rappelle l’opposition de Paris à l’adoption de sanctions économiques contre Pretoria, ce sont des images d’une plage ségréguée (avec un panneau Whites only) qui passent à l’écran. À ce titre, on peut aussi observer que les dockers du port du Cap, qui apparaissent au début de la vidéo, sont exclusivement noirs.

Cette dénonciation demeure certes relativement mesurée et c’est l’Afrique du Sud qui est considérée comme l’unique responsable du contournement de l’embargo sur les ventes d’armes. La fin de la vidéo, qui reprend des images d’entraînement de l’armée sud-africaine (déploiement de soldats, tirs de chars, bombardements aériens etc.), met en lumière la puissance militaire du pays, que l’embargo n’est pas parvenu à entraver.

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