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Obéir à son goût profond, le credo artistique de Francis Ponge

Institut national de l’audiovisuel

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 09 sept. 1971

Dans un entretien accordé en 1971 pour l’émission Archives du XXe siècle, Francis Ponge explique qu’il combat la facilité pour répondre à son goût profond : la considération des choses dans tous leurs aspects.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Réalisation :
Mignot Pierre
Générique :
Marchand Jean Jose (Producteur)
Date de diffusion du média :
09 sept. 1971
Production :
@ 1971 -  Institut national de l'audiovisuel
Page publiée le :
06 févr. 2024
Modifiée le :
06 févr. 2024
Référence :
00000005884

Contexte historique

Par Jean-Clément Martin BorellaJournaliste histoire et culture )

En 1919, à 20 ans, c’est d’abord dans un hôpital proche de Saint-Firmin (aujourd'hui Vineuil-Saint-Firmin, dans l'Oise), puis dans la villa du poète et dramaturge Henry Bataille, près de Chantilly, que Francis Ponge se remet de la diphtérie (une année seulement après avoir contracté la grippe espagnole). Il y écrit les premiers textes en rapport avec ce qui sera bientôt son grand credo poétique : donner la parole aux choses muettes à travers une refonte du langage. Dans Promenade dans nos serres (1919), il lance son cri d’art. Le leitmotiv de sa création sera d’aller au secours de l’homme qui n’a plus le courage ni la science de l’expression directe par les mouvements. Jusqu’à sa mort, il conservera ce goût pour la qualification précise des choses qui nous entourent. La poésie lui importe peu et, à bien des égards, lui déplaît même, imprégnée qu’elle est souvent de lyrisme et de sentiments trop humains. Ennemi de la facilité, de l’écriture instinctive, Francis Ponge s’érigera contre la tradition en s’attardant sur les choses qui n’intéressent personne et en retravaillant la langue, jusqu’à la réinventer par des néologismes. Sans remords, puisqu’elle n’est pas de son goût, lui qui crée pour le laisser.

Éclairage média

Par Jean-Clément Martin BorellaJournaliste histoire et culture )

Dans le jardin de sa propriété de Bar-sur-Loup, en Provence, c’est un Francis Ponge détendu, chemise à moitié ouverte et cigare en bouche, qui participe, au début du mois de septembre 1971, au tournage d’un numéro d’Archives du XXe siècle. Ce programme, créé par Jean-José Marchand et diffusé depuis 1968, peut être assimilé à une adaptation télévisée de l’émission Radioscopie, diffusée sur France Inter. Il s’agit de mener un entretien avec les grandes personnalités du siècle, d’immortaliser leurs traits et leur parole, de profiter de la technique pour constituer un trésor d’archives – ce que le XIXe siècle n’avait pas pu faire. Très peu diffusés, ces tournages servent davantage à des chercheurs qu’au grand public. Restés à l’état de rushes, ils sont conservés aux Archives françaises du film.

Interrogé par Pierre Mignot, Francis Ponge, 72 ans, se livre, en trois épisodes de 45 minutes, sur tous les aspects de sa vie et de sa création. Dans cet extrait, Pierre Mignot veut percer le mystère de cette idée si originale que le poète a eue de donner une existence littéraire aux choses. D’où vient cette obsession ? La télévision exige une parole claire. Or, il est difficile pour Francis Ponge de justifier son goût profond, si ce n’est en évoquant le hasard, ou le dégoût du reste. Son art existe parce qu’il a la conviction intime et inexplicable de devoir proposer artistiquement quelque chose qui lui correspond tout à fait. En l’écoutant, on comprend que la voix intérieure de l’artiste original ne se pose pas la question du pourquoi, ayant assez à faire avec le comment.

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