Concours de la plus belle lettre à un travailleur français envoyé en Allemagne

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 19 nov. 1943

Un concours de la plus belle lettre pour les travailleurs en Allemagne est organisé en 1943 alors que de nombreux Français sont réquisitionnés pour le Service du travail obligatoire (STO). Abel Bonnard, ministre de l’Instruction publique (gouvernement Laval), présente les objectifs du concours. Dans une école, un maître interroge ses élèves sur ce qu’ils aimeraient écrire dans leurs lettres.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
France Actualités
Page publiée le :
25 nov. 2022
Modifiée le :
08 janv. 2023
Référence :
00000005013

Contexte historique

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

La collaboration avec l’Allemagne, mise en place dès octobre 1940, possède une importante dimension économique. Dès le 4 septembre 1942, la loi sur l’orientation de la main d’œuvre prévoit l’envoi forcé de travailleurs en Allemagne (hommes de 21 ans à 35 ans), actant l’échec de la Relève créée le 22 juin 1942 et basée sur le volontariat. Un pas supplémentaire est franchi avec la mise en œuvre du Service du travail obligatoire (STO) le 16 février 1943, qui contraint tous les jeunes Français à aller travailler en Allemagne. Cette mesure est un choc pour la population française et contribue largement à la désaffection à l’égard du régime.

D’autres événements contribuent à cette radicalisation de l’opinion, notamment le retour de Pierre Laval au pouvoir comme chef de gouvernement en avril 1942. Abel Bonnard est son ministre de l’Instruction publique (il le reste jusqu’en août 1944). Partisan actif de la collaboration, sa nomination a été imposée par les Allemands. C’est lui qui contraint les étudiants à participer au STO. Des actions de propagande s’emploient donc à souligner le caractère bénéfique de la mesure. Cette propagande se déploie bien sûr à l’école. Celle-ci joue un rôle central dans le projet politique du régime de Vichy, parce qu’elle a pour tâche de former la jeunesse, qui doit contribuer au redressement du pays. Elle est donc une cible privilégiée de la propagande. Elle la sert également en participant à des initiatives qui sont ensuite valorisées dans la presse, à la radio et dans les actualités filmées, comme l’écriture de lettres au maréchal, aux prisonniers, aux travailleurs en Allemagne.

Les lettres à ces derniers tendent à montrer que les jeunes « requis » sont heureux de faire leur devoir et sont bien traités en Allemagne. En réalité, beaucoup de jeunes cherchent à échapper au STO. Certains de ces « réfractaires » rejoignent la Résistance.

Éclairage média

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Ce reportage est consacré au concours de la plus belle lettre organisé par le secrétariat d’État à l’information et par l’Association nationale des travailleurs en Allemagne. Les mots qui ouvrent le reportage Imagination et application – sont illustrés par les premières images : un plan large sur des écoliers appliqués, puis un plan resserré sur l’un d’entre eux et la lettre qu’il écrit.

Ces premières images rappellent qu’il s’agit d’un concours scolaire épistolaire. Abel Bonnard, ministre de l’Instruction publique, apparaît à l’écran pour en expliquer le principe. Celui-ci est ouvert à tous « ceux qui ont un parent qui est parti » : alors que le STO n’est pas du tout populaire, la dimension de contrainte n’apparaît bien sûr pas dans les paroles du ministre, qui ne minore pourtant pas la tristesse que peut représenter cette absence pour les enfants. Il s’agit pour eux de montrer leur amour : on retrouve dans l’extrait du discours choisi le rôle central de la famille dans la Révolution nationale, alors que le « travail » avait été illustré précédemment par « l’application » des écoliers.

L’instituteur filmé insiste sur le nécessaire soutien moral qui doit transparaître dans les lettres : les plans larges sur les élèves, qui ont pour beaucoup la main levée, visent à souligner leur enthousiasme pour l’initiative et donc la popularité des mesures prises. Les interventions filmées illustrent les objectifs que le maréchal Pétain leur fixe dans les messages qu’il leur adresse.

Cette mise en scène vise à montrer que l’école se déroule normalement alors que, comme partout en France, tout manque. La musique d’ouverture et de fermeture, enlevée, donne une légèreté au reportage qui porte pour les Français sur un sujet grave. Ce reportage s’inscrit donc, par l’image et par le son, dans la propagande du régime.

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