Dessins et lettres d'écoliers, adressés à Pétain et exposés à Paris

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 13 févr. 1942

En 1942, des officiels français visitent au musée Galliera une exposition des dessins réalisés par des écoliers et de lettres écrites au maréchal Pétain. Lors d’une entrevue à Vichy, une petite fille lui remet sa lettre. Le reportage se termine par une visite du maréchal au centre de triage du courrier qui lui est adressé à l’Auberge française de la jeunesse de Bellerive-sur-Allier, près de Vichy.

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités mondiales
Page publiée le :
25 nov. 2022
Modifiée le :
07 janv. 2023
Référence :
00000005010

Contexte historique

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Parce qu’elle porte, aux yeux du régime, une part de responsabilité dans la défaite de 1940 – pour n’avoir pas su former une jeunesse apte à défendre son pays –, l’école fait l’objet de toutes les attentions du maréchal Pétain, qui s’intéresse depuis longtemps à ce sujet.

Nommé ministre de la Guerre en 1934, il aurait en fait souhaité le portefeuille de l’Éducation nationale. Dès la rentrée 1940, elle fait l’objet de réformes, dans le sens d'une mise en œuvre des principes du régime à l'école et d'un renforcement du caractère élitaire du secondaire. Mais si leur application peut prendre du temps (impression de nouveaux manuels en raison des changements de programmes, formation des enseignants), le culte de la personnalité du chef de l’État est d’emblée mis en place. La jeunesse est donc mobilisée au service de l’idéologie du régime.

Le portrait de Pétain est ainsi affiché sur les murs de la classe, comme ses messages à la jeunesse. Des concours scolaires, faciles à mettre en œuvre, sont créés. Les écoliers sont plusieurs fois sollicités entre 1940 et 1942 pour réaliser des dessins, rédiger des lettres ou des témoignages de reconnaissance à l’égard du chef de l’État. Les instructions ministérielles insistent d’ailleurs sur les bienfaits du travail manuel, comme le dessin. Le reportage date de 1942 : la première édition de ce concours a eu lieu à Noël 1940. Dans son message aux écoliers de France en 1941, le maréchal Pétain dit avoir reçu plus de deux millions de dessins.

Ces initiatives – lettres, dessins –  servent un double objectif, d’enracinement du culte de la personnalité du maréchal Pétain auprès des élèves et de matériau pour la propagande du régime. Cette implication des enfants permet à Philippe Pétain d’afficher une image paternelle à leur égard. Elle est aussi capitale dans sa stratégie de communication, comme en atteste l’ampleur des moyens mobilisés et les fréquents reportages réalisés.

Bibliographie

FONTAINE Juliette, « Réformer l’École sous Vichy. Changements et permanences de l’institution scolaire dans la France occupée (1940-1944) », Éducation et sociétés, 2015/2 (n° 36)

HANDOURTZEL Rémy, Vichy et l’école, Noësis, 2012

Éclairage média

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

La mise en scène de l’événement souligne les objectifs du régime et son caractère conservateur dès le premier plan : jeunes gens (peut-être membres des chantiers de la jeunesse) en plongée, rangés en haie d’honneur dans une attitude presque militaire pour l’arrivée de M. Lamirand.

À ce premier plan large succèdent d’autres plans, plus resserrés, sur certaines personnalités, puis sur les dessins. Le choix renvoie aux priorités du régime et d’abord à sa devise Travail, Famille, Patrie comme le dessin indiquant La Famille relèvera la France. Les suivants renvoient à des thèmes chers à l’État français : reconnaissance de la nation à l’égard du maréchal, conservatisme et amour de la patrie (représentation de lieux emblématiques comme l’arc de Triomphe ou images d’Épinal de la France rurale et « éternelle », qui rappellent par ailleurs les programmes scolaires, notamment de géographie). Le plan suivant montre le chef de l’État lisant des lettres dont sont filmés des exemples : à la posture très « étatique » succède celle du « grand-père », proche des enfants – les deux aspects de la personnalité du maréchal mis en avant par la propagande du régime.

Le reportage se clôt par une visite au centre de triage de Belleville, près de Vichy : le champ de la caméra s’ouvre, montrant la foule qui entoure le maréchal. Le plan en plongée sur la table et le tri soulignent la quantité de courriers reçus. Dans toute cette deuxième partie du reportage, l’image du maréchal est très présente : toujours occupé et/ou au contact des Français, il apparaît comme un chef de l’État en action, proche du peuple. Le commentaire et la musique soulignent le propos : au discours enthousiaste, volontiers emphatique du commentateur s’ajoute la musique rappelant celle d’une fête populaire, qui agit en contrepoint du sérieux et de l’ordre que renvoient certaines images. Le contenu comme le montage contribuent donc à mettre en relief cette double casquette de chef de l’État et de figure paternelle.

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