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Aimé Césaire, poète de la négritude

Date de diffusion : 28 oct. 1990

Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, défend le concept de négritude. La société antillaise doit assumer l'héritage des esclaves africains et exprimer avec fierté cette part de son identité qui se traduit notamment dans la langue créole.

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001063

Contexte historique

Par Julie Le Gac

Aimé Césaire, poète et homme politique martiniquais, est l'inventeur du concept de « négritude ».

Né en 1913 dans une famille modeste de Fort-de-France, il est reçu à l'École normale supérieure en 1935. Au cours de ses années parisiennes, il gère l'Association des étudiants martiniquais et se lie d'amitié avec Léopold Sédar Senghor. C'est en 1939, dans un long poème intitulé Cahier d'un retour au pays natal, qu'il pousse le grand cri nègre. Le concept de « négritude » est une révolte. Il exprime à la fois le refus des facilités de l'exotisme et des complaisances assimilationnistes, et exalte la souffrance nègre tandis qu'il valorise l'homme noir. Il invite ce faisant les Antillais à assumer leur histoire, celle de l'esclavage, comme celle de la colonisation, à cultiver la fierté d'être nègre, afin de pouvoir exprimer leur propre culture.

Rentré en Martinique en 1939, il fonde en 1941 la revue Tropiques qui séduit André Breton. Puis, Aimé Césaire entame une carrière politique. Proche des idées communistes, il est élu en 1945 maire de Fort-de-France, puis député à l'Assemblée nationale. Il est l'un des principaux artisans du statut de départementalisation de 1946. En 1958, il fonde le Parti progressiste martiniquais qui cherche à promouvoir l'autonomie des îles. Il critique vivement la colonisation dans son Discours sur le colonialisme publié en 1953.

L'homme d'action n'estompe toutefois pas l'homme de lettres. Ses nombreux recueils poétiques Soleil cou coupé en 1948, Corps perdu en 1950 ou encore Ferrements en 1959 – multiplient les images et les références à l'environnement antillais, tout en revendiquant avec violence la liberté de l'homme africain et de ses descendants.

Aimé Césaire écrit également des pièces de théâtre qui lui permettent de toucher un public plus large. Son chef-d'œuvre, La Tragédie du roi Christophe (1963), entre au répertoire de la Comédie-Française en 1991.

Aimé Césaire s'éteint le 17 avril 2008. Fait rare pour un écrivain, un hommage national lui est rendu.

Aimé Césaire figure ainsi parmi les intellectuels majeurs du XXe siècle : homme politique engagé, poète inspiré et ardent défenseur de la langue et de l'identité antillaise.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce document, diffusé en 1990, au sein d'un journal télévisé, propose un extrait d'une interview d'Aimé Césaire au cours de laquelle il développe sa définition du créole. L'écrivain insiste sur l'importance de l'histoire du peuple antillais et notamment sur son moment fondateur, la traite négrière.

Brillant orateur, Aimé Césaire sait tenir ses auditeurs en haleine. Le rythme, l'utilisation des silences, mais également les variations d'intonation rendent son discours dynamique. Par ailleurs, ce dernier tranche par le refus de demeurer dans le « politiquement correct ». Il n'hésite pas à rappeler le fait que les Antillais sont des descendants d'esclaves et à qualifier la société martiniquaise passée de coloniale et raciste. Aimé Césaire semble d'ailleurs s'amuser à être volontairement provocateur.

La réalisation, en revanche est surprenante : le plan est tellement serré qu'on ne parvient pas à voir le visage d'Aimé Césaire en intégralité.

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