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Valéry Giscard d'Estaing en campagne en 1974

Institut national de l’audiovisuel

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 16 avr. 1974

Reportage sur Valéry Giscard d'Estaing, en campagne pour les élections présidentielles de 1974.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000128

Contexte historique

Par Philippe Tétart

Le 8 avril 1974, lorsqu'il annonce sa candidature aux élections présidentielles, Valéry Giscard d'Estaing (quarante-huit ans) a déjà derrière lui une solide carrière politique. Après l'ENA, elle s'ouvre entre en effet dès 1954, lorsqu'il prend ses premières responsabilités au sein de l'appareil d'Etat comme chargé de mission auprès du ministère des Finances. En 1956, lors des législatives, il sollicite pour la première fois et avec succès les suffrages des électeurs, dans le Puy-de-Dôme. En 1959, Antoine Pinay l'appelle auprès de lui au ministère des Finances (gouvernement Debré). Sa carrière prend alors une dimension nationale.

Trois ans plus tard, il participe à la création des Républicains Indépendants - qui entendent incarner un centre droit moderne -, et plus encore, il devient, à trente-six ans seulement, ministre des Finances du gouvernement Pompidou. En 1974, malgré sa jeunesse, il est un des deux principaux candidats de droite avec Jacques Chaban-Delmas. Il place sa candidature sous le signe de la réforme et de l'ouverture dans la continuité. Il affirme vouloir répondre au désir de changement des Français. Candidat des Indépendants, bénéficiant du soutien des centristes de Jean Lecanuet et d'une partie des gaullistes de l'UDR (emmenés par Jacques Chirac, son futur Premier ministre) il obtient 32,6% au premier tour (5 mai), loin devant Jacques Chaban-Delmas. Ce résultat lui permet, au second tour (19 mai), de défier François Mitterrand, candidat de la gauche réunie, arrivé en tête du premier tour avec 43,24%. Il emporte finalement l'élection avec 50,81% des suffrages exprimés.[Jean-François Sirinelli, "Élections présidentielles de 1974", in Dictionnaire historique de la vie politique française, PUF, 1995, p.331-333]

Éclairage média

Par Philippe Tétart

Une semaine après l'annonce de sa candidature, le journal télévisé, dans le cadre d'une série intitulée "Qui sont-ils ?", dresse le portrait du candidat "VGE" à partir d'images d'archives. Les deux situations d'entrée (studio de France Inter et scène de rue) symbolisent le lancement de sa campagne. Dans un deuxième temps, la construction du reportage et les propos de Valéry Giscard d'Estaing donnent le ton d'une campagne qui se veut "la plus libre possible". Le candidat dit vouloir rejeter les "artifices" habituels de la vie politique et, selon une expression bien connue, "regarder la France au fond des yeux".

En contrepoint, le réalisateur choisit comme illustration une série d'archives du quotidien giscardien: match de football, scène de plage. Les Français ont l'habitude de voir "VGE"dans de telles situations, car dès les années 1960, il a cherché à donner de lui une image naturelle, décontractée, intimiste. La suite de la séquence évoque l'homme politique (conférence de presse à Chamalières, perchoir de l'Assemblée), puis revient in fine sur la thématique de la campagne (installation des "bureaux de Bienfaisance" pour la campagne) avant de se terminer sur une interrogation sur la solitude du pouvoir. On ne saurait prêter au réalisateur de ce portrait une approche partisane. L'image qui en ressort sert toutefois le leitmotiv de la communication giscardienne, qui deviendra aussi un outil privilégié de celle du Président en exercice : mettre en avant sa simplicité et sa proximité avec les Français.

Cette image, ici retranscrite, va participer à la supériorité médiatique de "VGE" sur ses concurrents et en particulier sur François Mitterrand, qui se dépare mal d'un style assez rigide. Cette situation permet à certains commentateurs de l'élection de juger, dès mai 1974, que "la raison principale du basculement des élections présidentielles en faveur de M.Giscard d'Estaing a été la supériorité de l'image personnelle de ce candidat sur son adversaire (...)" (Denis Lindon et Pierre Weil, Le Monde, 22 mai 1974).

Bibliographie :

Agnès Chauveau, "L'homme politique et la télévision : l'influence des conseillers en communication", Vingtième Siècle, oct-dec 2003, n°80.

"Valéry Giscard d'Estaing", in Jeanneney Jean-Noël (dir.), L'Écho du Siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Pluriel, 2001 (2e édition), pp. 489-492.

Michel Poniatowski, Conduire le changement, Paris, Fayard, 1975.

Isabelle Veyrat-Masson, "Les campagnes électorales", in Jeanneney Jean-Noël (dir.), L'Écho du Siècle. Dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Pluriel, 2001 (2e édition), pp. 435.

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