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Retour sur la Résistance et la répression à La Ferté-Saint-Aubin

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 19 juin 1994

Un survivant du massacre du By évoque le sort de 40 étudiants parisiens du corps franc Liberté, fusillés par la Gestapo en 1944. Deux résistants racontent la constitution de regroupements en Sologne à l’approche du Débarquement. Deux survivants racontent l’arrivée de la Gestapo et la fusillade. Des mémoriaux rappellent le sort des 57 fusillés du 10 juin 1944. Les survivants perpétuent leur souvenir.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
25 nov. 2022
Modifiée le :
08 janv. 2023
Référence :
00000005014

Contexte historique

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Le développement des maquis en France est un phénomène spontané, consécutif à la mise en place du Service du travail obligatoire (STO). La constitution de camps de réfractaires surprend d’abord les chefs de la Résistance. Un débat surgit au printemps 1943 sur la possibilité de les transformer en maquis de combattants : un Service national maquis, rattaché aux Mouvements unis de Résistance (regroupement des trois grands mouvements de Résistance de zone sud en janvier 1943 : Combat, Franc-Tireur, Libération Sud), est créé à l’été. C’est un tournant pour la Résistance, qui voit gonfler ses effectifs et se « ruralise ». Le soutien des populations locales est en effet indispensable à la survie des maquis. L’attente déçue du débarquement conduit à une baisse des effectifs à l’hiver 1943-44, avant une importante « montée au maquis » au printemps 1944 (100 000 hommes en juin). La consigne de quitter Paris avant le 15 juin, donnée par Londres, fut entendue : de nombreux lycéens et étudiants parisiens rejoignent les maquis de Sologne. Ceux des corps-francs Liberté et Essor arrivent le 8 juin à la ferme du By à la Ferté-Saint-Aubin. Si la libération de certaines villes par les maquis conduit souvent à des drames (à Tulle par exemple), la tactique de guérilla (sabotages, harcèlement des troupes allemandes) leur permet de jouer un rôle fondamental dans les combats. Les Allemands sont conscients du danger, d’où une forte répression. C’est le cas en Sologne : le bilan définitif des massacres du By, du Cerfbois et de Grandbois fait état de 58 morts. L’action des maquis a permis à la France de participer à sa propre libération et a contribué à installer l’idée que le pays avait été libéré par lui-même. Elle a aussi donné à certains territoires des martyrs, d’où une mémoire locale très forte, parfois conflictuelle. Celle-ci s’incarne dans des lieux de mémoire et est souvent portée par les rescapés ou les familles des victimes. 

Bibliographie
GRENARD Fabrice, « Historiographie et état des connaissances », Les maquis dans la Résistance, La Lettre de la Fondation de la Résistance, n°72 mars 2013.
GRENARD Fabrice, Les maquisards : Combattre dans la France occupée, Paris, Tallandier, 2019.
GRENARD Fabrice, Ils ont pris le maquis, Paris, Tallandier, 2022.
MARCOT François, « Maquis », MARCOT François (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Bouquins, 2005.
MARCOT François, La Résistance et les Français : lutte armée et maquis, Presses universitaires de Ranche Comté, 1996.

Éclairage média

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Ce reportage, réalisé à l’occasion des 50 ans des massacres advenus en Sologne en 1944, entremêle images des lieux aujourd’hui et à l’époque, et la parole des témoins. Sa construction sert un double objectif : rappeler l’ampleur de la répression et l’importance de perpétuer la mémoire de ces événements.

Il s’ouvre sur une photo tenue par Lucien Schmandt, un des survivants du By : il y désigne ses camarades fusillés. À cette scène succède un rappel du bilan du massacre, superposé à d’autres visages. D’emblée, la tragédie prend un visage humain, comme pour susciter l’émotion et/ou un phénomène d’identification du téléspectateur.

Le reportage rappelle ensuite l’histoire des maquis de Sologne, en croisant témoignages et commentaire du journaliste. Des vues des lieux de Paris d’où étaient originaires ces jeunes, puis des fermes où ils sont arrivés, illustrent le propos. Si elles peuvent pallier un manque de documents d’archives, elles permettent aussi de rendre concrète cette histoire, tout en montrant le décalage vécu par ces jeunes arrivés de la capitale. Philippe Wacrenier et Jacques Brodu racontent leurs souvenirs de l’été 1944 : l’importance des témoins dans la reconstruction d’une histoire qui a laissé peu de traces et dans la transmission de la mémoire d’un événement dont peu ont réchappé, est ici montrée en creux.

Le commentateur rappelle ensuite l’organisation du maquis avant que Georges Barbe ne fasse le récit du massacre. La caméra filme alors à hauteur du sol, sur une musique dramatique, comme en écho à la dernière marche des fusillés. Le témoignage de Lucien Schmandt s’entremêle avec des vues des mémoriaux, comme un hommage aux disparus – ce qui est la fonction première de ces monuments, implantés sur les lieux des tueries. Ils témoignent de l’importance de cet événement au niveau local. 

Le reportage semble ainsi s’inscrire dans la volonté des survivants de perpétuer une mémoire héroïque tout en rendant hommage aux fusillés. 

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