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Hommage à cinq résistants, élèves du lycée Buffon à Paris, fusillés en 1943

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 06 févr. 2003

Des élèves du lycée Buffon lisent des lettres que cinq lycéens, résistants, ont rédigées à la veille de leur exécution par les Allemands, en 1943. Un documentaire est projeté pour commémorer les soixante ans de l’événement, commenté par des élèves. Régine Chanot, qui a rencontré deux de ces lycéens en 1940, lors d'une manifestation contre les Allemands, témoigne. Des lycéens réfléchissent sur le sens de cet engagement.

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
25 nov. 2022
Modifiée le :
07 janv. 2023
Référence :
00000005015

Contexte historique

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Dès la rentrée d’octobre 1940, les établissements scolaires sont le lieu d’actes d’opposition à la situation créée par l’armistice. Comme pour la Résistance dans son ensemble, ces refus sont plus précoces et plus marqués en zone occupée. La présence de l’ennemi y est plus concrète, jusque dans certains établissements scolaires réquisitionnés par l’occupant. Des gestes d’opposition (graffitis, tracts) se développent dès la première rentrée scolaire. Le lycée Buffon est un des établissements où ces actes sont les plus nombreux. Des élèves participent à la manifestation du 11 novembre 1940 sur les Champs-Élysées. L’engagement des enseignants  est également précoce : le professeur Raymond Burgard participe à la création du mouvement Valmy dès septembre 1940.

À partir de 1941, des organisations plus structurées succèdent à ces initiatives spontanées. Certains groupes, comme les Volontaires de la Liberté, se développent avec le concours de lycéens. Les grands mouvements se dotent par ailleurs progressivement de sections de jeunesse. De nombreux jeunes rejoignent les Jeunesses communistes et les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), précurseurs de cette évolution. C’est le cas de cinq élèves du lycée Buffon : Jean Arthus, Jacques Baudry, Pierre Benoît, Pierre Grelot et Lucien Legros. Ceux-ci commencent par fabriquer des tracts, avant de s’engager dans les FTP et la lutte armée. Ils sont également à l’origine de la manifestation qui se tient en avril 1942, suite à l’arrestation de Raymond Burgard. Dénoncés et arrêtés en juin 1942 par les policiers des Brigades spéciales de Vichy, ils sont condamnés à mort et fusillés le 8 février 1943.

Dès 1952, une urne contenant les cendres des « martyrs » du lycée Buffon est déposée dans la crypte de la Sorbonne, à Paris (sauf Jacques Baudry, inhumé dans la sépulture familiale). Ce choix témoigne d’une double-volonté : héroïsation de la Résistance, dans le cadre du contexte mémoriel de l’après- guerre ; reconnaissance du rôle de la jeunesse.

Bibliographie

ALBERTELLI Sébastien, BLANC Julien, DOUZOU Laurent, La lutte clandestine en France, Paris, Seuil, 2019.

VIRIEUX Daniel, « Forces Unies de la jeunesse patriotique », MARCOT François (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, pp. 186-7

Éclairage média

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Le reportage s’ouvre sur le visage de deux lycéens lisant des derniers mots de leurs prédécesseurs arrêtés et dont les portraits s’affichent en alternance (Lucien Legros, Jacques Baudry). Après s’être effacé pour laisser entendre leurs voix, le commentateur rappelle leur histoire, alors qu’apparaissent Pierre Benoît, Pierre Grelot, Jean Arthus. Montrer les visages permet d’incarner ce qui est raconté et d’insister sur leur jeunesse. Celle-ci, et leur engagement, semblent avoir marqué les élèves interrogés. Le journaliste souligne ainsi l’exemplarité des cinq « martyrs ». Le montage instaure également un lien entre les époques, soulignant d’emblée l’importance de la mémoire, illustrée par ailleurs par le travail mené à Buffon à l’occassion des 60 ans de l'arrestation des lycéens.

Régine Chanot, qui les a connus lors de la manifestation du 11 novembre 1940, est ensuite interrogée. L’importance de la parole du témoin est ainsi soulignée. Le champ de la caméra s’ouvre pour montrer l’arc de triomphe, lieu de la manifestation, puis le café où eut lieu la rencontre, car la mémoire s’incarne aussi dans des lieux. Le moment choisi dans l’entretien permet de rappeler l’existence d’une France qui a dit non, notamment la jeunesse, alors que le contexte mémoriel favorisait, depuis les années 1970, l’image d’une population passive et accomodante.

Le film se poursuit par une alternance d’images du lycée aujourd’hui et du pays pendant la guerre, permettant de rappeler la réalité de l’Occupation et d’autres actes de refus. Elles servent de transition : deux élèves de Buffon s’interrogent ensuite sur l’engagement, avant un court extrait de la lettre d’adieu de Jacques Baudry.

Le reportage révèle la ligne de crête entre le « devoir de mémoire », qui domine jusqu’aux années 2000 et le « travail de mémoire ». Sa construction fait ressortir la nécessité du souvenir et l’émotion (lecture des dernières lettres, gros plans sur des visages émus). Dans le même temps, il montre qu’un travail réflexif est mené.

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