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Israël-Palestine : l’échec de la paix

Copyright de l'image décorative: © AFP

Par Nicolas Françoisjournaliste spécialisé en histoire
Publication : 11 mai 2023 | Mis à jour : 19 déc. 2023

Niveaux et disciplines

Depuis sa création, en mai 1948, Israël est en état de guerre permanent contre ses voisins arabes. Après deux décennies de construction, la politique extérieure de l’État hébreu connaît un tournant en 1967 avec la guerre des Six-Jours et l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie. Sur le terrain, les affrontements sont de plus en plus sanglants. En coulisses, les médiateurs de l’ONU, les puissances étrangères et les dirigeants des différents camps ne parviennent pas à construire la paix.

 

     

1948-1967 : premiers pas d'un État et premières impasses

Ce dossier thématique, réalisé par le journaliste Nicolas François, revient sur les origines de la création de l'État d'Israël jusqu'au mitan des années 1960, avant le début de la guerre des Six-Jours.

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1967-1979 : de la guerre des Six-Jours aux territoires occupés

La victoire éclair d’Israël

En mai 1967, l’Égypte de Nasser impose un blocus aux navires israéliens sur le détroit de Tiran, leur bloquant ainsi l’accès au port d’Eilat, au sud du pays. En réponse, l’État hébreu lance une guerre dite « préventive ». Le 5 juin 1967, les troupes de l’État juif pénètrent en Égypte par le désert du Sinaï. Profitant de l’effet de surprise, les chasseurs et bombardiers de Tsahal, l’armée israélienne, détruisent en quelques heures plus de la moitié de la flotte aérienne égyptienne. Le 6 juin, Israël s’empare de Jérusalem-Est. Le 9 juin, elle envahit le plateau syrien du Golan. La victoire est totale.

À l’initiative du Conseil de sécurité de l’ONU, un cessez-le-feu entre en vigueur le 10 juin, ce qui donnera au conflit le nom de guerre des Six-Jours. Après sa conquête du Sinaï, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est, de la bande de Gaza et du Golan, Israël a triplé la superficie de son territoire. Près de 300 000 Palestiniens sont forcés de fuir. L’État hébreu vient de montrer à ses voisins sa supériorité militaire.

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En septembre 1967, les dirigeants des pays arabes, réunis à Khartoum (Soudan), affirment leur volonté de récupérer les territoires perdus, ainsi que le refus de reconnaître l’État d’Israël. La paix attendra. 

Une colonisation par le fait

Le 22 novembre 1967, la résolution 242 de l’ONU demande le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ». Mais, entre temps, la première colonie juive, Kfar Etzion, a déjà été érigée en Cisjordanie. C’est le début d’une longue période de colonisation de fait, non-reconnnue par le droit international.

Le 17 mars 1969, l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Golda Meir, devient Première ministre d’Israël. Elle est partisane d’une ligne dure, refuse le retrait des territoires occupés et soutient la colonisation de la Cisjordanie. Les Arabes veulent toujours nous exterminer. Nous n’accepterons de revenir à des frontières définitives qu’après la conclusion d’un accord à l’issue de négociations directes avec des partenaires ayant la même volonté de paix que nous. Du moment que nous n’en avons trouvé aucun, rien ne sert de soulever la question de l’avenir des territoires, déclarait-elle juste après la guerre des Six-Jours. En juin 1969, au journal anglais Times of London, elle déclare « qu’il n’y a pas de peuple palestinen », considérant que les Arabes vivant sur le sol de Palestine ne forment pas une nation particulière. 

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Le conflit israélo-palestinien déborde de ses frontières orientales et touche l’Europe. Le 5 septembre 1972, aux Jeux olympiques d’été de Munich, un commando palestinien du groupe terroriste « Septembre noir » prend en otage des athlètes israéliens. La police allemande lance l’assaut. Il se termine dans un bain de sang : 17 morts (dont 11 otages israéliens, 5 terroristes palestiniens et un policier allemand). En représailles, Israël bombarde les camps de réfugiés palestiniens situés près de la frontière libanaise. Les commanditaires de l’attentat seront assassinés par les services secrets israéliens.

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La réponse des pays arabes

Le 6 octobre 1973, le jour de la fête juive du Kippour, l’Égypte et la Syrie lancent une attaque surprise au nord et au sud d’Israël. Près de 500 000 soldats pénètrent dans le Sinaï et dans le Golan. Les Arabes obtiennent rapidement leurs premières victoires. Mais la contre-attaque israélienne fait mouche. Le Golan est repris dès le 8 octobre. Dans le Sinaï, les combats font rage et Israël fait appel à l’aide militaire américaine, tandis que les Arabes bénéficient d’armes fournies par l’URSS. Les deux puissances de la guerre froide combattent par procuration au Moyen-Orient. Les négociations, menées sous l’égide de l’ONU, appellent à un cessez-le-feu, qui sera effectif le 25 octobre. 

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Les pays arabes producteurs de pétrole utilisent un nouveau moyen de pression : ils réduisent leur production et augmentent de 70 % le prix du pétrole brut jusqu’à ce que les Israéliens se soient complètement retirés des territoires occupés et que les droits légitimes du peuple palestinien aient été restaurés. En conséquence, le baril passe à 18 dollars, contre 3 dollars quelques semaines plus tôt : c’est le premier choc pétrolier. Les conséquences sont particulièrement fortes pour l’Europe, dépendante de l’or noir du Golfe. Elle plonge alors dans la récession. 

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Dans la société israélienne, cette guerre, notamment les premiers jours, provoque une crise de confiance. La Première ministre, Golda Meir, critiquée pour son manque d’anticipation dans la gestion du conflit, est contrainte à la démission le 11 avril 1974. En 1977, après des décennies de pouvoir travailliste, les élections mènent le Likoud (la droite conservatrice) au pouvoir. Le parti s'appuie sur le sentiment religieux et le renouveau nationaliste, prônant une « guerre préventive permanente » contre les Palestiniens. Sur le terrain, les attentats perpétrés par les Palestiniens se multiplient. La répression de l’armée israélienne s’accroît. 

1979-1995 : entre épisodes de violence et espoirs de paix

La première tentative de paix

Si l’Égypte n’a pas réussi à vaincre l’armée israélienne, elle a, en 1973, avec la guerre du Kippour, lavé l’humiliation de la guerre des Six-Jours de 1967. Son nouveau président, Anouar Al-Sadate, a montré que son armée pouvait rivaliser avec Tsahal. En novembre 1977, il se rend à Jérusalem pour tenter de négocier une paix avec Israël. Devant la Knesset, le parlement israélien, il prononce un discours d’ouverture : « Paix à tous sur la terre arabe, en Israël et partout dans ce vaste monde. » Le Premier ministre israélien, Menahem Begin, accepte cette main tendue et se déclare prêt à rendre les territoires du Sinaï, toujours occupés depuis dix ans, en échange d’une paix avec l’Égypte. Le 17 septembre 1978, à Washington, Sadate et Begin signent les accords de Camp David. Ils mèneront, le 26 mars 1979, au traité de paix entre l’Égypte et Israël. Pour la première fois depuis 1948, les deux pays ne sont plus en guerre. Le texte prévoit notamment le retrait des troupes israéliennes présentes depuis 1967 dans la région du Sinaï. Celle-ci sera effectivement restituée à l’Égypte en 1982. Les alliés de Sadate sont furieux. L’Égypte est exclue de la Ligue arabe pendant dix ans.

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Cependant, les négociations concernant le statut de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, ainsi que l’autonomie de la Palestine, également prévues par les accords, resteront lettre morte. Le 14 décembre 1981, Israël vote l’annexion du Golan syrien. Le 17 décembre, la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations unies la déclare « nulle et non avenue ».

Haro sur le Liban

Grâce à la paix signée avec l’Égypte, Israël a sécurisé sa frontière au sud. Elle se tourne alors vers un autre ennemi, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Créée en 1964, composée de différentes organisations, dont celle du Fatah, elle est dirigée par Yasser Arafat depuis 1969 et mène régulièrement des attaques depuis la frontière jordanienne, puis libanaise, où elle s’est installée. À partir de 1974, l’OLP est reconnue par la Ligue arabe et l’ONU comme représentante du peuple palestinien. 

Le 6 juin 1982, les troupes israéliennes, sous l’impulsion du ministre de la Défense, Ariel Sharon, envahissent un Liban affaibli et en proie à la guerre civile. Sharon y voit une occasion idéale pour se débarrasser des membres de l’OLP basés à Beyrouth. 

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Pendant deux mois, Tsahal fait le siège de la capitale libanaise. Fin août, les dirigeants de l’OLP sont chassés et évacués vers Tunis. L’autre objectif d’Israël, c’est de placer à la tête du Liban Bachir Gemayel, fondateur de la milice chrétienne des Forces libanaises, prêt à signer la paix. Mais le 14 septembre, peu après son élection à la présidence de la République, Gemayel est assassiné. Le lendemain, dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, les Forces libanaises et de l’Armée du Liban-sud, pro-Israël, commettent un sanglant massacre sans que Tsahal n’intervienne. Selon les sources, le nombre de victimes varie : 460 morts selon le rapport du tribunal militaire libanais, entre 700 et 800 selon l’armée israélienne, entre 3 000 et 3 500 selon l’enquête du journaliste israélien Amnon Kapeliouk dans son ouvrage Sabra et Chatila : enquête sur un massacre (éditions Le Seuil, 1982) et 5 000 selon les autorités palestiniennes.

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La première Intifada

Mais l’OLP n’est pas vaincue. Privée de base arrière dans un pays frontalier, elle recentre ses actions sur le territoire palestinien. En décembre 1987, dans la bande de Gaza, un camion israélien provoque la mort de quatre Palestiniens dans le camp de Jabalia. L’incident déclenche l’Intifada, en arabe « le soulèvement ». Pendant des semaines, aux boycotts et aux grèves de la population succèdent un harcèlement permanent des troupes israéliennes avec des jets de pierre et des projectiles incendiaires. La répression israélienne est féroce. Le Premier ministre israélien, Yitzhak Shamir, déclare à la Knesset : « S’il le faut, brisez-leur les bras et les jambes. » Pendant près de six ans, entre 1 000 et 2 000 personnes périssent, dont près de 80 % de Palestiniens. Les événements, très médiatisés, révèlent au monde la situation tragique des Arabes dans les territoires occupés.

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Arafat-Rabin : une poignée de main historique

Le 13 décembre 1988, Yasser Arafat, à la tribune de l’ONU, à Genève, reconnaît le droit à l’existence d’Israël et déclare renoncer au terrorisme. Le dialogue s’ouvre entre les deux ennemis. En reconnaissant l’État juif, Arafat permet l’ouverture de négociations, Israël et leur allié américain ayant posé l’une de ces conditions comme préalable à tout dialogue. Alors qu’en 1947, les pays arabes avaient rejeté la résolution 181 de l’ONU (le plan de partage en deux États), Arafat, dans son discours, s’appuie désormais sur ce texte qui, selon lui, « assure les conditions de légitimité internationale qui garantissent également le droit du peuple arabe palestinien à la souveraineté et à l’indépendance ».  
Le 13 septembre 1993, à Oslo, sous le regard du président américain Bill Clinton, qui joue le rôle de médiateur, Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, nouveau Premier ministre depuis 1992, échangent une longue poignée de main. Ils viennent tous deux de signer les accords d’Oslo qui prévoient la reconnaissance d’Israël par l’OLP, la création d’une Autorité palestinienne à Gaza et sur une partie de la Cisjordanie, ainsi qu’une période de transition de cinq ans vers un État palestinien indépendant. L'Autorité palestinienne voit le jour en 1994. 

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Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres, alors ministre des Affaires étrangères, reçoivent en 1994 le prix Nobel de la paix. 

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Le 4 novembre 1995, Rabin est assassiné par un nationaliste israélien opposé aux concessions accordées aux Palestiniens.

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La seconde Intifada

Malgré les engagements, l’État palestinien indépendant ne voit toujours pas le jour. Les attentats perpétrés par le groupe islamique Hamas et la poursuite de l’installation de colons israéliens en Cisjordanie entravent toute avancée. En 1998, nouvelle tentative de négociation avec les accords de Wye Plantation, signés par les deux parties, qui prévoient le transfert à l’Autorité palestinienne de 13 % supplémentaire du territoire de la Cisjordanie. Encore une fois, les intentions ne sont pas suivies d’effets.

En juillet 2000, Bill Clinton organise le sommet de Camp David pour relancer le processus de paix, toujours sans succès : le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et le Premier ministre israélien, Ehud Barak, campent sur leurs positions, aussi bien sur le partage de la Cisjordanie que sur le statut de Jérusalem ou le droit au retour des réfugiés palestiniens. 

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Dans ce contexte tendu, un événement met le feu aux poudres : le 28 septembre, Ariel Sharon, chef du Likoud, se rend sur l’esplanade des Mosquées, lieu saint de l’Islam. Son but : protester contre le Premier ministre Ehud Barak qui vient d’entamer des discussions avec Yasser Arafat sur le statut de Jérusalem. Perçu comme une provocation, cet événement donne lieu dès le lendemain à de violents affrontements à Jérusalem entre des Palestiniens, des Juifs et l’armée israélienne. C’est le début de la seconde Intifada dans les territoires occupés. 

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Ce soulèvement est plus violent que celui de 1987 et se caractérise par l’utilisation d’armes à feu par les Palestiniens. De plus, contrairement à la première Intifada, les attaques n’ont pas seulement lieu dans les territoires occupés, mais également au cœur de l’État d’Israël. Le 1er juin 2001, un attentat-suicide contre un dancing de la capitale Tel-Aviv fait 20 morts. Le 17 octobre 2001, le Front populaire pour la libération de la Palestine assassine Rehavam Zeevi, le ministre du Tourisme.

 

Le 16 juin 2002, le gouvernement israélien d’Ariel Sharon, désormais Premier ministre, entame la construction d’un mur de béton et de grillages de plus 700 kilomètres entre Israël et  la Cisjordanie, mur qui empiète en partie sur les terres palestiniennes afin d’englober certaines colonies. Un projet condamné par l’ONU et par la Cour internationale de justice de La Haye. 

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En 2005, Ariel Sharon applique une décision à rebours de ses discours musclés : l’évacuation de toutes les colonies israéliennes de la bande de Gaza. 

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Pourquoi cette volte-face de Sharon, alors que, durant toute sa carrière politique, il a toujours encouragé la création de nouvelles colonies ? Plusieurs raisons expliquent cette décision. Elle s’inscrit dans le contexte de la feuille de route pour la paix proposée par les États-Unis, l’Union européenne et la Russie en avril 2003, qui réclame notamment la fin de l’occupation des territoires. Dès sa publication, Ariel Sharon déclarait, dans un discours aux députés du Likoud : « Que voulez-vous ? Que nous continuions de dominer et contrôler une population de plus de 3 millions et demi de Palestiniens ? Comment faire face à leur nombre qui croît chaque année ? Vous n’aimez pas ce mot, mais je vais le prononcer clairement : nous devons mettre un terme à l’occupation ! Oui, l’occupation est néfaste pour Israël. » Le retrait de Gaza peut donc être lu comme l’acceptation d’une réalité démographique : les Juifs y étant minoritaires, leur présence crée des tensions qui mettent en danger la sécurité d’Israël. Par ailleurs, l’armée israélienne émet à son tour des doutes, comme un témoigne ce courrier au Premier ministre d’un groupe de réservistes à la fin 2003 : « Nous ne sommes plus disposés à servir de bouclier défensif à l’expansion des implantations. Nous refusons de nous compromettre moralement avec une armée d’occupation. » Le 14 novembre 2003, quatre anciens chefs des services secrets israéliens évoquent même dans la presse les « humiliations » envers les Palestiniens et déclarent compter sur Sharon pour convaincre les colons de partir. 
Si le retrait de Gaza est  finalement considéré comme une trahison par les colons de la région, il est salué par la majorité de la population israélienne. Le 15 mai 2005, près de 150 000 personnes manifestent à Tel-Aviv pour réclamer le retrait de la bande de Gaza. Cette décision montre aussi la complexité du parcours d’un homme qui sera victime d’un grave accident cérébral quelques mois plus tard, mettant fin à son mandat.

Il faut l'intervention de l’armée israélienne pour évacuer 8 000 colons. Le 12 septembre, les derniers soldats israéliens quittent la zone, mais restent massés à la frontière. Toutefois, le geste de Sharon n’augure en aucun cas un retrait du reste des territoires occupés : malgré le démantèlement de quatre colonies en Cisjordanie, la colonisation de la région reprendra durant les années suivantes.

Roquettes contre raids de Tsahal

Les tensions perdurent dans la région et entre 2000 et 2005, les affrontements entre les organisation palestiniennes, le Hamas en tête, et les forces israéliennes tuent près de 6 000 personnes (Source AFP). Israël a désormais pour principaux adversaires deux organisations du camp palestinien : le Hezbolah et le Hamas. Le 12 juillet 2006, le Hezbollah, organisation armée chiite, née au moment de l’invasion israélienne au Liban en 1982, tue 8 soldats israéliens. En représailles, Tsahal pilonne des points stratégiques du Hezbollah, qui réplique par des tirs de roquettes. Le Conseil de sécurité de l’ONU impose un cessez-le-feu, effectif le 14 août.

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Dans la bande de Gaza, c’est le Hamas, mouvement de la résistance islamique, qui contrôle le pouvoir depuis le 14 juin 2007. Après avoir gagné les législatives de 2006, le Hamas a pris le contrôle de la zone par un putsch, en expulsant les forces liées au Fatah. Créé en 1987 au moment de la première Intifada, ce groupe refuse de reconnaître l’existence de l’État d’Israël. Sa victoire sur le Fatah, qui détenait le pouvoir depuis quarante ans, témoigne de la radicalisation des positions.

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Dès lors, la bande de Gaza devient le point névralgique des affrontement entre les deux camps. Le Hamas lance des roquettes, Israël lance des raids et impose un blocus sur la zone. Entre 2008 et 2014, trois conflits violents ont été déclenchés entre le Hamas et l’armée israélienne à Gaza. Bien que seul celui de juillet-août 2014 soit considéré officiellement par Israël comme une guerre, le scénario est identique : à chaque fois, l’objectif affiché par Israël est de faire cesser les tirs de roquette meurtriers tirés par le Hamas sur Israël depuis Gaza. Pour cela, Tsahal utilise notamment sa force aérienne pour bombarder les infrastructures, comme les tunnels aménagés pour ravitailler en armes les combattants palestiniens depuis l’Égypte. Les civils ne sont pas épargnés par ces opérations militaires. Près de 4 000 personnes périssent durant ces conflits.

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Et maintenant ?

En 2017, le président américain Donald Trump annonce le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Un geste symbolique de la part du principal allié d’Israël : c’est la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. En totale contradiction avec le consensus international, qui exige des négociations sur le statut de la ville sainte, entièrement annexée par l’armée israélienne lors de la guerre des Six-Jours en 1967.

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En 2020, l’administration américaine propose un nouveau plan de paix qui stipule la création d’un État palestinien démilitarisé aux frontières d’avant 1967, le maintien de Jérusalem comme capitale d’Israël, un plan d’investissements économiques, le gel de la colonisation juive en Cisjordanie et l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain. Le projet soutenu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est rejeté par le Hamas.

En mai 2021, nouvelle escalade de violence entre le Hamas et Tsahal : pendant onze jours, 4 300 roquettes sont lancées sur Israël depuis la bande de Gaza, 1 500 bombardements israéliens déferlent sur la zone. Aujourd’hui, la possibilité d’une solution à deux États, comme prévue par l’ONU en 1947, paraît de moins en moins réaliste, le territoire de Cisjordanie étant occupé par plus de 400 000 colons israéliens. Sur le terrain, les violences continuent. Avec 150 Palestiniens et 30 Israéliens tués, l’année 2022 est la plus meurtrière depuis la fin de la seconde Intifada. Depuis le début de l’année 2023, l’armée israélienne a lancé plusieurs raids en Cisjordanie pour débusquer des Palestiniens suspectés de terrorisme.

Le 7 octobre 2023, l’organisation terroriste islamiste Hamas déclenche, cinquante ans après le début de la guerre du Kippour, une offensive massive, par terre, air et mer, contre l’État hébreu.

 

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À distribuer en classe

Une fiche synthétique sur les acteurs-clés du conflit

Tsahal

Abréviation de Tsva Hagana le-Israel qui, en hébreu, signifie « armée de défense d’Israël ».

OLP 

Sigle de l’Organisation de libération de la Palestine fondée le 28 mai 1964 à Jérusalem, à l’initiative des États arabes. L'OLP réunit les principaux mouvement de la résistance palestinienne, notamment le Fatah. Elle est alors présidée par Ahmed Choukeiry, représentant de la Palestine à la Ligue arabe.

Autorité palestinienne

Autorité gouvernementale de la Palestine créée par les accords d’Oslo signés le 13 décembre 1993. À l’origine, c’est une institution de transition vers un État palestinien. Mais l’échec du processus de paix fait perdurer son existence. Présidée par Yasser Arafat à partir de 1994, puis par Mahmoud Abbas depuis 2005, elle est reconnue comme observateur non-membre de l'ONU en 2012. En 2013, elle prend le nom d’État de Palestine sans être considérée officiellement comme un État.

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Une frise chronologique

Frise chronologique : Israël : de la naissance d'un État aux impasses de la paix

Frise chronologique intitulée « Israël : de la naissance d'un État aux impasses de la paix »

  • 1896 : publication, par le journaliste autrichien Theodor Herzl, de L’État des Juifs, manifeste fondateur du sionisme
  • 1917 : déclaration Balfour par les Britanniques ouvrant la voie à « l’établissement d’un foyer juif en Palestine »
  • 1947 : à l’ONU, vote d’un plan de partage de la Palestine en deux États
  • 1948 : Naissance d’Israël suivie de la première guerre israélo-arabe
  • 1956 : opération conjointe entre la France, le Royaume-Uni et Israël sur le canal de Suez
  • 1964 : création de l’Organisation pour la libération de la Palestine
  • 1967 : guerre des Six-Jours
  • 1972 : guerre du Kippour
  • 1987 : déclenchement de la première Intifada
  • 1993 : signature des accords d’Oslo
  • 1994 : prix Nobel de la paix attribué à Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres pour la signature des accords d’Oslo
  • 2000-2005 : seconde Intifada 2002 : construction d’un mur de séparation en Cisjordanie
  • 2004 : mort de Yasser Arafat
  • 2005 : retrait unilatéral de la bande de Gaza
  • 2006 : guerre au Liban
  • 2007 : prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas
  • 2012 : intégration de la Palestine en tant qu’État observateur non-membre à l’ONU 2014 : guerre de Gaza
  • 2020 : signature des accords d’Abraham
  • 2023 : Attaque du Hamas contre Israël
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Une carte sur l'évolution des territoires

Les territoires : évolutions du niveau d'implantation

Les territoires : évolutions du niveau d'implantation

  • Bande de Gaza
    • Principale Ville: Gaza
    • Chiffres clés:
      • 1968
        • Densité: 910 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 0%
      • 2005 (avant le retrait)
        • Densité: 3900 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 0.7%
        • Nombre d'implantations: 20
  • Jérusalem-Est
    • Chiffres clés:
      • 1968
        • Densité: 1750 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 0%
      • 2018
        • Densité: 13730 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 47%
  • Péninsule du Sinaï
    • Principales Villes: Suez, El-Arich , At-Tur
    • Chiffres clés:
      • 1968
        • Densité: 0.5 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 0%
      • 1982 (avant le retrait)
        • Densité: -
        • Pourcentage de juifs: 6%
        • Nombre d'implantations: 8
  • Plateau du golan
    • Principale Ville: Qunaytra
    • Chiffres clés:
      • 1968
        • Densité: 2.9 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 0%
      • 2018
        • Densité: 35 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 50%
        • Nombre d'implantations: 32
  • Cisjordanie
    • Principales Villes: Naplouze, Ramallah, Hébron
    • Chiffres clés:
      • 1968
        • Densité: 106 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 0%
      • 2018
        • Densité: 561 habitants/km2
        • Pourcentage de juifs: 21%
        • Nombre d'implantations: 158

Source : Frédéric Encel, Atlas géopolitique d'Israël, éditions Autrement, 2018. Graphisme : Patrick Bonaldi.

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Pour aller plus loin

Deux pistes pédagogiques

  • Une piste pédagogique, rédigée par un enseignant agrégé d'histoire à destination des élèves de Terminale, permet de travailler sur la problématique suivante : pourquoi le processus de paix israélo-palestinien, initié par les accords d’Oslo en 1993, est-il, trente ans plus tard, dans l’impasse ?
Insert de la ressource Parcours - ID: 1180 en mode complementaire

 

  • Cette piste pédagogique, également à destination des élèves de Terminale, revient sur l'historique du conflit israélo-arabe et israélo-palestinien afin de mieux comprendre les enjeux qui, aujourd'hui encore, agitent cette zone du Proche-Orient.
Insert de la ressource Parcours - ID: 0043 en mode complementaire

Une vidéo synthétique sur les origines du conflit

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