La semaine des barricades

La semaine des barricades

Date de diffusion : 03 févr. 1960 | Date d'évènement : 28 janv. 1960

Galvanisés par la nouvelle du limogeage du colonel Massu, des activistes pieds-noirs descendent dans la rue. Lors d'affrontements armés avec les gendarmes, 20 personnes sont tuées, dont 14 gendarmes, et plus de 200 sont blessées. Pierre Lagaillarde, président des étudiants d'Alger, et Joseph Ortiz, propriétaire du bar du Forum, organisent alors un camp retranché au centre d'Alger.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
28 janv. 1960
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000073

Contexte historique

Par Eve Bonnivard

Le discours du général de Gaulle sur l'autodétermination de septembre 1959 provoque la stupeur à Alger. Les défenseurs de l'Algérie française savaient que la majorité des musulmans choisiraient la sécession et ils n'imaginaient pas pouvoir rester en Algérie, à un contre dix, sans le soutien de la métropole. Pour les chefs militaires, le sentiment de trahison commence à poindre. Des contacts s'engagent entre les "colonels" et les activistes. Massu confie à un ancien parachutiste, journaliste au Süddeutsche Zeitung : "L'armée fera intervenir sa force si la situation le demande. Nous ne comprenons plus la politique du général de Gaulle." Reproduits à son insu, ces propos font scandale : Massu est limogé.

La semaine des barricades qui s'ensuit creuse entre Français d'Algérie et Français de la métropole un fossé dont la trace se lit dans le Bloc-Notes de François Mauriac : "Les Français de la métropole savent-ils que leur destin en ce moment se joue ? Et qu'un cafetier d'Alger (i.e. Ortiz) invite le général de Gaulle à changer la politique de la France ?" [cité par Alain-Gérard Slama, La guerre d'Algérie, Histoire d'une déchirure, Découvertes Gallimard Histoire, 1966].

Éclairage média

Par Eve Bonnivard

Si la musique concourt à la dramatisation des événements, le commentaire cherche, au contraire, à calmer le jeu. Il se veut objectif, s'en tenant au fait, évitant tout jugement de valeur. Ainsi, la fusillade est qualifiée de "drame" dont les émeutiers et les gardes mobiles ont été également victimes. Certes, à l'image, ils n'ont pas droit au même traitement : la caméra s'attarde ainsi sur les obsèques des gendarmes (veuves de soldats pleurant, détachement de troupe saluant). Mais le commentaire contrebalance ce traitement de faveur en précisant que "les six émeutiers ont eu leur sépulture hier". De même, le commentateur se borne à constater que "le fossé s'élargit entre Alger et Paris".

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