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Le père Jacques, résistant, déporté pour avoir caché des enfants juifs à Avon

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 02 juin 2006

Le frère Jacques de Jésus, directeur du petit collège catholique d’Avon, a caché trois enfants juifs en 1943. Des témoignages d’habitants montrent qu’il est toujours une figure locale. Arrêté en janvier 1944 avec les enfants qu'il avait cachés, déporté, il meurt à son retour. Jean Gavard témoigne de sa charité à l’égard de ses codétenus. Des religieux essaient d’obtenir sa béatification.

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Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
25 nov. 2022
Modifiée le :
07 janv. 2023
Référence :
00000005016

Contexte historique

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Les persécutions à l’égard des Juifs en France commencent après la signature de l’armistice et sont mises en œuvre par l’occupant et l’État français. Dès le 3 octobre 1940, le premier statut des Juifs est adopté, puis le second, le 2 juin 1941. Le port de l’étoile jaune est imposé en zone occupée le 7 juin 1942. Les premières rafles de Juifs ont lieu à Paris dès 1941 : la rafle dite du « billet vert » (arrestation de Juifs étrangers) date du 14 mai. Celle du Vél'd’Hiv, en juillet 1942, est par son ampleur la plus tristement connue. Les enfants ne sont pas épargnés : près de 10 000 sont déportés. Par ailleurs, l’État français organise également des rafles en zone sud au cours de l’été 1942, avant même son invasion par les Allemands en novembre 1942.
Dans ce contexte, des opérations de sauvetage des Juifs, spontanées ou organisées, individuelles ou collectives, apparaissent. Des organisations jouent un rôle clé, comme l’Œuvre de secours aux enfants. Certains établissements scolaires, publics ou libres, deviennent des lieux de sauvetage des enfants juifs, mais aussi, à partir de 1943, des jeunes refusant le Service du travail obligatoire (STO). Ainsi, en Île-de-France, le père Jacques de Jésus (Louis Lucien Bunuel), directeur du petit collège catholique d’Avon et engagé dans la Résistance (réseau Vélite-Thermopyles), héberge des réfractaires au STO et trois enfants juifs. Il est arrêté en janvier 1944 et déporté, alors que la répression s’accroît fortement dès l’été 1943, décimant les rangs de la Résistance. Les enfants, comme beaucoup de jeunes déportés, sont gazés à leur arrivée au centre de mise à mort d’Auschwitz. Comme pour nombre de résistants, la figure du père Jacques de Jésus est très importante au niveau local. Elle l’est aussi pour les membres de sa communauté, qui cherchent à le faire canoniser. Son exemple montre l’engagement de religieux, alors que l’Église comme institution est critiquée pour n’avoir pas assez pris position contre la persécution des Juifs.

Bibliographie
Le sauvetage des enfants juifs de France. Actes du colloque de Guéret, 29 et 30 mai 1996, Association pour la recherche et la sauvegarde de la vérité historique sur la Résistance en Creuse, 1998.
JOLY Laurent, La Rafle du Vél'd’Hiv – Paris, juillet 1942, Paris, Grasset, 2022.
SEMELIN Jacques, La Survie des Juifs en France 1940-1944, Paris, CNRS éditions, 2018

Éclairage média

Par Raphaëlle BellonResponsable des activités pédagogiques de la Fondation de la Résistance )

Après une brève introduction du présentateur, qui présente d’emblée le père Jacques comme un héros, le premier plan montrant sa tombe rappelle qu’il est mort pour avoir résisté. Ces premières images donnent le ton du reportage.

Alors que le commentaire rappelle le parcours du père Jacques, l’entrecroisement de portraits d’élèves et du père rappelle son engagement auprès des enfants, tout en permettant de mettre un visage sur son nom. Le témoignage d’un religieux, le frère Robert Arcas, donne un sens aux actions qui viennent d’être évoquées. C’est donc un récit cohérent qu’élabore le reportage, qui entre en résonance avec le travail mené par les frères pour sa béatification.

Cet épisode méconnu est bien présent dans la mémoire des habitants d’Avon qui témoignent dans le reportage. Puisant dans ses propres souvenirs, puisqu'il avait été pensionnaire du collège des Carmes sous l'Occupation, Louis Malle s'en était inspiré pour réaliser le film  Au revoir les enfants en 1987.  

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