Dossier thématique

SPME 2022 : S'informer pour comprendre le monde

Par L'équipe Lumni Enseignement
Publication : 15 févr. 2022 | Mis à jour : 17 sept. 2022

Niveaux et disciplines

S’informer pour comprendre le monde. Tel est le thème, pour la deuxième année consécutive, de la Semaine de la presse et des médias dans l’école. S’informer est, en année électorale plus que jamais, une nécessité pour envisager avec clairvoyance le monde qui nous entoure. 

[Ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports - CLEMI le centre pour l'éducation aux médias et à l'information - Semaine Presse Médias École](https://www.clemi.fr/fr/spme/)
     

Questionner la liberté d'expression

Comment les rédactions choisissent les dessins de presse ?

Dessinateur de presse ? Une profession qui permet, avec une « simple » illustration, d’en dire plus long qu’un article de plusieurs pages ! Le dessinateur Plantu, suivi dans ce reportage à l’occasion de ses trente ans de carrière, nous invite à découvrir comment se pratique son métier au quotidien.

Mais un dessinateur de presse peut-il tout croquer, tout railler ? En 2006, la publication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo provoque l’indignation de nombreux musulmans et conduit, un an plus tard, le directeur de la publication du journal satirique jusqu’au tribunal. 

En 2021, le dessin de Xavier Gorce sur l’inceste (publié dans Le Monde) prouve une nouvelle fois que la société n’est pas prête à rire de tout. À la suite de cet événement, le professeur d’histoire contemporaine Christian Delporte signait, dans La Revue des médias (éditée par l’Ina), un article sur l’histoire mouvementée du dessin de presse.

En France, la liberté d’expression est pourtant un principe fondamental de notre démocratie, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen depuis 1789, et un fondement de notre Constitution depuis 1946. Mais quelles sont les limites à la liberté d’expression ? Que dit précisément le droit ?

La modération des réseaux sociaux, entre prise de conscience et impuissance

Mais que sont devenus, en vingt ans, les réseaux sociaux ? Ces espaces, créés au départ pour se retrouver et échanger, se sont transformés peu à peu en zone de tous les dangers. Dangers pour soi, pour les traces qu’on y laisse de soi, mais dangers aussi pour la société dans son ensemble, notamment pour notre démocratie. 

Internet et moi et moi et moi

Besoin d’exister, d’être aimé, d’être valorisé… Des applications comme Snapchat ou Instagram, élaborées à partir de concepts en neurosciences, jouent de nos faiblesses narcissiques pour nous inciter à poster et à interagir. 

Si poster sur les réseaux sociaux ne paraît pas, a priori, particulièrement dangereux, cela permet cependant aux sociétés d’identifier précisément nos goûts et nos centres d’intérêt. Nos données personnelles deviennent dès lors des données marchandes. En les achetant, les annonceurs sont assurés d’atteindre leurs cibles et… leurs objectifs commerciaux ! 

 

Traces et harcèlement numériques

Nos clics, nos propos, nos photos laissent sur les réseaux sociaux des traces qui nous pistent, nous fichent, nous cataloguent… 

Ces traces peuvent, parfois, être indélébiles. Myriam, par exemple, a cherché – non sans mal – à se débarrasser de son identité virtuelle.

Ces traces peuvent être particulièrement douloureuses. Notamment quand il est question de cyberharcèlement.

Des modérateurs œuvrent pour supprimer posts, commentaires ou vidéos inappropriés. Mathieu Deslandes, journaliste à La Revue des médias, a interrogé Sarah T. Roberts, une chercheuse américaine qui enquêté sur ces travailleurs de l’ombre

Les « fake news »

Au fil du temps, notamment avec le développement des tablettes et des smartphones, les réseaux sociaux se sont imposés comme des portes d’entrée incontournables vers l’information, mais, peu à peu aussi, vers la désinformation. Aujourd’hui, le mot fake news fait partie de notre langage courant.

Selon une étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology) publiée dans la revue Science et détaillée ici par le journaliste Thomas Legrand, les fake news circulent six fois plus vite que les vraies informations. Pourquoi ? Le côté spectaculaire de ce type de contenus et les émotions qu’elles suscitent nous poussent à aller en priorité vers elles. Un clic et les algorithmes nous abreuvent ensuite de contenus semblables.

L’enfermement algorithmique dont parle Thomas Legrand peut nourrir une illusion de connaissance. Nous devenons des « sachants » et les experts ne sont plus reconnus comme tels. Peu à peu, insidieusement, propagande et théorie du complot affaiblissent les fondements de notre démocratie. Gros plan, avec cet épisode de la série Médiatropismes, sur la pernicieuse mécanique des infox et sur les dangers qu’elles font courir à notre société. 

Avons-nous les moyens de lutter contre les fake news ? Le journaliste Antoine Krempf livre des clés pratiques pour les détecter et, ainsi, mieux s’en protéger.

Une séquence pour expérimenter la liberté d’expression et ses limites (1er degré)

Ce parcours pédagogique à destination des élèves de cycle 3 propose des pistes pour approfondir le fonctionnement d’Internet et pour apprendre à mieux l'utiliser.

Comprendre et expérimenter la liberté d’expression (2d degré)

Notre sélection de vidéos et nos deux pistes pédagogiques vous aideront à traiter le sujet de la liberté d’expression avec vos élèves de cycle 4 et du lycée.

Apprendre à distinguer information et communication

Formats télé et interview : analyser la communication politique

Au fil du temps, la communication politique a évolué. Lors de la campagne présidentielle de 1969, par exemple, les personnalités politiques étaient filmées en plan serré, habillées en costume-cravate et lisaient un texte minutieusement préparé. Elles apprenaient sur le tas à se familiariser avec ce nouveau média. Alain Krivine gardera un souvenir absolument glaçant de son intervention.

En 1974, avec René Dumont, candidat écologiste à la présidentielle, le format reste identique, mais l’habillement (col roulé rouge) et le style sont (relativement) plus décontractés. Le langage est plus familier (Mes amis, je viens d’entrer chez vous sans avoir pu frapper à la porte. Alors je crois qu’il est bon de me présenter ; Dire que je suis un candidat "pas sérieux", c’est s’avancer un peu vite.). Les arguments sont présentés avec plus de conviction.

Valéry Giscard d’Estaing saura, quant à lui, utiliser habilement les médias. Lors de la campagne de 1974, il n’hésite pas à aller au contact des journalistes, à se faire séducteur (Si le charme joue, tant mieux !, s'amuse-t-il) et à se mettre en scène, jouant au foot et répondant aux interviews dans les vestiaires torse nu. Il se présente comme un candidat moderne, en rupture avec ses prédécesseurs et son concurrent le plus sérieux : François Mitterrand.

En 2018, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, annonce sa démission en direct à France Inter. Avait-il prévu de le faire ou s’est-il décidé au cours de l’émission ? Personne, en tout cas, n’était au courant de cette annonce.

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