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Francis Ponge et le contexte de 1917

Institut national de l’audiovisuel

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 09 sept. 1971 | Date d'évènement : 1917

Patriote français et partisan de la révolution bolchevique ? Francis Ponge explique, dans cette interview du 9 septembre 1971, qu’il a cru la conciliation possible, selon l’exemple des Jacobins sous la Révolution française.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Réalisation :
Mignot Pierre
Générique :
Marchand Jean Jose (Producteur)
Date de l'évènement :
1917
Date de diffusion du média :
09 sept. 1971
Production :
@ 1971 -  Institut national de l'audiovisuel
Page publiée le :
06 févr. 2024
Modifiée le :
06 févr. 2024
Référence :
00000005885

Contexte historique

Par Jean-Clément Martin BorellaJournaliste histoire et culture )

En 1917, alors que l’Europe se déchire depuis trois ans, un grand événement se produit aux confins est du Vieux Continent. Le régime tsariste de Russie, engagé dans la guerre aux côtés de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Italie, s’effondre de l’intérieur. Une révolution socialiste bourgeoise renverse d’abord, en février, la dynastie des Romanov, au pouvoir depuis trois siècles. Puis, en octobre, les bolcheviks de Lénine, soit la fraction la plus radicale du parti ouvrier, démettent par la force le gouvernement en place. Ces marxistes durs veulent entraîner tous les ouvriers d’Europe dans leur projet révolutionnaire : abolir le capitalisme et donner le pouvoir au prolétariat. À l’Ouest, tous les regards sont tournés vers Moscou. Les démocraties libérales s’inquiètent. Pacifistes, les bolcheviks signent avec l’Empire allemand, à Brest-Litovsk, l’armistice le plus dur de l’histoire russe, en ce qui concerne la perte de territoires. Les forces de Guillaume II engagés à l’Est peuvent donc se tourner vers le front ouest, celui de la France.

À Paris, la ligne patriote de Clemenceau, qui prône la guerre totale, emporte l’adhésion populaire. Lénine, qui avait justement vu la guerre comme un cadeau fait à la révolution russe, échoue donc dans la deuxième étape de son projet, celle de la fraternisation entre armées ennemies. À l’image de Francis Ponge, bien des jeunes hommes révoltés suivent avec intérêt cette lueur nouvelle venue de l’Est. Mais, patriotes, ils n’en demeurent pas moins de grands défenseurs de la cause nationale. Dans les faits, ils agissent donc pour la défense des intérêts de leur pays engagé dans la guerre et contre la propagation universelle de la cause marxiste.

Éclairage média

Par Jean-Clément Martin BorellaJournaliste histoire et culture )

Les documentaires de la série Archives du XXe siècle produits par Jean-José Marchand sont construits sous forme de rushes, dont l’empilement forme la trame narrative. Surtout, ils constituent des trésors audiovisuels, moins faits pour être diffusés dans leur intégralité que pour proposer différentes portes d’entrée dans l’œuvre d’un artiste. Entre 1969 et 1974, Francis Ponge s’est prêté à l’exercice et c’est un extrait en date du 9 septembre 1971 qui est ici proposé.

Peu à l’aise avec les valeurs bourgeoises, Francis Ponge est, en 1917, un révolté dans l’âme. Alors quand les bolcheviks s’emparent du pouvoir en Russie, il rêve de la propagation de leurs valeurs de fraternité. Pour autant, il est un fervent patriote français et c’est dans l’espoir de démêler cette posture d’apparence paradoxale que Jean José Marchand l’interroge. Serein, le poète évoque le jacobinisme, qui, pendant la Révolution française, unissait un fort patriotisme à la volonté d’un pouvoir politique fondé sur la souveraineté du peuple. Sa position, qualifiée par lui-même de maximaliste – c’est-à-dire en faveur de l’adoption de mesures socialistes rapides – est un trait de son caractère que l’on retrouve dans son rapport à l’art : sa création ne laissera pas de place à la demi-mesure. Le processus créateur de Francis Ponge est plein de cette même rigueur, selon son expression. Il déteste la demi-mesure comme il déteste le travail facile. Avec le temps, il reviendra néanmoins de cette utopie de perfection par deux choix forts : en littérature, par la publication de ses brouillons comme œuvres et, en politique, par son départ du Parti communiste en 1947.

 

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