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La naissance de SOS Racisme

Date de diffusion : 12 janv. 1985

Reportage dans un bureau de SOS Racisme où se tient une permanence téléphonique et où sont reçues des personnes victimes de racisme. Le président de l'association, Harlem Désir, est interviewé.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000805

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

A partir du début des années 1980, chez une partie croissante des jeunes issus de l'immigration, se développent des revendications contre le racisme et les discriminations. Une "Marche pour l'égalité et contre le racisme", rebaptisée "Marche des beurs", est ainsi organisée au cours de l'année 1983.

C'est dans ce contexte qu'est créée en octobre 1984 une nouvelle association antiraciste, SOS Racisme. Fondée notamment par Harlem Désir, étudiant en philosophie de père antillais et de mère alsacienne, qui en devient président, et Julien Dray, futur député socialiste, elle vise à lutter contre toute forme de racisme et à défendre le métissage. Le mouvement rencontre un succès fulgurant, surtout au sein de la jeunesse. Ce succès est en particulier dû à la vente à partir de décembre 1984 de dizaines de milliers d'exemplaires d'un badge en plastique en forme de petite main jaune sur laquelle est inscrit le slogan de l'association "Touche pas à mon pote". SOS Racisme se fait également connaître par l'organisation d'un grand concert, le 15 juin 1985, place de la Concorde, qui rassemble 300 000 personnes.

Bénéficiant du soutien des gouvernements socialistes et de celui de nombreuses personnalités, l'association s'impose dès lors comme le principal mouvement antiraciste en France. SOS Racisme développe des revendications ciblées : elle s'attache plus particulièrement à dénoncer la "ghettoïsation" des banlieues et les violences policières contre les immigrés. Minée par des divisions internes, l'association connaît cependant une crise importante au début des années 1990 : ses responsables issus de la lutte contre l'antisémitisme la quittent en raison de l'opposition de SOS Racisme à la guerre du Golfe, et en septembre 1992 Harlem Désir démissionne de la présidence du mouvement. Ce dernier est alors également très critiqué pour sa politisation. SOS Racisme surmonte néanmoins en partie ces difficultés et poursuit ses actions contre le racisme.

A la fin des années 1990 et au début des années 2000, sous les présidences de Malek Boutih puis de Dominique Sopo, le mouvement mène notamment d'importantes campagnes contre les discriminations raciales en utilisant la méthode du "testing". Cette pratique vise à démontrer l'existence de discriminations dans l'accès à l'emploi, au logement et aux discothèques. Près d'une discothèque sur trois testée en 2004 était ainsi coupable de discrimination raciale à l'entrée. Par ailleurs, SOS Racisme a choisi de donner, dans la première moitié des années 2000, la priorité au combat contre l'antisémitisme, alors que d'autres organisations antiracistes comme la Ligue des droits de l'homme et le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) jugent que tous les racismes doivent être également combattus.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet diffusé au Soir 3 de FR3 s'attache à présenter la nouvelle association SOS Racisme, à la fois par ses symboles et par son action. Elle est en d'abord présentée à travers son emblème, le badge "Touche pas à mon pote", alors distribué en partout en France. Le lancement plateau du reportage débute ainsi de manière originale, par un gros plan sur cet insigne, que le présentateur tient à la main.

Le reportage donne également à entendre Harlem Désir, le président de SOS Racisme, à l'occasion d'une brève interview qui confirme son talent médiatique. Il apparaît du reste de plus en plus à la télévision, et est notamment invité le 5 janvier 1985 à "Droit de réponse", l'émission de Michel Polac diffusée sur TF1. Deux séquences visent par ailleurs à illustrer le travail quotidien de SOS Racisme lors de permanences téléphoniques et juridiques. La confidentialité des conversations est toutefois préservée puisque le journaliste les couvre par son commentaire.

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