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La dissolution de l'Assemblée nationale en 1997

La dissolution de l'Assemblée nationale en 1997

Date de diffusion : 21 avr. 1997

Le président de la République, Jacques Chirac, vient d'annoncer la dissolution de l'Assemblée nationale ce 21 avril 1997. Soir 3 diffuse trois extraits de son intervention télévisée.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000166

Contexte historique

Par Eve Bonnivard

Le 21 avril 1997, à l'étonnement général, le président de la République annonce la dissolution de l'Assemblée nationale et la tenue d'élections générales les 25 mai et 1er juin suivants. Jacques Chirac ne dispose-t-il pas d'une énorme majorité à l'Assemblée ?

Pour Jean-Jacques Becker, le décalage entre le discrédit dans lequel, en si peu de temps, l'exécutif était tombé et l'impossibilité pour l'opinion de trouver un porte-parole dans la représentation parlementaire, où l'opposition était réduite à une portion extrêmement congrue, avait été probablement aussi une des causes profondes de la crise de 1995. La rue seule permettait de se faire entendre. En outre, poursuit J-J Becker, la contrepartie de la stabilité gouvernementale de la Ve République était qu'en cas de crise, il n'y avait pas de valve de sécurité. De sorte qu'en 1996, après la secousse de 1995, il n'y avait eu aucun changement à la tête du gouvernement.

Pourquoi ne pas attendre les élections législatives, qui devaient avoir lieu en 1998 ? Parce que, comme le soulignait Patrick Jarreau du Monde, l'année 1997 ressemblait à un chemin descendant en pente douce vers la défaite aux élections de 1998. Les prévisions pessimistes d'experts du ministère des Finances pour 1998 aidèrent à convaincre l'Élysée qu'il valait mieux agir sur-le-champ plutôt qu'attendre le désastre annoncé de l'année prochaine. Les élections du 25 mai et du 1er juin 1997 sont remportées par la gauche. La droite triomphante de 1993 est réduite en 1997 à un champ de ruines, selon l'expression de René Rémond.[Crises et alternances, 1974-2000, Jean-Jacques Becker, Nouvelle histoire de la France contemporaine Vol 19, Le Seuil 2002]

Éclairage média

Par Eve Bonnivard

Dans son intervention télévisée, qualifiée par les commentateurs de laborieuse, Jacques Chirac explique qu'il a besoin d'une majorité ressourcée et disposant du temps nécessaire à l'action. Le lendemain, la presse s'interroge sur la nécessité d'une telle dissolution. Seules de grandes raisons nationales peuvent justifier une dissolution, mais où trouver les raisons quand on dispose d'une majorité aussi forte et qu'on entend poursuivre la même politique, avec le même Premier ministre ?

Dans Le Monde, même la fille du président, Claude Chirac, s'interroge : Reste à savoir pourquoi les Français vont voter le 25 mai. Le directeur du Monde, Jean-Marie Colombani, dénonce le bon plaisir du président et souligne que c'est la première fois qu'un chef de l'État use de cette prérogative, sans motif autre que son intérêt du moment.

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