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Le premier conseil des ministres de cohabitation en mars 1986

Date de diffusion : 22 mars 1986

Le premier conseil des ministres de la cohabitation se réunit à l'Elysée dans une ambiance tendue, après une réunion autour de Jacques Chirac à Matignon.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000151

Contexte historique

Par Jean-Claude Lescure

La constitution du premier gouvernement de cohabitation a été laborieuse, malgré des contacts établis de longue date entre les collaborateurs du chef de l'Etat et de Jacques Chirac. Le premier ministre doit d'abord former un cabinet dans lequel les différentes composantes de sa majorité soient satisfaites ; il doit également tenir compte des refus de François Mitterrand pour certaines nominations à des portefeuilles qui relèvent de domaines de compétences partagées (Affaires étrangères et Défense).

De plus, les négociations entre les deux tenants du pouvoir exécutif sont tendues : Jacques Chirac demande au président de s'engager, d'une part, à signer des ordonnances qui permettent de gouverner sans faire voter immédiatement de lois, et d'autre part de convoquer le Parlement en session extraordinaire pour travailler immédiatement. François Mitterrand refuse de signer un texte engageant son action à venir et limitant éventuellement ses prérogatives constitutionnelles. Le président affirme à ses proches que parmi les ministres qui participeront au Conseil chaque mercredi, "une vingtaine (l)e haïssent".

Éclairage média

Par Jean-Claude Lescure

Samedi 22 mars 1986 à 11 heures débute le premier Conseil des ministres de la cohabitation : le sujet diffusé lors du journal télévisé met en scène cet événement. Après un rapide exposé des thèmes par le présentateur Claude Sérillon, le sujet s'ouvre par des images de la table du Conseil des ministres.

François Mitterrand, entouré par Edouard Balladur et André Giraud, est blême, la tension autour de la table est palpable. François Mitterrand n'a rien fait pour la diminuer, contrairement aux usages, il n'a pas salué individuellement chacun des ministres présents, refusant de faire le tour de la table pour serrer les mains. Les journalistes présents sont frappés par l'ambiance tendue entre les participants. Un retour en arrière chronologique succède à ces premières images fortes, pour raconter le déroulement de la matinée, qui débute par une première courte réunion à Matignon, avant de gagner le palais présidentiel. L'arrivée en voiture des membres du gouvernement permet au journaliste de les présenter au spectateur, en mettant des noms sur des visages dont beaucoup n'ont pas encore d'expérience ministérielle. Puis le montage utilise de nouveau les images de la réunion du Conseil dans le salon Murat, en utilisant des plans rapprochés qui mettent en valeur les visages des protagonistes, faisant ainsi ressortir la tension extrême qui règne. La sortie des ministres montre la presse très nombreuse dans la cour du Palais pour guetter les ministres et secrétaires d'Etat.

Contrairement à l'habitude, aucune déclaration n'est faite, chacun garde le silence, comme Jacques Chirac l'a demandé quelques instants plus tôt avant de quitter la salle de réunion. Dans son commentaire, Rachid Arhab signale l'absence de "photo de famille" : la pratique est en effet habituelle de réunir ministres et président sur le perron de l'Elysée lors de la constitution d'un nouveau gouvernement. Mais François Mitterrand l'a fait savoir, il n'y a pas de famille réunie, donc il n'y aura pas de photo de famille. Par son attitude, le président montre à l'opinion que ce gouvernement n'est pas le sien, que la "coexistence institutionnelle" n'est pas une union nationale et que les oppositions politiques entre les hommes et les partis restent fortes.

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