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L'immigration clandestine sur les côtes méditerranéennes européennes

Date de diffusion : 23 janv. 2010

Des milliers de migrants clandestins tentent de gagner l'Europe en traversant la mer Méditerranée. Nombreux sont ceux qui débarquent sur l'île italienne de Lampedusa où ils sont hébergés dans un centre d'accueil. Ceuta, Malte et la Grèce constituent les autres principales portes d'entrée des migrants en Europe. Les réfugiés kurdes empruntent quant à eux d'autres routes.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Lycée général et technologique - Lycée professionnel

    Frontières et migrations

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
27 août 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001417

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

L'Europe ne cesse d'attirer les migrants clandestins. Ces migrations ont essentiellement des motivations économiques : la plupart des migrants quittent leur pays pour fuir la misère, trouver du travail et de meilleures conditions de vie. Certains fuient également leur pays pour échapper à une guerre ou à des persécutions, tels les Kurdes, les Syriens ou les Afghans. Tous voient l'Europe, et plus particulièrement l'espace Schengen au sein duquel les contrôles aux frontières sont supprimés, comme un eldorado.

Ces migrants clandestins empruntent plusieurs routes pour rejoindre l'Europe. Principalement maritimes, ces routes ont pour destination les rivages européens les plus proches. Parmi les principales portes d'entrée des migrants clandestins en Europe se trouvent plusieurs territoires espagnols : les Canaries, archipel situé dans l'océan Atlantique, ainsi que Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en territoire marocain. Malte attire elle aussi de nombreux migrants africains.

Lampedusa, petite île italienne située à une centaine de kilomètres de l'Afrique du Nord et à deux cents kilomètres de la Sicile, est également une des principales portes d'entrée en Europe pour les migrants venus d'Afrique. Partis de Libye ou de Tunisie, ceux-ci y abordent après une traversée de la mer Méditerranée souvent périlleuse. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, quelque 200 000 migrants ont accosté sur les rivages de Lampedusa de 1999 à 2013. Ils provenaient surtout de Libye, d'Égypte, de Somalie, d'Érythrée, d'Afghanistan, du Mali ou du Pakistan. Si 36 000 migrants ont débarqué en 2008, seuls 9 500 et 4 300 sont arrivés sur la petite île italienne respectivement en 2009 et 2010 à la suite d'un traité conclu entre l'Italie et la Libye. Toutefois, après les révolutions du « Printemps arabe » en Tunisie et en Libye, Lampedusa a connu un afflux massif de 50 000 clandestins en 2011 avant une nette diminution en 2012 (13 300 migrants). Une fois débarqués à Lampedusa, les immigrés sont hébergés dans un centre d'accueil avant d'être transférés vers le continent où certains sont ensuite expulsés.

Outre les routes migratoires évoquées, la frontière gréco-turque s'impose désormais comme le principal point d'entrée des migrants illégaux dans l'espace Schengen. La Turquie est en effet devenue le principal pays de transit des migrants qui tentent de rentrer en Europe. Les migrants qui passent par la Turquie sont d'origines très diverses : Turcs, Syriens, Irakiens, Afghans, Pakistanais, Iraniens, Somaliens, Erythréens ou Algériens.

Devant cette immigration clandestine, les différents États concernés et l'Union européenne (UE) ont ainsi renforcé les patrouilles policières et militaires, notamment sous l'égide de Frontex. Créée en 2004, cette agence est chargée de la coopération aux frontières extérieures de l'UE. De véritables murs ont en outre été édifiés aux frontières de l'Union. De hautes barrières métalliques ont ainsi été construites autour de Ceuta et Melilla. De même, la Grèce a édifié en 2012 une structure pour stopper l'immigration clandestine sur sa frontière terrestre avec la Turquie, là où 128 000 clandestins seraient passés en 2010 selon les autorités grecques : il s'agit d'une clôture de barbelés haute de 3 mètres et longue de 12,5 kilomètres, surmontée de 25 caméras thermiques et jalonnée de miradors. Les autres 160 kilomètres de la frontière gréco-turque sont délimités par le fleuve Evros.

Toutes ces mesures ne suffisent pourtant pas à décourager les migrants qui continuent à essayer de gagner l'Europe souvent au péril de leur vie. De fait, nombreux sont les migrants qui disparaissent dans la mer Méditerranée à la suite du naufrage de leurs embarcations de fortune. Plusieurs milliers de migrants africains auraient ainsi péri aux abords de Lampedusa. De même, des corps sont régulièrement repêchés dans les eaux du détroit de Gibraltar, sur les rives de la mer Égée ou dans l'Evros.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le journal télévisé de France 3 le 23 janvier 2010, ce sujet a été réalisé au lendemain du débarquement de migrants clandestins en Corse. Une embarcation transportant 124 migrants clandestins kurdes originaires de Syrie avait échoué sur une plage du sud de l'île de Beauté, près de Bonifacio. Il s'agissait alors du plus important afflux en France de migrants par la mer depuis février 2001 lorsqu'un bateau comprenant 910 Kurdes à son bord s'était échoué près de Saint-Raphaël. Contrairement à d'autres îles méditerranéennes comme Lampedusa ou Malte, la Corse n'avait jusque-là jamais connu un tel débarquement.

La rédaction de France 3 a ainsi choisi de privilégier le traitement de cette information par un rapide panorama de l'immigration clandestine sur l'ensemble des rivages méditerranéens d'Europe. Il ne s'agit pas d'un reportage tourné pour l'occasion. Il se compose surtout d'un montage d'images d'archives illustratives et d'une carte infographique. Cette dernière a une visée pédagogique : elle vise à montrer clairement les principales portes d'entrée des migrants clandestins en Europe. Toutefois, Melilla et les Canaries ne sont pas mentionnées sur la carte.

Les images d'archives sont quant à elles emblématiques des sujets consacrés à l'immigration clandestine. Tournées essentiellement à Lampedusa mais aussi en France, elles mettent en valeur les nombreux obstacles qui jalonnent le parcours des migrants irréguliers. On voit ainsi une frêle embarcation surchargée de migrants africains qui n'a dû parvenir à traverser la mer Méditerranée qu'à grand peine tandis qu'une autre s'est retournée avec des immigrés accrochés sur la coque. De même, les images du centre de rétention de Lampedusa, du pointage des migrants par la police ou du transfert de Kurdes en car illustrent les difficultés des parcours migratoires.

Les seuls plans filmés par l'équipe de France 3 pour les besoins de ce reportage sont les interviews du directeur général de l'association France Terre d'asile, Pierre Henry, et de la directrice de recherche au CNRS, Catherine Wihtol de Wenden. Ils jouent le rôle d'experts de l'immigration clandestine, l'un comme défenseur des réfugiés, l'autre comme chercheuse. Ils sont ainsi interrogés in situ, dans leurs bureaux, ce qui tend à renforcer leur statut de spécialiste.

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