Dossier thématique

Crise des missiles à Cuba : le monde au bord du gouffre

Par Cyrielle Le Moigne-Tolbaresponsable éditoriale, Lumni Enseignement.
Publication : 26 sept. 2022 | Mis à jour : 09 oct. 2022

Niveaux et disciplines

Deux cents kilomètres. C’est la distance qui sépare Cuba des côtes américaines. Le 15 octobre 1962, c’est la distance qui sépare le monde de la guerre nucléaire. Ce jour-là, le gouvernement des États-Unis détecte, sur des clichés aériens de l’île, plusieurs rampes de missiles nucléaires installées à Cuba. Les services américains n'ont plus aucun doute : l'URSS est en train de livrer des armes atomiques à Fidel Castro. C’est le début de la crise des missiles de Cuba.

Voici quelques ressources pour aborder ce moment paroxystique de la guerre froide en classe de 3e (Thème 2 : Le monde depuis 1945) et au lycée.

J.F. Kennedy menace les soviétiques

Le 22 octobre 1962, le président américain John Fitzgerald Kennedy annonce dans un discours retransmis à la télévision détenir des preuves indubitables de l’existence des rampes. Après avoir annoncé le blocus de l’île, il prévient l’URSS : La politique de notre pays sera de considérer tout lancement de missile nucléaire depuis Cuba contre toute nation de l’hémisphère occidental comme une attaque de l’Union soviétique. Le monde retient son souffle.

Avec beaucoup d’emphase, ce sujet des Actualités françaises du 31 octobre 1962 revient sur la semaine dramatique qu’a connue le monde. Le reportage ménage le suspense. À Cuba, dit le journaliste, la mobilisation générale était déjà entrée en cours : on creusait des tranchées sur les côtes, les postes de DCA guettaient dans le ciel vide l'approche des bombardiers US et l'homme de la rue reprenait l'uniforme. Le récit se termine par la décision de Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire du comité central du Parti communiste de l’Union soviétique, de rappeler les cargos soviétiques en route vers les Antilles. L’heure du drame est passée, conclut le présentateur.

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Comment en est-on arrivé là ?

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’URSS sont deux superpuissances rivales qui dominent deux blocs opposés. Des conflits menacent d’éclater partout dans le monde : c’est la guerre froide. À la tête de l’URSS depuis 1953, Nikita Khrouchtchev est convaincu du succès du communisme. En septembre 1959, lors de sa visite aux États-Unis, il déclare avec confiance : Vos petits-enfants vivront sous le communisme. Quand, en août 1961, il fait construire un mur à Berlin pour empêcher la fuite des habitants de RDA (partie de l’Allemagne sous influence soviétique) vers la RFA (alliée des États-Unis), il ne rencontre aucune résistance de la part du bloc occidental. La voie est libre pour une épreuve de force.

Quand Khrouchtchev se rapproche de Fidel Castro, le dirigeant de l’île de Cuba depuis 1959, Washington réplique en montant une opération militaire secrète. Le 15 avril 1961, J.F. Kennedy organise, dans la baie des Cochons, un débarquement de près de 1 400 exilés cubains hostiles au régime socialiste. L’opération vire au fiasco pour Washington.

Cet épisode de la série documentaire La Grande Explication revient sur l'échec du débarquement de la baie des Cochons. Il décrit aussi comment Moscou a profité de cette déroute pour lancer l'opération secrète « Anadyr », en juin 1962. Près de 50 000 soldats et une trentaine de missiles nucléaires soviétiques sont envoyés sur l’île.

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La tension redescend

L’opération « Anadyr » est finalement découverte et la crise des missiles de Cuba éclate au grand jour avec le discours prononcé par le président Kennedy le 22 octobre 1962. Pris de court, Nikita Khrouchtchev revoit sa position. Nous avons indiqué à nos officiers (…) de prendre des mesures adéquates pour interrompre la construction des objectifs indiqués, les démonter et les ramener en Union soviétique, déclare-t-il le 30 octobre 1962. Toutes les conditions indispensables existent pour que le conflit qui s’est créé soit liquidé, conclut le leader communiste.

Un blocus qui asphyxie toujours Cuba

Pour éviter une nouvelle poussée de tension, Washington et Moscou inaugurent, en janvier 1963, le « téléphone rouge », une ligne directe d'urgence entre les deux superpuissances. Mais le blocus de Cuba, annoncé par J.F. Kennedy, n’est toutefois pas levé. En réalité, cette « quarantaine » n’a fait que renforcer un embargo décidé le 3 février 1962 par le président américain : le commerce et les voyages entre les États-Unis et Cuba sont depuis lors formellement interdits.

Malgré la chute du bloc soviétique, en 1991, le blocus perdure. Le 21 mars 2016, un reportage du « Grand Soir 3 », le journal télévisé de France 3, revenait sur le discours de Raul Castro, prononcé lors de la visite historique du président des États-Unis, Barack Obama, à Cuba. Le leader cubain y insiste sur la nécessité de lever l'embargo sur son île : Le blocus est l’obstacle le plus important à notre développement économique et au bien-être de notre peuple, dit-il. La deuxième partie du sujet rappelle que, chaque année et malgré les périls, des dizaines de milliers de Cubains rejoignent les États-Unis sur des radeaux de fortune.

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