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Soirée électorale pour le second tour de l'élection présidentielle de 1988

Date de diffusion : 08 mai 1988

Parallèlement aux déclarations politiques et aux multiples réactions en France et à l'étranger, la soirée électorale fait une part importante aux sondages d'opinion réalisés par Bull-BVA. Ces sondages ainsi que le résultat du vote sont analysés et commentés par les journalistes et les politologues.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000156

Contexte historique

Par Eve Bonnivard

Le 8 mai 1988, François Mitterrand est réélu président de la République à une large majorité (54,01% des voix contre 45,98%). Cette élection sans grande surprise cache en fait un véritable bouleversement de la sociologie électorale. Si le candidat socialiste a rassemblé presque toute la gauche du premier tour (87% du vote communiste, 80% du vote de l'extrême gauche non communiste), il a bénéficié également des deux tiers du vote écologiste (68%), d'une part non négligeable de l'électorat centriste (14%) et, surtout, frontiste (19%).

Cette élection met en lumière le caractère composite du vote du Front national puisque, parmi les jeunes ouvriers et chômeurs qui avaient voté FN au premier tour, plus de la moitié ont reporté leurs suffrages au second tour sur François Mitterrand. De plus, elle invalide la croyance selon laquelle les voix du FN allaient s'ajouter mécaniquement à celles des autres formations de droite. Bien plus, selon le politologue Jérôme Jaffré, François Mitterrand recule dans les catégories sociales et les régions les plus traditionnellement à gauche et gagne dans les régions de droite. Cette mutation de la sociologie électorale est pour les politologues la traduction d'un vote "légitimiste" en faveur du candidat sortant ou encore d'un vote "régalien" qui explique qu'une France en majorité conservatrice réélise triomphalement un président socialiste.

Toujours est-il qu'au soir du dimanche 8 mai 1988, François Mitterrand est au "faîte de sa gloire", comme l'écrivent Pierre Favier et Michel Martin-Roland [La décennie Mitterrand, tome 3, Le Seuil, 1996]. Après un demi-siècle de combats politiques (que brosse à grand trait Paul Amar à l'antenne), "cet homme pétri d'histoire" se dit qu'il entre dans l'Histoire. Si Dieu lui prête vie, il sera le premier monarque républicain à avoir régné pendant quatorze ans. Le premier homme de gauche à s'inscrire dans la lignée des souverains, les compagnons de sa mémoire qui, avant lui, ont nourri la même ambition : réconcilier les Français et porter la France au plus haut.

Éclairage média

Par Eve Bonnivard

La soirée électorale s'apparente à un spectacle. En guise de décor, le perron de l'Elysée. On y joue l'élection présidentielle, un drame en deux actes, dont les acteurs sont les journalistes, les citoyens et les protagonistes. A 20 heures précises, le visage électronique du vainqueur s'affiche. Le compte à rebours entretient efficacement le suspens. On cherche en vain à deviner le résultat dans le sourire de Bernard Rapp ou dans les commentaires de Paul Amar sur la participation. Les journalistes veillent à ne laisser échapper aucun indice susceptible de mettre le téléspectateur sur la piste.

Cette mise en scène a pour effet d'impliquer émotionnellement le téléspectateur. Celui-ci est suspendu au dénouement, dans une attente anxieuse mêlée d'excitation. Les sondages ont beau avoir donné François Mitterrand favori, le sentiment qui domine dans ces minutes qui précèdent l'affichage des résultats est que tout est encore possible, que se joue là, à vingt heures précises, la destinée de la France dans les sept prochaines années. En insert, les images du QG de campagne du PS, rue Franco-russe, où l'on sabre déjà le champagne, matérialisent la victoire du candidat socialiste.

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