Journée de l'enseignement primaire : le maréchal Pétain parle aux instituteurs

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 11 sept. 1942

Pour la journée de l’enseignement primaire de 1942, le maréchal Pétain visite une exposition départementale de travaux d’écoliers à Vichy. Il s’adresse ensuite à des instituteurs venus de toute la France et déclare vouloir leur rendre leur dignité afin qu’ils puissent se consacrer à leur tâche d’instruire et d'éduquer la jeunesse. 

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
France Actualités
Page publiée le :
25 nov. 2022
Modifiée le :
07 janv. 2023
Référence :
00000005012

Contexte historique

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Aux yeux du maréchal Pétain, l’école a failli dans sa mission de formation de la jeunesse et porte une part de responsabilité dans la défaite. C’est donc d’elle que doit venir le redressement national voulu par le chef de l’État.

La politique de « Révolution nationale » y est mise en œuvre dès la rentrée scolaire 1940. Elle est par ailleurs un levier essentiel pour contrôler la jeunesse. Ce caractère stratégique de l’institution scolaire est souligné par l’organisation d’une journée de l’enseignement primaire, dans laquelle s’impliquent le maréchal et le gouvernement.

Au primaire, les programmes sont changés. On développe par ailleurs le travail manuel et, notamment, le dessin. Cette évolution sert également la mise en œuvre du culte de la personnalité du maréchal : les élèves sont encouragés à envoyer des dessins, mais aussi à écrire au maréchal. Les premiers font l’objet, en 1942, d’une exposition scolaire. Ces expositions sont l’occasion de souligner le succès de ces initiatives et la popularité du maréchal.

Les instituteurs font l’objet de toutes les attentions du régime. Pour Vichy, parce qu’ils n’ont pas su inculquer à leurs élèves le sens du devoir et l’amour de la patrie, parce qu’ils étaient pacifistes et trop politisés, les maîtres de l’école de la IIIe République ont failli. En 1940, le corps enseignant a été épuré de ses membres syndicalistes ou sympathisants de gauche, francs-maçons (décret du 13 août 1940) et juifs (statut du 3 octobre 1940 et du 2 juin 1941). Le maréchal Pétain s’adresse régulièrement aux enseignants pour leur fixer des objectifs. Il compare d’ailleurs le métier d’instituteur à celui de militaire à la rentrée 1942. La rupture entre Vichy et les enseignants est ainsi vite consommée. À partir de 1942, et malgré une surveillance qui reste étroite, quelques initiatives sont prises pour apaiser les relations : l’instituteur garde en effet un rôle central, notamment dans les communautés villageoises et contribue à « faire l’opinion ».

Éclairage média

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Le reportage, consacré à la journée des instituteurs, s’ouvre par les mots France Fidèle, France éternelle. Il résume la vision de Pétain, dont le visage apparaît de profil, en filigrane : une France ancrée dans ses  traditions. 

On assiste ensuite à une visite du maréchal à une exposition du départementale scolaire : le premier plan sur la grille de l’école rappelle ce contexte. La scène est décrite sur un ton qui se veut objectif, journalistique, puisqu’il s’agit d’un journal d’actualités. Le plan resserré sur le chef de l’État sortant de sa voiture au centre de l’image oriente le regard du spectateur sur lui. Il donne également l’impression d’une foule venue l’accueillir. Le salut militaire de la personne qui l’accueille, elle aussi très visible, rappelle le passé militaire glorieux de Pétain, bien qu’il soit habillé en civil. La caméra le suit ensuite alors qu’il visite l’exposition, signe de l’attention qu’il porte à la jeunesse : les plans resserrés soulignent une nouvelle fois la popularité du maréchal, très entouré, et focalisent l’attention du spectateur sur lui.

Le reportage fait ensuite entendre le discours de Pétain : la voix du commentaire s’efface et une première image montrant le chef de l’État souligne cette transition. Des plans larges sur la foule venue assister au discours dans une cour d’école pavoisée aux couleurs nationales, puis des gros plans sur des visages attentifs visent ensuite à souligner la popularité du chef de l’État auprès des instituteurs et institutrices. Pétain insiste sur la volonté de donner à leur métier la valeur et l’honneur qui lui est dû. Il rappelle ensuite leur rôle, notamment dans les espace ruraux : s’enchaînent alors des images d’Épinal des campagnes de France telle qu’idéalisée par le régime.

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