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Les difficultés de l’Afrique du Sud post-apartheid

Date de diffusion : 19 oct. 1992

Reportage, quatre mois après le massacre de 45 personnes, dans le township (quartier pauvre noir) de Boipatong, lourdement frappé par la misère, les discriminations et la violence en dépit de la fin de l’apartheid.

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
23 juin 2022
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000004605

Contexte historique

Par Nicolas LepoutreProfesseur agrégé d'Histoire au lycée Guy de Maupassant de Colombes )

En dépit de la fin progressive de l’apartheid (libération de Nelson Mandela en 1990, abolition de différentes lois discriminatoires en 1991, approbation par les électeurs blancs des réformes politiques en mars 1992, etc.), d’importantes difficultés persistent. 

En premier lieu, deux grandes factions s’affrontent violemment au sein de la population noire : l’ANC (Congrès national africain, le parti historique de Nelson Mandela) et l’IFP (Inkatha Freedom Party, parti anti-apartheid spécifiquement zoulou). L’un des principaux massacres est précisément celui du 17 juin 1992 à Boipatong, au cours duquel 45 personnes sont tuées par des membres de l’IFP. Le spécialiste Gilles Teulié estime qu’on compte environ 15 000 morts pour raisons politiques entre 1990 et 1994 (contre 20 000 en tout pendant la période de l’apartheid) et qu’on peut parler d’une véritable guerre civile entre l’ANC et l’IFP à cette époque.

Par ailleurs, le pays connaît depuis les années 1980 une nette dégradation de sa situation économique : en raison de la tertiarisation de l’économie, les activités industrielles s’effondrent et le chômage frappe une part croissante de la population. Même si des chiffres fiables sont difficiles à trouver, il semble que le taux de chômage double entre 1980 et 1992 pour atteindre une fourchette comprise entre 20 % (estimation officielle) et 30 % (estimation de la Banque Mondiale). L’insuffisance de l’éducation des enfants noirs, en partie responsable de leurs difficultés à accéder une fois adultes à des emplois qualifiés, est également soulignée dans le reportage. L’école est en effet un sujet majeur de conflit pendant l’apartheid : l’appel au boycott massif des écoles sud-africaines noires et métisses de 1980 est ainsi massivement suivi.

Enfin, si les lois les plus emblématiques de l’apartheid ont été abolies en 1991 (notamment sur les questions foncières), les discriminations persistent, notamment sur les lieux de travail.

Éclairage média

Par Nicolas LepoutreProfesseur agrégé d'Histoire au lycée Guy de Maupassant de Colombes )

Ce reportage de France 3 se déroule dans le township de Boipatong, frappé quatre mois plus tôt par un important massacre. Il se compose d’entretiens avec deux habitants du quartier, lesquels exposent leurs difficultés au quotidien (les difficultés économiques et le chômage, le racisme auxquels les noirs sont confrontés dans les entreprises) et dont on peut apercevoir les conditions de vie, et d’une interview d’un responsable local de l’ANC qui s’inquiète de la situation de Boipatong.

La vidéo, notamment par le biais des commentaires des journalistes, entend mettre en lumière le manque d’impact des réformes politiques engagées par le régime depuis 1990 sur la vie quotidienne des habitants. L’utilisation de l’expression fin de l’apartheid légal sous-entend bien que les discriminations persistent et que les conditions de vie des noirs de Boipatong ne se sont guère améliorées. Sans montrer d’images de violence, la volatilité de la situation est soulignée à plusieurs reprises (mention du massacre quatre mois auparavant dans le township et d’affrontements ailleurs en Afrique du Sud le week-end précédant, existence d’un couvre-feu informel à 18 heures). C’est la situation économique qui est explicitement rendue responsable de la violence (tension […] entretenue par la misère, 1/3 de peur, 2/3 de misère), plus que d’éventuelles questions politiques : les causes de l’affrontement entre l’ANC et l’IFP ne sont par exemple pas mentionnées (aucun membre de l’IFP n’étant d’ailleurs interrogé).

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